JO de Tokyo : une empreinte carbone plus vertueuse ? - L'EnerGeek

JO de Tokyo : une empreinte carbone plus vertueuse ?

JO de Tokyo : une empreinte carbone plus vertueuse ?

Les JO de Tokyo ont démarré, et leur empreinte carbone sera un des enjeux de cette édition 2021. Le comité d’organisation japonais veut faire de Tokyo les Jeux les plus verts jamais vus. Energies renouvelables, développement durable, médailles recyclées et flamme alimentée à l’hydrogène… Le Japon veut faire la démonstration d’une organisation vertueuse. Mais comment le pays va-t-il réussir son pari ? Et dans quelle mesure les Jeux peuvent-ils vraiment être éco-responsables ?

Tokyo : objectif 2,73 millions de tonnes de CO2

La publication scientifique Nature Sustainability a classé l’empreinte carbone des derniers Jeux Olympiques. Surprise : malgré l’engouement pour le développement durable, les derniers JO n’ont pas été les plus vertueux. Les derniers JO d’été à Rio en 2016 arrivent avant-derniers du classement. Et la dernière place est occupée par les JO d’hiver de Sotchi, qui ont eu lien en 2014. En haut du classement, la médaille d’or des JO les plus responsables revient à Salt Lake City. La ville américaine avait organisé les jeux en 2002. Et ces JO ont eu l’empreinte carbone la plus faible.

En 2016, les JO de Rio avaient produit environ 3,5 millions de tonnes de CO2. Les JO de Tokyo visent une empreinte carbone de “seulement” 2,73 millions de tonnes. Un chiffre qui reste tout de même très élevé. Certains pays ne l’atteignent même pas en une année. Si les organisateurs réussissent leur pari, Tokyo deviendrait alors l’édition la plus verte de toute l’histoire des Jeux Olympiques.

JO de Tokyo : une empreinte carbone maîtrisée

Pour améliorer leur empreinte carbone, les JO de Tokyo ont mis toutes les chances de leur côté. Ils se sont dotés d’un comité de durabilité. L’un de ses membres, Masako Konishi, est un des responsables de l’ONG WWF au Japon. D’après lui : “Les Jeux doivent être un espace pour promouvoir la décarbonisation et la durabilité. Sinon, nous ne faisons qu’ajouter à la pression sur la planète.” La question de l’impact environnemental jour d’ailleurs un rôle dans l’acceptabilité du projet des Jeux au Japon. La population, plutôt opposée à la tenue des Jeux à cause du contexte sanitaire, est aussi très mobilisée en faveur du développement durable.

Concrètement, le comité de durabilité des JP de Tokyo a pris plusieurs mesures pour réduire l’empreinte carbone. En premier lieu, les infrastructures du village des athlètes sont alimentées grâce aux énergies renouvelables. Ensuite, les athlètes et le matériel sont transportés sur les sites olympiques grâce à des véhicules électriques. Enfin, et ironiquement, le contexte sanitaire aide les Jeux Olympiques a atteindre leur objectif. La faible présence de spectateurs va grandement limiter l’empreinte carbone des JO de Tokyo.

Le casse-tête énergétique des sites olympiques

Pour les sites olympiques à proprement parler, le comité a dû faire face à un problème de taille. Les sites sont trop énergivores pour fonctionner à 100% d’énergies renouvelables. Le comité ne s’est engagé que sur 30% d’électricité verte pour assurer le fonctionnement des sites olympiques. Il s’agit principalement d’énergie solaire et de biomasse.

Pour le reste, le comité a eu recours aux crédits carbone. Les JO de Tokyo vont donc utiliser pour 5,1 millions de tonnes de CO2 sous forme de crédits verts pour équilibrer leur empreinte carbone. Pour chaque MWh d’électricité consommée par les sites olympiques, le comité s’engage à réinjecter 1 MWh d’électricité verte sur le réseau métropolitain de Tokyo. Une partie de ces crédits carbone doit aussi financer la rénovation énergétique de bâtiments publics et d’habitations.

Une édition olympique sous le signe de l’hydrogène

Dans un pays qui ambitionne de devenir la nation hydrogène, les JO de Tokyo ne pouvaient pas faire l’impasse sur cette source d’énergie. Ainsi c’est la première fois que la flamme olympique est alimentée par l’hydrogène. L’hydrogène provient de l’électricité verte. Elle est produite dans une installation solaire située à Fukushima. Tout un symbole.

Une flotte de 100 bus et 500 voitures à hydrogène sert également à promouvoir les transports à hydrogène. Plusieurs camions à hydrogène servent au transport des équipements. Enfin, la ville de Tokyo a installé 35 nouvelles stations de recharge d’hydrogène pour les véhicules.

En prévision des Jeux, le Japon a bâti une usine d’hydrogène dans la ville de Namie, au nord-est de Tokyo. Grâce à ses panneaux solaires, elle produit 900 tonnes d’hydrogène vert par an. La démarche japonaise est claire : les Jeux sont l’occasion de démontrer le potentiel de l’hydrogène vert. Et son apport devrait effectivement permettre de réduire l’empreinte carbone des JO de Tokyo.

Le comité d’organisation des JO de Tokyo publiera les chiffres de l’empreinte carbone au mois d’août. De son côté, le comité d’organisation des JO de Paris 2024 s’est déjà engagé pour limiter son empreinte carbone. Nul doute que l’organisation des Jeux de Tokyo sera riche en enseignements.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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