Hinkley Point : le chantier des EPR britanniques avance à grand pas

Hinkley Point : le chantier des EPR britanniques avance à grand pas

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Près de 18 mois après le lancement officiel des travaux de construction, le 31 mars 2017, le groupe EDF et son partenaire chinois CGN ont fait état jeudi 27 septembre 2018 d’avancées significatives encourageantes sur le chantier des réacteurs EPR britanniques. Selon un communiqué commun, la dalle de béton de 4.500 tonnes qui supportera les réacteurs de la centrale nucléaire Hinkley Point C en Angleterre devrait être terminée dès 2019, laissant espérer une première livraison pour fin 2025.

L’achèvement des fondations des principales structures composant la future installation nucléaire d’Hinkley Point au Royaume Uni, constitue une première étape décisive pour ce chantier hors-norme. Les groupes EDF et CGN en charge des opérations estiment pouvoir terminer la dalle de béton en 2019, et ainsi respecter les délais prévus dans le dernier calendrier du projet. « Plus de 3.200 personnes travaillent sur cette nouvelle centrale nucléaire dans le Somerset. Le projet est en bonne voie pour sa prochaine grande étape en 2019, l’achèvement d’une plateforme de béton de 4.500 tonnes sur laquelle reposeront les bâtiments des réacteurs », ont expliqué dans un communiqué EDF Energy, la filiale britannique du géant français, et son partenaire chinois CGN.

Une mise en service de la centrale nucléaire Hinkley Point pour fin 2025

A côté de cette immense dalle de béton, les constructeurs ont également mis en exergue d’autres avancées des travaux, comme le creusement de 750 mètres de galeries souterraines bétonnées qui abriteront câbles et tuyaux ou encore l’achèvement d’ici fin 2018, d’un mur de 760 mètres de long et de 13,5 m de haut destiné à protéger le site (situé en bord de mer) d’une éventuelle montée des eaux. Le chantier dans son ensemble devrait durer jusqu’en 2025 et représenter un investissement global de 18 milliards de livres (environ 21 milliards d’euros). Dans leur communiqué publié jeudi, EDF Energy et CGN assurent en effet que « le projet vise l’objectif d’une première livraison à la fin 2025 » pour le réacteur numéro 1.

Rappelons que la décision finale d’investissement dans ce projet a été prise il y a maintenant deux ans, et découle directement d’un accord conclu entre les porteurs du projet et le gouvernement britannique dans le but de garantir le prix de l’électricité qui sera produite. La centrale d’Hinkley Point C accueillera deux réacteurs EPR d’une capacité totale de 3,2 gigawatts et fournira à terme près de 7% de la consommation d’électricité du Royaume-Uni, soit l’équivalent de la consommation de plus de cinq millions de foyers en électricité.

Crédits photo : EDF Energy

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Les énergies fossiles dominent encore la production électrique du Royaume Uni (plus de 50%) mais les renouvelables (environ 28%) gagnent rapidement du terrain et seront à terme majoritaires aussi au Royaume-Uni pour des raisons de compétitivité.

    Il y a une course mondiale à l’hydrogène actuellement car les enjeux sont énormes.

    ITM Power vient de recevoir des financements du gouvernement britannique pour le projet Centurion (au démarrage capacité 100MW, rendement de l’électrolyse plus de 95%) de stockage d’hydrogène renouvelable : système qui contribue à la décarbonisation des secteurs chaleur, transports et industrie.

    Il vient en supplément des importants projets HyNet de Cadent, HyDeploy etc : injection d’H2 et biométhane dès 2019 dans le réseau gaz britannique

    Il concerne la production d’hydrogène par électrolyse (par membrane échangeuse de protons PEM), le transport et le stockage dans des cavernes salines ainsi que l’injection de biométhane à l’échelle industrielle.

    L’hydrogène apporte notamment la sécurité d’approvisionnement et l’augmentation des quantités d’énergie renouvelable dans le système britannique en plus de ses autres applications, en substitution du gaz, à l’industrie et aux transports lourds.

    Les partenaires sont Inovyn, Storengy (filiale d’Engie), Cadent et Element Energy.

    Dans la production de biogaz, qui au plan mondial est de plus en plus considérable (secteur agricole, traitements des eaux, déchets etc), il y a environ 40% de biogaz non exploité. Il l’est désormais dans des unités comme celle de Méthycentre en France ce qui quasi-double la production de biométhane avec un meilleur bilan global donc diminue nettement les prix.

    La vidéo suivante de Storengy (France) est assez bien faite pour expliquer l’injection de biométhane, ici dans les nappes aquifères. Les sites de stockage ne manquent pas, y compris directement pour l’hydrogène en cavernes salines, et les capacités de stockage courantes sont d’au moins 2 mois en France, 6 mois en Allemagne, bien plus aux Etats-Unis etc

    Le stockage en gisements déplétés, cavernes, nappes aquifères, existe en France depuis 1956 et Storengy dispose de 14 sites

    https://www.youtube.com/embed/t2o5w2xKcxQ

    .

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  • Selon un récent rapport de l’AIE (Agence internationale de l’énergie), l’énergie éolienne, en particulier offshore, sera la plus importante source d’énergie en Europe dans moins de 10 ans, juste après 2025.

    La production d’électricité éolienne fera plus que tripler en Europe pour atteindre 1,1 petawattheure d’ici 2040. C’est l’équivalent de la totalité de l’approvisionnement en électricité du Japon aujourd’hui.

    D’ici 2027 l’éolien devrait battre toutes les autres sources d’électricité avec une part de 23 % de la consommation. Suivie par la biomasse (un peu plus de 20 %), le gaz 20 %, le nucléaire un peu moins de 20 % et le charbon, un peu plus de 10 %, le solaire 7%.

    Et d’ici 2040, l’AIE estime que l’éolien représentera environ 31 % de la production totale d’électricité en Europe, tandis que le nucléaire et le gaz représenteront chacun 17 %. D’autres énergies renouvelables, principalement la bioénergie, fourniront environ 23 %. L’énergie solaire couvrira environ 8 % des besoins et le charbon les quelque 4 % restant.

    L’essentiel de la future capacité éolienne de l’Europe se situera en mer. En 2017 l’Europe disposait d’une capacité éolienne offshore de 15 780 MW. Cette capacité passera à environ 200 GW d’ici 2040.

    L’électricité abondante produite par l’énergie éolienne, surtout la nuit lorsque la demande d’électricité en général est faible, pourra être utilisée pour stimuler l’électrolyse de l’eau pour la production d’hydrogène vert.

    La production d’électricité n’est en effet qu’une partie d’un puzzle de trois pièces. Les efforts de décarbonisation se concentrent de manière disproportionnée sur le secteur de l’électricité, et pas assez sur la chaleur et les transports.

    Le secteur de l’électricité dans l’UE ne représente que 20 % de la consommation d’énergie.

    La décarbonisation du secteur des transports est difficile car les transports sont décentralisés et l’adoption généralisée des véhicules électriques exige une volonté politique de subventions et d’allégements fiscaux.

    Mais l’hydrogène vert pourrait aider l’UE à atteindre ses objectifs de décarbonisation. La semaine dernière, l’Allemagne a mis sur les rails son premier train à hydrogène, et Alstom le fabricant français de ce train souligne que beaucoup d’autres arrivent.

    D’ici 2040, la Chine et l’Inde à elles seules devraient ajouter autant de capacité de production d’électricité que les États-Unis et l’UE réunis aujourd’hui.

    L’Inde dans 20 ans ajoutera une Europe entière à la demande mondiale d’électricité.

    La Chine ajoutera l’équivalent des Etats-Unis.

    Par conséquent, les décisions qui seront prises à Beijing ou à New Delhi seront cruciales en ce qui concerne le secteur de l’énergie.

    L’AIE estime qu’une grande partie de cette augmentation de la demande d’électricité proviendra d’un seul appareil : la climatisation !

    D’où l’importance du solaire thermique qui fait le chaud comme le froid.

    https://arstechnica.com/science/2018/09/international-energy-agency-predicts-wind-will-dominate-europes-grid-by-2027/

    .

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  • @ Alain : s’il s’agit de l’article dont j’ai mis le lien relatif à l’essor des renouvelables en Europe et sur la base des données de l’IEA, l’hydro est évidemment bel et bien intégré dans notamment “other renewables” (page 4/7 ligne vert clair), mais l’essor n’est évidemment pas le même que l’éolien en particulier offshore vu le gisement venteux offshore européen qui est le 1er mondial, et compte tenu des sites hydro déjà utilisés en Europe et des contraintes liées à l’actuel urbanisme comme à l’environnement, entre autres et malgré un potentiel non négligeable également.

    Source résumée IEA de l’article :

    https://www.iea.org/media/presentations/180925_Wind_Europe.pdf

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  • Combien de CO2 émis pour fabriquer la dalle en béton et tous les autres équipements ? Une belle énergie décarbonée cette énergie nucléaire !

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  • La courbe d’apprentissage de Flamanville et de Taishan 1 et 2 fonctionne à fond. Au passage le prix spot en grande Bretagne est de plus de 100 € tous les soirs. Donc le contrat d’achat de l’électricité des 2 tranches d’Hinkley Point est une excellente affaire pour les Anglais.
    Quant au CO2 pour couler la dalle, Guerry Joël devrait regarder la quantité de béton coulé pour soutenir le mât d’une éolienne de 2 MW qui fonctionne 20 % du temps à pleine puissance et qui a une durée d’exploitation de 20 ans. Il pourrait alors faire ce genre de remarque.

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