Pourquoi le Sénégal est-il épargné par les délestages électriques ? - L'EnerGeek

Pourquoi le Sénégal est-il épargné par les délestages électriques ?

Grâce aux réformes entreprises dans le secteur de l’énergie, le président du Sénégal Macky Sall a obtenu à la mi-septembre 550 millions de dollars des États-Unis afin d’accompagner la réalisation d’infrastructures ayant pour but d’améliorer la distribution d’électricité dans le pays, éliminant ainsi quasiment définitivement les risques de délestages, qui avaient contribué à la défaite électorale de l’ancien président, Abdoulaye Wade, en 2011.

Consacrée à la construction d’infrastructures afin d’améliorer l’accès à l’électricité, « la subvention de la Millennium Challenge Corporation (MCC), le principal fonds de développement du gouvernement américain, permettra au Sénégal de résoudre les problèmes critiques du secteur de l’électricité », a pronostiqué à la mi-septembre Mahmoud Bah, le directeur général par intérim de l’agence. En trame de fond pour Macky Sall, une volonté de répondre au défi de l’électrification et un engagement continu contre les délestages, réitéré en juillet par le ministère du Pétrole et des Énergies qui affirme que depuis 2012, les stratégies mises en place ont « permis de restaurer l’infrastructure électrique ». 

Macky Sall en passe de réussir son pari concernant l’électrification

En se donnant pour objectif d’atteindre l’accès universel à l’énergie d’ici à 2025, le Sénégal et Macky Sall se sont lancés dans un chantier de taille, qui pourrait bientôt aboutir.

S’il subsiste aujourd’hui des disparités entre le taux d’accès à l’électricité pour les populations urbanisées (94 %) et rurales (60 %), depuis 2019, plus de 71 % des Sénégalais disposent d’un accès au réseau électrique, plaçant de fait le pays dans le trio de tête des États les mieux électrifiés de la CEDEAO. Par ailleurs, malgré le Covid, l’évolution du taux d’électrification rurale demeure sur une dynamique positive : entre 2018 et 2019, il est passé de 43 % à 54 % et en 2021, selon la ministre du Pétrole et des Énergies, il atteint la barre des 60 % grâce aux liquidités mobilisées par le gouvernement via la Sénélec. La compagnie électrique nationale s’est d’ailleurs engagée à continuer d’améliorer l’accès de la population rurale dans les trois années qui viennent, puisqu’elle planifie d’investir 58 millions de dollars supplémentaires sur la période. 

A cela, s’ajoute l’exploitation du plus grand parc éolien d’Afrique de l’Ouest mis en place par le gouvernement en 2020, qui permet d’injecter 15 % d’énergie supplémentaire dans le réseau électrique.

Les délestages, un fléau pour d’autres pays africains

L’accès à l’électricité est une revendication persistante de la jeunesse sénégalaise portée notamment depuis 2011 par le mouvement « Y en a marre » qui avait contribué à la défaite électorale de l’ancien président, Abdoulaye Wade. Fadel Barro, un des fondateurs de ce mouvement, raconte : « notre nom est venu naturellement dans la discussion. On a dit : “Y en a marre !” Marre des coupures de courant, contre lesquelles le régime d’Abdoulaye Wade demeurait impuissant » et qui avaient même provoqué de véritables émeutes en juin de la même année, précipitant son départ.

Si au Sénégal les délestages (arrêts volontaires de l’approvisionnement pour éviter une coupure générale) ne sont plus un problème depuis 2012, ils demeurent intempestifs dans de nombreux pays comme au Congo-Brazzaville où la “lampe tempête” est même devenue l’emblème de la colère des Congolais confrontés aux fréquentes coupures d’électricité. En plus d’un faible taux d’électrification (47 % en zone urbaine et 5 % en zone rurale en 2020), le pays éprouve des difficultés à alimenter les populations ayant accès à l’électricité. Ainsi, Brazzaville et Pointe-Noire, la capitale économique, sont les villes les plus touchées par les délestages, désormais quotidiens.

C’est donc un pari doublement gagnant pour Macky Sall. En réformant le secteur de l’électricité, il a satisfait une revendication de la jeunesse et obtenu une subvention inédite des États-Unis, ce qui devrait lui permettre de fournir un accès universel à l’énergie à ses concitoyens dans un avenir proche et de faire de son pays un modèle pour l’Afrique subsaharienne.

Rédigé par : La Rédaction

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