Ségolène Royal accélère le développement de la petite hydroélectricité - L'EnerGeek

Ségolène Royal accélère le développement de la petite hydroélectricité

Désignant l’utilisation de la force hydraulique par de petites unités de production décentralisées, la « petite hydraulique » s’affiche désormais comme une solution valable en plein développement dans le cadre du processus de transition énergétique. La ministre de l’Energie et de l’Environnement Ségolène Royal compte d’ailleurs pleinement sur cette énergie, certes de faible capacité, mais à la fois propre, stable, durable et locale. Elle a dévoilé jeudi 27 avril les 19 lauréats du premier appel d’offres pour développer des petites centrales hydroélectriques, et lancé un nouvel appel d’offres pluriannuel pour un volume de 105 MW supplémentaires.

Une énergie de complément prometteuse

Si l’hydroélectricité est à ce jour la première des énergies renouvelables en France (et la moins chère), représentant environ 12% de l’énergie produite annuellement, elle est limitée depuis quelques années par de nouvelles directives européennes et gouvernementales réglementant l’exploitation des rivières dans le sens d’une protection croissante de la biodiversité. Contraints géographiquement, les exploitants français se tournent alors progressivement vers la petite hydraulique, une filière de production reposant sur des installations de petites tailles, bien loin des grands barrages hydroélectriques et dont la puissance de production se compte en quelques mégawatts.

Lire aussi : La micro-hydroélectricité, une solution pour la production d’électricité domestique

Construites au fil de l’eau, les petites centrales hydrauliques (PCH) ne demandent ni retenue ni vidanges ponctuelles susceptibles de perturber l’hydrologie, la biologie ou la qualité de l’eau, et permettent généralement une production d’électricité stable et locale. Elles regroupent l’ensemble des installations dont la puissance est inférieure à moins de 10 MW et représentent un potentiel estimé à plus de 1000 MW sur le territoire français. Un potentiel de développement qui reste donc assez faible au regard des puissances de production développées dans l’hydroélectricité traditionnelle, mais dont le rôle dans la transition énergétique ne doit pas être sous-estimé. Installées en bord de rivières ou sur des réseaux d’eau potable, turbinant les eaux des canalisations, les PCH présentent en effet une constance précieuse dans la production et s’adaptent ainsi parfaitement à l’intermittence des autres énergies renouvelables.

Barrage du Rondeau @D.Guillaudin/EDF

La micro-centrale hydraulique EDF du Rondeau par exemple, située au cœur de l’agglomération grenobloise et inaugurée en 2015, permet selon Stéphane Toletti, directeur du groupe d’exploitation hydraulique Ecrin Vercors, « de turbiner et donc de produire de l’électricité avec une très faible hauteur d’eau, à savoir 4,2 mètres et un débit de 75 à 80 mètres cubes par seconde ». Équipée de quatre turbines pour une puissance cumulée de 2200 kW, elle est toujours aujourd’hui la plus grande centrale française de sa catégorie et aura nécessité un investissement global de 8,7 millions d’euros pour une production annuelle équivalente à la consommation électrique de 5700 habitants.

Un premier appel d’offres et 19 projets lauréats

Outre le groupe EDF qui gère via ses filiales EDF EN ou SHEMA, plusieurs dizaines de petites centrales hydrauliques en France, la petite hydroélectricité compte actuellement 1800 centrales en France. La filière connaît un fort développement au sein de la Compagnie nationale du Rhône (CNR) et de la Société hydroélectrique du Midi (SHEM) par exemple, qui exploitent à eux deux près d’une vingtaine de PCH à l’échelle nationale, mais également auprès de plusieurs sociétés de développement local, sélectionnées la semaine dernière par le ministère de l’Energie.

Lire aussi : Petite hydroélectricité : lancement d’un appel à projets de 60 MW

Ségolène Royal a en effet dévoilé jeudi 27 avril 2017, lors d’une réunion interprofessionnelle consacrée aux premiers résultats de la transition énergétique, les noms des 19 lauréats du premier appel d’offres pour le développement de la petite hydroélectricité. Représentant une capacité totale de 27 MW, ces projets bénéficieront d’un soutien public via un complément de rémunération qui s’ajoutera au prix de vente de l’électricité sur le marché, pour atteindre au total un prix moyen de 112,4 euros par mégawattheure.

Lancé en 2016, cet appel d’offres avait pour objectif de favoriser la construction de nouvelles installations complètes (barrage + centrale hydroélectrique) et l’équipement de barrages ou de seuils existants, mais ne produisant pas à ce jour d’électricité (en particulier l’équipement d’anciens moulins). « Le succès de cet appel d’offres, qui comprend des critères de continuité écologique, montre que les enjeux environnementaux sont compatibles avec le développement de la petite hydroélectricité », s’est félicitée Ségolène Royal.

De 500 à 750 MW supplémentaires d’ici 2023

Pour poursuivre cette dynamique et atteindre l’objectif fixé dans la Programmation pluriannuelle de l’énergie, publiée le 28 octobre 2016, soit d’augmenter de 500 à 750 MW la capacité hydroélectrique installée d’ici 2023, Ségolène Royal a également annoncé à cette occasion le lancement d’un nouvel appel d’offres pour 105 MW de petites centrales hydroélectriques, répartis en trois périodes de candidature de 35 MW.

La première période de candidature du nouvel appel d’offres se clôturera le 31 janvier 2018. Les candidats devront au préalable adresser une demande de précadrage environnemental avant le 14 août 2017.

Crédits photo : France Hydro Electricité / Bernard Penalba

Rédigé par : La Rédaction

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