Kazakhstan : le pari des énergies renouvelables s’annonce payant

Kazakhstan : le pari des énergies renouvelables s’annonce payant

Kazakhstan

Géant des énergies fossiles et nucléaires, le Kazakhstan mise depuis une dizaine d’années sur la production d’énergies vertes. Dans ce domaine, les ambitions du plus grand pays d’Asie centrale sont au niveau de son immense potentiel, qui suscite un intérêt croissant bien au-delà de ses frontières…

En juillet 2018, Astana a accueilli une délégation de parlementaires et d’officiels venus du Tadjikistan voisin pour une visite inédite. Son but : découvrir le centre d’efficacité énergétique de la capitale kazakhe, qui abrite les dernières technologies en matière d’économie d’énergie. Grâce à l’isolation thermique et à l’utilisation du soleil, du vent et de la géothermie, la consommation pour le chauffage de l’infrastructure s’élève seulement à 30 % des besoins d’une centrale de taille comparable, selon un reportage de Kazakh TV. Au cours de leur séjour, les représentants tadjiks ont également pu visiter une usine de panneaux photovoltaïques et étudier le code environnemental adopté en 2007 par le Kazakhstan.

Venant d’un pays couvert à 93 % de montagnes, les visiteurs ont déclaré vouloir s’inspirer de l’exemple kazakh pour exploiter le potentiel solaire de leurs reliefs et adopter une nouvelle version de leur code environnemental dès 2019. Plus grand pays d’Asie centrale, le Kazakhstan n’est, en effet, plus seulement l’un des plus grands producteurs et consommateurs d’énergies fossiles au monde. Toujours dépendant à près de 50 % de son pétrole, le géant figure certes parmi les principaux pourvoyeurs de la planète en charbon et en gaz naturel. Il est même leader mondial dans l’exportation d’uranium, dont Orano (ex-Areva) exploite les mines de Muyunkum et de Tortkuduk depuis 1996.

Mais malgré les rentes confortables que lui procure son sous-sol, l’État gouverné par Noursoultan Nazarbaïev s’est tourné vers les énergies vertes afin d’anticiper une éventuelle baisse des énergies fossiles et d’effectuer sa transition énergétique. Ce virage majeur dans l’histoire de l’ex-république soviétique est d’autant plus opportun qu’elle dispose d’un climat favorable à l’éolien et au solaire ainsi qu’un relief propice à l’exploitation hydroélectrique. Rien que dans les régions de la capitale et de Fort-Shevchenko, qui couvrent 5 % de son territoire, l’énergie éolienne pourrait couvrir l’ensemble des besoins électriques du pays.

Paris-Astana, la voie verte

Avec l’effondrement des cours du pétrole depuis quatre ans, le Kazakhstan se trouve conforté dans son ambition de verdir son mix énergétique. Début 2017, plus de 250 projets renouvelables avaient déjà vu le jour pour une puissance installée de 252 MW, soit 1 % de la consommation d’énergie. En mai dernier, un appel d’offres a été lancé pour injecter 1 GW supplémentaire et porter la part d’EnR à 3 % de la consommation nationale d’ici 2020, 30 % en 2030 et 50 % en 2050.

Pour mobiliser les acteurs internationaux autour de sa stratégie énergétique, le Kazakhstan a organisé la dernière l’EXPO Astana 2017, où plus d’une centaine de pays étaient représentés autour du thème des « bonnes pratiques énergétiques ». Parmi les premières nations à avoir répondu favorablement à l’invitation, la France a tenu l’un des plus grands pavillons de l’exposition pour mettre en avant ses entreprises et institutions phares en matière d’énergies vertes.

Mais la promotion du savoir-faire français n’était évidemment pas totalement désintéressée en terre kazakhe. Comme Orano avant eux pour l’uranium, les groupes tricolores voient dans le géant asiatique un véritable eldorado des EnR, à l’image de l’entreprise Urbasolar basée à Montpellier. Implanté depuis 2012 à Astana, où il occupe les toitures de panneaux solaires, le spécialiste du photovoltaïque s’apprête à y installer sa première centrale au sol, baptisée Zadarya. Sa puissance de 14 MW s’ajoutera aux 365 MW d’énergie solaire enregistrés dans le pays.

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BRED) y a déjà investi 8,7 milliards de dollars (7,7 milliards d’euros) dans le financement des énergies renouvelables et de l’efficacité énergétique. Et vu l’accueil enthousiaste réservé par le gouvernement kazakh aux investisseurs étrangers, d’autres sociétés françaises et étrangères pourraient prochainement être appelées à contribuer – et à profiter – de sa transition énergétique déjà bien engagée.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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