Comment le coronavirus va-t-il impacter le marché mondial du pétrole ? - L'EnerGeek

Comment le coronavirus va-t-il impacter le marché mondial du pétrole ?

pétrole coronavirus Chine

Alors que le marché mondial du pétrole s’annonce fragile en ce début d’année, la crise sanitaire autour du coronavirus se poursuit. Elle touche désormais une partie de l’Europe. En Chine, où le pays tourne au ralenti et où une partie de la population est confinée, la consommation de pétrole est en baisse. Et l’impact de la crise sur le marché pétrolier mondial pourrait se faire durement sentir dans les prochains mois.

Le 20 février dernier, Pékin a annoncé que le nombre de nouvelles contaminations liées au coronavirus avait chuté. Il est désormais au plus bas niveau enregistré depuis un mois. Dans le même temps, la Banque Centrale chinoise a aussi annoncé plusieurs mesures pour accompagner la relance économique du pays, ainsi que le déblocage de 170 milliards de dollars. Des mesures qui doivent rassurer les marchés, et notamment le marché du pétrole.

Car depuis le début de la crise sanitaire, le sort du marché mondial du pétrole est étroitement lié à la propagation du coronavirus en Chine. La ville de Wuhan, sévèrement touchée par la crise sanitaire, fonctionne au ralenti, et elle a drastiquement réduit sa consommation de pétrole. Pour cette métropole industrielle et touristique de 11 millions d’habitants, compte pourtant à elle seule pour 5% de la consommation chinoise de pétrole. La raison : Wuhan est la seconde ville de production de l’industrie automobile en Chine, mais aussi un hub crucial pour les réseaux des transports.

Chine : le poumon du marché du pétrole est paralysé par le coronavirus

La Chine pèse pour 17% du PIB mondial. Le ralentissement de son économie aura donc des effets sur l’économie mondiale. D’autant que la Chine est le premier pays importateur de pétrole. A elle seule, elle représente 10% de la demande mondiale. Elle est aussi le second plus gros pays importateur de pétrole dans le monde, avec 11 millions de barils par jour.

Mais le coronavirus affecte la demande chinoise en pétrole. L’agence Bloomberg affirme que la demande a baissé d’environ 3 millions de barils par jour, ce qui représente un recul de 20% de la consommation nationale de pétrole. C’est le plus bas niveau observé en Chine depuis la crise financière, en 2008. L’impact du coronavirus s’est fait observer sur le marché mondial du pétrole. Depuis le 20 janvier dernier, le prix du brent a reculé de 10%. Et cet impact se fait d’abord sentir pour les pays de l’OPEP, les principaux fournisseurs du pétrole chinois.

Marché mondial du pétrole : un marché morose en 2019

La crise sanitaire liée au coronavirus intervient dans un contexte déjà défavorable au marché mondial du pétrole. Le pétrole a en effet connu une année 2019 compliquée. La progression de la demande mondiale a marqué un recul important. Elle avait progressé de 1,5 Mb/j en 2018 ; elle n’a atteint que 1 Mb/j en 2019. Autre indicateur, le prix du brent a enregistré une moyenne annuelle de 64 dollars, contre 71 dollars en 2018.

L’année 2019 n’a pas été meilleure pour les investissements mondiaux dans le secteur des hydrocarbures (exploration et production). Ils ont baissé de 1%, et ont atteint 540 milliards de dollars.

L’impact du coronavirus sur le marché du pétrole vu par l’IFPEN

Dans son récent bilan consacré à l’évolution des marchés pétroliers, l’IFPEN est revenu sur les liens entre le coronavirus et le marché pétrolier. D’après l’IFPEN, la baisse de la demande pétrolière de la Chine devrait impacter le marché mondial, qui est “plutôt excédentaire au 1e semestre” 2020. La conséquence se ferait alors sentir sur le prix du brent. L’institut indique que “le prix pourrait se maintenir en dessous de sa zone d’équilibre (60 à 70 $/b) vers des niveaux assez bas pour rééquilibrer le marché, en assurant la destruction de l’offre et une reprise de la demande.” Un scénario qualifié de “très incertain” par ce même rapport de l’IFPEN.

L’impact pourrait surtout se faire sentir au niveau de la demande en pétrole pour le trafic aérien. Le rapport de l’IFPEN rappelle que ce secteur consomme “environ 7,6 Mb/j de produits pétroliers”. Il précise que “le recul de 10% du trafic aérien sur deux à quatre mois entraînerait une baisse de 0,1 à 0,3 Mb/j de la consommation”.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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