France : un vent d’optimisme souffle sur l’éolien en mer - L'EnerGeek

France : un vent d’optimisme souffle sur l’éolien en mer

L'éolien en mer a le vent en poupe

Longtemps restée secondaire dans le paysage des renouvelables en France, la place de l’éolien en mer pourrait bientôt changer. Avec la mise en service prochaine de quatre parcs éoliens, l’émergence d’une filière d’excellence française et la création de nombreux emplois dans les territoires, l’éolien offshore s’impose désormais durablement en France, aux côtés du nucléaire et des autres sources d’énergie bas-carbone. Néanmoins, la faiblesse des objectifs gouvernementaux en termes de capacité installée illustre un secteur qui marche à deux vitesses. Le rapport de RTE publié le 25 octobre confirme le caractère incontournable de l’éolien en mer dans le mix énergétique français futur et devrait ainsi accélérer les prises de décision.

Vent en poupe pour l’éolien en mer

Avec la plus grande façade maritime d’Europe, et un régime de vent favorable, le faible nombre d’éoliennes au large de nos côtes reste une bizarrerie française. Le potentiel technique théorique de l’éolien en mer est, aujourd’hui, estimé à 80 GW pour l’éolien posé et à 140 GW pour l’éolien flottant, selon les conclusions de France Énergie Éolienne. Une spécificité géographique, et donc un atout, dont ne bénéficie qu’une infime partie des pays du monde.

Dans le rapport GWEC Offshore Wind 2020, il est estimé que la capacité mondiale de l’éolien en mer devrait atteindre 235 GW d’ici 2030, soit une multiplication par 7 de la capacité installée aujourd’hui. Selon l’AIE, ce marché pourrait représenter plus de 1000 milliards de dollars d’ici 2040, son directeur, Fatih Birol, estimant que « l’éolien en mer semble aujourd’hui être la prochaine solution pour résoudre le problème de la transition énergétique ».

De nombreux pays européens ont aujourd’hui pris la mesure du potentiel de cette technologie. C’est d’ailleurs en Europe que la production à partir de cette technologie est principalement concentrée. Sophie Meritet, maîtresse de conférences à l’université Paris-Dauphine-PSL, rappelle ainsi que « cinq pays (Royaume-Uni, Allemagne, Belgique, Danemark et Chine) représentent près de 95 % des capacités installées d’éolien offshore. C’est un secteur très concentré ».

Structuration de la filière

Portés par le développement de ce marché, les nouveaux projets prolifèrent. L’État multiplie les appels d’offres, à l’image de celui sur le huitième parc éolien en mer, attendu pour 2028 au large des côtes normandes. Il s’agit du plus important mis sur le marché à ce jour en France, avec une puissance maximale de 1000 MW. L’installation attendue de ces parcs éoliens offshore n’a néanmoins pas empêché la filière française de prendre les devants et de se structurer, autour de ses atouts industriels. Ainsi, la France a su attirer sur son territoire la fabrication de la turbine Haliade-X de General Electric (GE), la plus grande et la plus puissante éolienne offshore construite à ce jour, capable de produire l’équivalent de la consommation quotidienne de 23 000 foyers.

GE a ainsi positionné la France comme vaisseau amiral de son activité éolien en mer, avec pour preuve la localisation de son usine d’assemblage de nacelles à Montoir de Bretagne près de Saint-Nazaire et son usine de production de pales à Cherbourg. Ce faisant, GE emploie aujourd’hui plus de 1200 personnes soit deux fois plus qu’il y a 2 ans, crée 200 nouveaux emplois dans son usine de Cherbourg cette année et prévoit d’en doubler la taille en 2024 afin de répondre à la demande croissante des marchés étrangers. Selon l’Observatoire des Energies de la Mer, le secteur des énergies marines renouvelables (EMR) comprenait 4 859 emplois directs en 2020, soit 1794 de plus qu’en 2019, représentant une augmentation de 59 %. Cette dynamique devrait se poursuivre en 2021, grâce à « l’amplification des opérations en mer ainsi que le début des travaux pour le parc de Courseulles-Sur-Mer (Calvados) » indique l’Observatoire dans son cinquième rapport publié le 22 juin 2021.

Le développement de cette filière s’illustre aujourd’hui très concrètement à Saint-Nazaire avec la construction en cours du premier parc éolien offshore français, dont les 80 éoliennes assemblées dans l’usine Nazairoise seront installées en 2022. Pour Bruno Bensasson, directeur des énergies renouvelables chez EDF : « À terme, le parc permettra de produire de l’électricité pour 700 000 personnes, ce qui représente 20 % de la consommation du département de la Loire-Atlantique ».

Une réussite d’autant plus importante que pour l’heure, 90 % de l’électricité consommée dans ce département provient des énergies fossiles. L’usine de Saint-Nazaire va fonctionner à plein régime pendant plusieurs années. Un succès rendu possible par l’investissement continu de GE depuis le rachat de cette activité à Alstom en 2015, qui ne comptait alors qu’une centaine d’emplois et des ressources trop limitées pour accompagner un tel développement.

Export et innovation : des perspectives florissantes

Au-delà des emplois et de la valeur créés aujourd’hui par la filière de l’éolien en mer en France, le secteur est également très prometteur pour le rayonnement industriel français qu’il pourrait susciter à l’étranger, ainsi qu’aux innovations elles aussi génératrices de nouvelles opportunités. Le savoir-faire développé à Cherbourg et Saint-Nazaire par GE ainsi que les nombreux emplois en rapport, devraient permettre à la France d’exporter sa production sur des projets d’envergure, comme c’est déjà le cas pour les deux parcs éoliens développés par Orsted au large des côtes du Maryland et du New Jersey (120 et 1100 MW) et le parc de Dogger Bank Wind Farms, d’une capacité de 3 600 MW (actuellement le plus grand parc éolien du monde au large des côtes du Yorkshire au Royaume-Uni).

Enfin, la filière éolienne en mer promet également d’être source majeure d’innovations à mesure de son arrivée à maturité. De manière similaire à ce que l’on a pu observer dans le passé pour la technologie photovoltaïque, la filière de l’éolien en mer développe aujourd’hui chaque année des produits plus performants, avec une courbe d’apprentissage extrêmement rapide et efficace. L’exemple de l’Haliade-X est à ce titre frappant puisque ce produit est passé d’une puissance de 12 MW en 2019 à 13 MW en janvier 2021, et devrait désormais obtenir la certification 14 MW très prochainement. Ce progrès technique rapide permettra, en limitant le poids des nacelles, d’augmenter la puissance et ainsi de réduire le nombre d’éoliennes installé dans chaque parc. Il induira une nouvelle réduction des coûts et accéléra l’installation de ces parcs.

À échéance plus lointaine, le développement de l’éolien flottant devra permettre d’accéder à de nouveaux sites et offrir de nouvelles perspectives. Là encore, il faudra compter sur l’innovation des industriels du secteur pour relever les défis technologiques que pose le flottant.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • “un vent d’optimisme souffle sur l’éolien en mer”…..

    Ah bon ?

    Avec ce qui se passe à st brieuc, vous êtes optimiste pour l’éolien en mer vous ?

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  • Quelques breton archaïques feraient mieux d’avoir une pêche plus vertueuse plutôt que de labourer les fonds marins avec leurs chaluts. Oui l’éolienne offshore a un avenir, je serai moins affirmatif pour l’éolien onshore.

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  • C’est vrai que les tranchages et les forages en aux profondes laissent les fonds marins intactes.
    Qu’est-ce que vous connaissez de la pêche bretonne à part ce que vous en avez vu à la télé ?
    Vous croyez que les pécheurs sont stupides au point de détruire eux même leurs ressources ?
    Les vrais archaiques, sont ceux qui s’exprime sans réfléchir mon pauvre monsieur….

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  • Une tranchée rebouchée bien evidement c’est moins dommageable qu’un chalut passé régilièrment bien sur. Allez demander au pêcheur Danois ce qu’il en pense ce la fait 10 ans que cela existe là bas. Vous seriez surpris.

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  • @raymond
    Le problème, ce n’est pas de reboucher ou pas la tranchée qui pose problème
    Je me doute bien qu’ils rebouchent une fois qu’ils ont enfoui les câbles sous-marins.
    Le problème, c’est que quand vous percez les fonds marins très dur, vous mettez en suspension dans l’eau des poussières minérales qui recouvrent tout ce qui est dans l’environnement proche et qui rendent la zone stérile pendant des années.
    C’est exactement la même chose que quand vous percez un mur en béton chez vous mais en puissance 1000 !
    Pourquoi croyez vous que les bretons protestent ?
    Vous pensez qu’ils ont besoin de l’avis des Danois pour voir ce qu’il se passent chez eux ?

    Sinon, les fuites nappes d’huiles de 16km, c’est bien aussi ?

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  • Sam Sam toujours là pour dire des bêtises sans étudier les sujets !

    Résultat de 13 ans d’études scientifiques : on savait que les parcs éoliens en mer amélioraient la biodiversité et la ressource de faune marine. Mais ils augmentent aussi le stockage du carbone dans les fonds marins

    Des chercheurs belges et néerlandais ont suivi pendant treize ans les effets écologiques des parcs éoliens dans la première zone offshore belge mise en service en 2008. Les résultats démontrent un stockage accru du carbone dans les fonds marins des fermes éoliennes offshore. C’est une découverte importante dans le contexte de la compensation climatique.

    Pour la première fois ont été observés les effets de plusieurs parcs offshore dans plusieurs pays sur une grande échelle géographique. De grandes quantités d’invertébrés comme des moules, des anémones, de petits crustacés, etc. colonisent les fondations des turbines. Et ils attirent à leur tour certaines espèces de poissons comme le cabillaud et la plie.

    Processus : Les espèces qui colonisent les éoliennes filtrent la nourriture de la colonne d’eau, puis fournissent un apport de matière organique au fond marin autour des éoliennes, à la fois sous la forme de leurs rejets et d’organismes morts qui coulent. Dans les parcs éoliens offshore et dans les zones qui les entourent, on observe une augmentation significative de la matière organique déposée sur les fonds marins (jusqu’à 15% et même localement jusqu’à 50%), en particulier dans les zones situées le long des plus forts courants de marée. Or l’augmentation des dépôts organiques entraîne un stockage accru de carbone dans le fond marin d’un parc.

    Quantité de carbone en jeu : entre 28 715 et 48 406 tonnes de carbone sont stockées dans les 10 cm supérieurs du fond marin dans un parc éolien offshore pendant sa durée de vie.

    Ces chiffres correspondent à une fourchette de 0,014 à 0,025% des émissions annuelles de gaz à effet de serre en Belgique. Une quantité qu’il faut multiplier par le nombre de parcs en service. Il s’agit d’une compensation carbone significative. Elle vient s’ajouter à la quantité beaucoup plus importante de CO2 qui n’est pas émise en utilisant une source d’électricité renouvelable au lieu d’une énergie fossile.

    https://www.naturalsciences.be/fr/news/item/21228

    .

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  • Les rejets durables de la filière nucléaire

    L’usine de retraitement de déchets radioactifs de La Hague rejette quelques 2 000 tonnes de nitrates directement dans la Manche chaque année et participe à la prolifération des algues vertes

    Une enquête publique est en cours jusqu’au 16 novembre pour autoriser Orano à élargir la gamme des combustibles nucléaires traités au sein de son usine. Dans ce cadre, l’Autorité environnementale vient de publier un rapport. Dans les premières pages, elle indique que l’usine déverse chaque année des milliers de tonnes de nitrates, « des flux importants, précise-t-elle, qui représentent, chaque année, plus de 1 % du rejet total d’azote » en France.

    Dans une note de bas de page, les membres de l’Autorité environnementale dressent eux-mêmes le parallèle avec l’agro-industrie. « Ces rejets représentent en équivalent azote le lisier de 100 000 porcs jetés directement dans la mer, non épuré, non épandu ».

    Ces rejets pourraient avoir des conséquences très concrètes sur le milieu aquatique. L’Autorité environnementale note dans son rapport que l’anse des Moulinets, située sous le site industriel, présente des concentrations élevées en nitrates. Elle recommande aux autorités de trouver des voies d’amélioration et de préciser les raisons des mauvais résultats en matière de dénitrification de la station d’épuration des eaux usées. Elle souligne aussi que La Hague est située en zone sensible à l’eutrophisation.

    Pourtant le territoire de La Hague a candidaté en février 2021 au statut de géoparc mondial Unesco, un label créé fin 2015 qui consacre « des sites et paysages de portée géologique internationale […] gérés selon un concept global de protection, d’éducation et de développement durable » !

    Orano compare les valeurs de ses nitrates à la norme de potabilité de l’eau pour les populations humaines, ce qui n’est pas un critère pertinent pour évaluer les risques d’eutrophisation et les effets des nitrates sur les populations marine

    Depuis plusieurs décennies, l’évaluation des risques environnementaux et sanitaires des rejets de La Hague fait polémique. Dans les années 2000, déjà, des scientifiques du groupe Radioécologie Nord-Cotentin (GRNC), avaient été mandatés par les autorités pour étudier ces incidences.

    Lorsque le GRNC s’est créé, il y a vingt ans, la filière nucléaire affirmait ne rejeter à La Hague que 12 substances radioactives. Le GRNC en a compté en réalité 72. Ses rejets chimiques sont également colossaux. Au-delà du nitrate, chaque année, 100 tonnes de nitrite sont déversées dans la mer, 2 900 tonnes de phosphore total, 2,7 tonnes de phosphate de tributyle, sans compter aussi les métaux lourds, le plomb, le mercure, le zinc

    C’est une exposition chronique sur plus de cinquante ans qui demande des études d’ampleur

    http://large.stanford.edu/courses/2018/ph241/blair2/

    .

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  • Sam Sam c’est le bouffon du roi toujours un commentaire pour nous faire rire… Aujourd’hui, le 16 nov 2021 au journal de 13h que voit on ? des pêcheurs qui décrochent de leurs chaluts les coquilles rabotées sur les fonds. Comme on dit un dessin vaut mieux que mille mots.

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