Avec l'Alliance européenne des batteries, la France renforce sa souveraineté

Avec l’Alliance européenne des batteries, la France renforce sa souveraineté

L’Alliance européenne pour les batteries (AEB) a été officialisée le 2 mai 2019. Bruno Le Maire et son homologue allemand, Peter Altmaier, ont lancé le projet, sous le regard bienveillant de Maroš Šefčovič. Ainsi, l’Airbus de l’énergie vient finalement de prendre son envol…

L’Union Européenne adopte une stratégie industrielle

François Hollande en a rêvé, Emmanuel Macron l’a fait ! En effet, le 13 février 2019, le président français s’était exprimé en faveur de l’émergence d’une filière commune pour anticiper l’électrification des usages, notamment prévue dans la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). L’Elysée avait aussi annoncé qu’un budget de 700 millions d’euros serait débloqué pour soutenir le projet, et la commission européenne vient de donner son autorisation. La France pourra donc désormais verser des aides publiques pour sa stratégie industrielle ! A la tribune, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire souligne : “tous ceux qui critiquent l’Union Européenne pour son incapacité à changer (…) devraient regarder ce qu’on est en train de faire“.

L’Union Européenne a poussé activement à la création de cette filière des batteries. L’initiative a été approuvée par la Commission Européenne en tant que “projet important d’intérêt commun européen“. Lors de sa conférence de presse, Bruno Le Maire a également souligné que d’autres pays manifestent déjà leur intérêt, tels que la Belgique, l’Autriche, l’Italie, la Finlande ou encore la Pologne.

Une filière de batteries pour l’industrie automobile européenne

Lors du Conseil national de l’industrie, le Premier ministre Edouard Philippe expliquait  : “on ne peut pas se contenter d’un recours à une offre asiatique alors que la batterie représentera à l’avenir une partie importante de la valeur d’un véhicule [électrique]“. Dans l’étude réalisée par Carole Mathieu, du centre énergie de l’Ifri, on apprend d’ailleurs que les constructeurs, Peugeot et Opel , soutiennent cette initiative, avec Saft batteries, la nouvelle filiale de Total. De son côté, le nouveau patron de Renault, Thierry Bolloré indique : “un nouvel acteur européen est une excellente idée, nous serions heureux de coopérer avec ce champion“.

Pour Maros Sefcovic, la filière européenne des batteries répond plus largement à un impératif de la transition énergétique. C’est pourquoi, il est urgent de permettre à l’Europe de gagner en compétitivité sur ce marché émergent. En effet, le Boston Consulting Group rappelle qu’actuellement le vieux continent ne représente que 1% de la production mondiale de cellules lithium-ion, alors que le marché mondial des batteries automobile pourrait atteindre 45 milliards d’euros en 2027, dont 20% à 30% en Europe. Selon le commissaire européen, “la demande pour les batteries en Europe pourrait avoisiner les 400 GWh en 2025 en raison de l’électrification du transport”. D’après lui encore, “nous aurons besoin de 10 à 20 gigafactories pour satisfaire ces besoins”, alors que “le potentiel en termes d’emplois est énorme : entre 2 et 3 millions d’emplois directs et indirects pourraient être créés en Europe“.

Investir 6 milliards d’euros pour reconstruire des usines en France

Le projet va donc être financé grâce à des fonds publics, mais aussi par des financements privés. Bruno Le Maire précise : ” entre 5 à 6 milliards d’euros seront investis pour construire les premières lignes de production, répartis entre 1,2 milliard d’euros d’argent public au maximum et 4 milliards d’euros environ d’argent privé.” Enthousiaste, le locataire de Bercy estime que l’Europe met toutes les chances de son côté : “Nous avons enfin des objectifs clairs. Nous voulons une filière complète : de l’extraction des minerais à la réalisation des batteries électriques et à leur recyclage, afin de garantir notre souveraineté sur l’intégralité de la filière. Nous voulons une filière de haut niveau technologique qui produira au départ et jusqu’en 2022-2023 des batteries liquides.

Chaque pays aura la charge de financer les unités installées sur son territoire. Concrètement, la France disposera prochainement d’une usine pilote, avec à la clef, la création de 200 emplois. Puis, deux usines de production devraient être installées dans l’Hexagone. Au total, près de 3200 emplois devraient être créés pour construire la souveraineté économique et technologique de l’Europe, face à la Chine et aux Etats-Unis.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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