L'arabie Saoudite se lance dans le nucléaire civil

L’Arabie Saoudite se lance dans le nucléaire civil

précarité énergétique

Le chantier de construction du premier réacteur nucléaire en Arabie Saoudite est officiellement ouvert. L’agence de presse officielle saoudienne SPA a partagé l’information, mardi 6 novembre 2018 en fin de journée, en déclarant que le prince héritier, Mohammed ben Salmane avait posé la première pierre du site. Le Royaume compte se doter de seize réacteurs nucléaires au cours des vingt prochaines années.

Une première centrale nucléaire pour le Royaume saoudien

L’Arabie Saoudite est au coeur d’une tourmente politique et médiatique internationale depuis les révélations sur l’affaire Jamal Khashoggi. Une mauvaise publicité que tente de contrer un Royaume saoudien qui pourrait obtenir un répit médiatique grâce au nucléaire. En effet, selon l’agence de presse SPA, la première pierre de la toute nouvelle centrale du pays a été posée, ce lundi 6 novembre 2018, par le prince héritier en personne. Il s’agit d’un réacteur de recherche dont le coût ni le calendrier de construction n’ont pas été communiqués.

Quinze autres réacteurs devraient suivre au cours des deux prochaines décennies. L’objectif est de sortir de la dépendance totale du pétrole et du gaz. L’Arabie Saoudite a des besoins croissants en énergie et l’atome est considéré par Mohammed ben Salmane comme une solution indispensable au développement du pays. Ce sont, à terme, 17,6 gigawatts supplémentaires qui seront produits par le parc nucléaire saoudien. Les énergies renouvelables sont également les bienvenues avec notamment le projet de la plus grande centrale solaire au monde qui doit générer pas moins de 200 gigawatts par an à l’horizon 2030 (soit 50 % de l’actuelle capacité solaire mondiale).

Un contexte géopolitique sensible pour l’Arabie Saoudite

Si le développement des énergies renouvelables ne soulève aucune question, celui du nucléaire inquiète jusqu’aux partenaires privilégiés du Royaume saoudien. L’idée d’un passage du nucléaire civil au nucléaire militaire est dans tous les esprits à commencer par celui de Mohammed ben Salmane. En mars 2018, il déclarait au média américain CBS : « L’Arabie saoudite n’entend pas se doter de la bombe nucléaire. Mais il n’y a aucun doute que, si l’Iran développe une bombe nucléaire, nous en ferons autant aussi vite que possible ».

Des sénateurs américains ont demandé au président Donald Trump ne cesser les discussions avec l’Arabie Saoudite au sujet de l’enrichissement de l’uranium. Un procédé complexe dont les secrets doivent être livrés par les Etats-Unis à l’Arabie Saoudite afin de donner corps aux ambitions nucléaires du Royaume. Le chemin vers le nucléaire est encore long et semé d’embûches pour le Royaume saoudien. Les prochains mois seront déterminants quant à la viabilité de ce projet nucléaire estimé à 80 milliards de dollars (pour l’ensemble des seize centrales). L’enquête sur le décès de Jamal Khashoggi et l’évolution de la situation au Yémen pèseront lourds dans l’avenir atomique d’un pays désormais scruté par la communauté internationale.

Rédigé par : La Rédaction

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COMMENTAIRES

  • Après une réflexion en dents de scies, Mohammed Ben Salmane à tranché : oui au nucléaire.
    Bien sûr, on ne parle que de nucléaire civil. Les saoudiens sont pacifiques, vecteurs de paix dans toute la région (leur rôle est particulièrement marqué au Yémen, où ils ont su mener une action humanitaire extrêmement efficace).
    Faisons quoi qu’il en soit confiance aux Etats-Unis et à leur président pour cadrer les choses avec leur allié historique.

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