Le groupe EPH futur propriétaire de deux centrales à charbon françaises ?

Le groupe EPH futur propriétaire de deux centrales à charbon françaises ?

Déjà peu utilisé en France, le charbon pourrait complètement disparaître à l’horizon 2022. La Programmation pluriannuelle de l’énergie a été rédigée en ce sens. Pourtant, le 24 décembre 2018, nous apprenions que les centrales à charbon françaises aiguisent l’appétit du groupe EPH. Energetický a Průmyslový Holding (EPH) appartient au milliardaire tchèque Daniel Kretinsky. L’entreprise est entrée en négociations exclusives avec l’énergéticien allemand Uniper en vue de lui racheter ses deux centrales à charbon. Une stratégie risquée, mais qui pourrait s’avérer payante pour le nouvel actionnaire du Monde… 

EPH veut racheter les centrales à charbon d’Uniper

La France ne possède plus que quatre centrales électriques fonctionnant au charbon. En tout, elles ne représentent plus que 1% des émissions de gaz à effet de serre du pays.Le charbon est donc  aujourd’hui quantité négligeable dans le mix électrique tricolore. En effet, le nucléaire et – dans une moindre mesure – les énergies renouvelables ont permis de sortir la production d’électricité de la dépendance aux énergies fossiles depuis un demi-siècle.

Lors de la présentation des grandes orientations de la Programmation pluriannuelle de l’énergie, Emmanuel Macron plaidait malgré tout pour sa disparition complète à l’horizon 2022. Dans ce contexte, la société Uniper a peut-être trouvé une porte de sortie inespérée. L’énergéticien tchèque EPH est intéressé par la reprise de ses deux centrales à charbon en France (à Gardanne et Saint-Avold).

Uniper « est prêt à entamer des négociations exclusives avec Energetický a prumyslový holding (EPH) » selon un communiqué publié le 24 décembre 2018. L’annonce est quelque peu surprenante étant donné l’avenir très compromis des centrales électriques à charbon sur le territoire français. Néanmoins, le groupe pourrait vendre ses deux centrales pour un faible prix étant donné l’environnement peu favorable. Aussi, EPH et son président, Daniel Kretinsky, envisagent désormais une arrivée sur le marché français de l’énergie.

Et si la transition énergétique misait aussi sur la biomasse ?

Déjà largement amorties, les centrales à charbon sont susceptibles de dégager des bénéfices importants au cours de leurs dernières années de fonctionnement. De plus, si la date de 2022 a été arrêtée pour la sortie du charbon, la direction d’EPH ne désespère pas convaincre les autorités françaises de garder au moins pour quelques années encore ces deux centrales en fonctionnement. Les deux sites pourraient par exemple être transformées en centrales à biomasse. Ainsi, ces unités participeraient à la transition énergétique tout en sauvegardant les emplois menacés par les fermetures.

À Cordemais et au Havre, un processus similaire a d’ores et déjà été initié avec le projet écocombust. Le 18 décembre 2018, le Conseil Économique Social et Environnemental Régional des Pays de la Loire se montrait favorable à une telle initiative. D’après Gwénaël Plagne, auteur de la contribution, « l’analyse écologique globale du projet doit enfin tenir compte des problématiques d’emprise foncière et d’utilisation des infrastructures existantes ». Qui plus est, le document évoque aussi le projet Caméléon, comme une possible solution. Selon lui, il est à présent possible d’envisager le captage et la valorisation de CO2. Reste à savoir si le ministère de la transition écologique et solidaire souhaite faire le pari de l’innovation ?

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • ça ne vous dérange pas de ne pas préciser que Gwénaël Plagne est responsable CGT de la centrale de Cordemais, et que c’est justement la CGT de la centrale qui porte le projet Ecocombust ?
    D’autant plus que certaines associations sont très critiques sur ce projet, pourquoi ne pas le mentionner ? avoir le pour et le contre…

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  • Le projet de Cordemais (lien donné pour le projet Caméléon) est beaucoup mieux étudié que celui de Gardanne.

    Ecocombust + Caméléon donnent un bilan économique à priori assez satisfaisant, à défaut d’un bilan global loin d’être optimal, même si la fermeture complète évoquée par certains pouvait se justifier.

    La transformation en centrale thermique gaz utilisant à terme le “biométhane” avec cogénération ne serait pas non plus une trop mauvaise option mais cette fois en terme de bilan énergétique plutôt qu’au plan économique du fait des modifications coûteuses à prévoir.

    On peut réduire voire annuler les émissions de C02. Exemple parmi d’autres :

    https://www.iflscience.com/environment/this-incredible-powder-could-help-cut-co2-emissions/

    .

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  • On n’a à priori pas non plus pensé à la production de graphite qui représente de nombreux marchés à bien plus hautes valeurs ajoutées encore (batteries, stockage etc), qui sont très importants et en forte croissance. Il y a de multiples sources pour la production de graphite synthétique dont le point commun est de contenir du carbone, donc la transformation de Cordemais en centrale initialement gaz puis biométhane peut être une option valable, sous réserve d’analyser toutes les données techniques et économiques et toutes le jonctions possible (cogénération, réseau de chaleur, meilleures productions locales possible etc)

    Exemple de production de graphite de haut niveau de pureté, ici à partir de gaz :

    http://www.hazergroup.com.au/about/#the_hazer_process

    Il faut donc bien penser à toutes les options car je constate des oublis et je ne suis pas certain que le tchèque Daniel Kretinsky d’EPH soit aussi “crétin” que son nom pourrait le laisser rapidement imaginer !

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  • La capacité du cuivre à transformer le carbone en de nombreux produits de valeur ajoutée a été découverte dans les années 1980 et depuis on sait que l’éthylène, l’éthanol et le propanol peuvent être produits avec du cuivre rouillé ou “oxydé” qui est un excellent catalyseur.

    Les chercheurs du Berkeley Lab et du Joint Center for Artificial Photosynthesis ont démontré que le recyclage du dioxyde de carbone en produits chimiques précieux comme l’éthylène et le propanol, et en carburants comme l’éthanol, peut être économique et efficace grâce à des “sites actifs” spécifiques à chaque produit sur un seul catalyseur au cuivre.

    Cette technologie pourrait permettre d’avoir une raffinerie alimentée par le soleil éliminant le dioxyde de carbone et en créant un flux de produits utiles.

    Bref les solutions ne devraient pas manquer pour valoriser et moderniser Cordemais au mieux et d’autres sites de ce style

    https://newscenter.lbl.gov/2018/12/17/carbon-fuels-get-greener-for-renewable-energy/

    .

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  • Il y a bien sûr aussi le domaine des bioplastiques et autres biopolymères (types PHAs – polyhydroxyalcanoates) sans aucune concurrence avec les filières alimentaires, produits à partir de C02 et qui peuvent se substituer à de nombreux polymères traditionnels obtenus à l’heure actuelle avec des procédés pétrochimiques à base d’hydrocarbures.

    Ils ont les mêmes propriétés thermomécaniques que les plastiques, avec l’avantage une durabilité et biodégradabilité intégrales (100%) et de manière naturelle.

    Comme le fait par exemple Lux-on à partir de C02 atmosphérique en Italie :

    http://www.lux-on.com/index.php?lin=inglese

    .

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