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Economies d’énergie : l’Europe consomme moins d’énergie qu’en 1990

consommation

Selon les derniers chiffres publiés par Eurostat, l’Office de statistiques européen, la consommation intérieure brute d’énergie de l’UE est tombée en 2015 sous son niveau de 1990. Une performance prometteuse mais qui cache en réalité une consommation d’énergie primaire repartie légèrement à la hausse à l’échelle communautaire, et une dépendance aux combustibles fossiles toujours préoccupante au sein des pays membres de l’UE.

Efficacité énergétique et baisse de la consommation finale d’énergie

Si la politique énergétique de l’Europe fait encore débat, il est un domaine dans lequel les efforts de l’Union semblent porter leurs fruits, l’efficacité énergétique. L’UE a en effet enregistré une baisse régulière de sa consommation d’énergie finale ces dernières années et atteint en 2015 un niveau de consommation intérieur brute d’énergie inférieur à celui de 1990. La quantité d’énergie nécessaire pour satisfaire l’ensemble de la consommation intérieure s’est élevée cette année-là à 1.626 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep), « soit 2,5% de moins qu’en 1990, et 11,6% de moins par rapport au pic de 1.840 Mtep atteint en 2006″, précise Eurostat.

Cette diminution globale a permis de réduire de 72 Mtep la demande en énergie finale de l’UE entre 2000 et 2015, et d’économiser l’équivalent de la consommation annuelle de la Finlande. D’après un autre rapport du centre de recherche communautaire, l’UE 28 aurait même déjà atteint l’objectif d’efficacité énergétique fixé pour 2020 par le paquet Énergie Climat, grâce aux bonnes performances de son industrie dont la demande d’énergie a chuté de 17,6% en quinze ans. Elle est suivie de près par le secteur résidentiel (-9,52 %) et permet de compenser les mauvais résultats dans les transports (+2,2 %) et les services (+16,5 %).

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Rappelons que le paquet Energie climat adopté en 2008 impose collectivement aux 28 États membres de réduire de 20 % leurs émissions de gaz à effet de serre et leur consommation d’énergie entre 1990 et 2020 , en portant à 20 % le taux d’énergies renouvelables et en améliorant de 20 % leur efficacité énergétique. La directive sur l’efficacité énergétique fixe pour cela à 1.483 Mtep le plafond d’énergie primaire (énergie potentielle contenue dans les combustibles) et à 1.086 Mtep le plafond d’énergie finale (énergie consommée et facturée) que l’UE pourra consommer en 2020.

Une consommation primaire d’énergie en hausse

Avec 1.626 Mtep consommées en 2015, l’UE s’approche donc progressivement de son objectif 2020 et devrait pouvoir l’atteindre sans trop de difficulté. Pourtant, si la tendance actuelle est prometteuse, elle doit aussi être relativisée. La consommation de l’UE a globalement baissé depuis les années 2000 mais a également légèrement augmenté entre 2014 (1.606 Mtep consommées) et 2015, marquant ainsi la fin de plusieurs années de baisse consécutives.

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La France apparaît dans ce cadre comme un des mauvais élèves de l’Europe en matière d’économies d’énergie : elle fait non seulement partie des plus gros consommateurs, derrière l’Allemagne (respectivement 252 Mtep et 314 Mtep consommés en 2015), mais appartient aussi au groupe des pays dont la demande d’énergie primaire a augmenté par rapport à 1990 (+ 11 %), à l’instar de la Norvège (+ 40 %), de l’Irlande (+ 38), de l’Espagne (+ 35 %), de l’Autriche (+ 33 %) ou encore de l’Italie (+ 1,2%). A l’inverse, les plus fortes baisses de consommation d’énergie en 2015 ont été enregistrées en Lituanie (-57% par rapport à 1990), en Lettonie (-45%) et en Estonie (-37%).

Une dépendance croissante aux énergies fossiles

« Bonne nouvelle: la consommation d’énergie sous les niveaux de 1990. Mauvaise nouvelle: la dépendance de l’UE aux combustibles fossiles augmente », a commenté le commissaire européen à l’Action pour le climat Miguel Arias Canete. En effet, si l’on peut se réjouir de retrouver un niveau de consommation inférieur à celui des années 1990, la composition de l’énergie consommée reste encore largement défavorable à la lutte contre le réchauffement climatique.

Le rapport d’Eurostat nous apprend que sur cette même période, la dépendance de l’UE par rapport aux importations de combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel, etc.) s’est accrue. En 2015, trois tonnes étaient importées pour une tonne produite, contre une pour une en 1990. Dans le détail, le Danemark est le pays le moins dépendant aux importations de combustibles fossiles (4%), suivi de l’Estonie (17%), de la Roumanie (25%) et de la Pologne (32%). A l’inverse, le Royaume-Uni a vu sa dépendance aux importations de combustibles fossiles exploser, de 2% à 1990 à 43% en 2015.

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« Les combustibles fossiles restent de loin la principale source d’énergie de l’UE », souligne Eurostat, malgré une part en recul, de 83% en 1990 à 73% en 2015. A ce jour, seuls trois Etats membres, la Suède (30%), la Finlande (46%) et la France (49%) sont tributaires pour moins de 50% des combustibles fossiles dans leur consommation d’énergie.

Crédits photo : Eurostat

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • Pas étonnant que le Danemark, l’Estonie, la Roumanie, et la Pologne ont réduit leurs importations d’énergies fossiles. Ces pays consomment en priorité leurs propres productions. Cela leur coute moins cher que les importations.

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  • Les véhicules autonomes sont une des multiples solutions pour réduire la consommation nette. C’est en plus un gain de temps et d’économies majeur.

    Slot-based intersections could replace traditional traffic lights, significantly reducing queues and delays. This idea is based on a scenario where sensor-laden vehicles pass through intersections by communicating and remaining at a safe distance from each other, rather than grinding to a halt at traffic lights. This approach is flexible and can be designed to accommodate pedestrian and bicycle crossing with vehicular traffic. The model provides a performance breakthrough: all safety requirements being equal, traffic efficiency is doubled with respect to current state-of-the-art traffic lights. With today’s traffic volumes, queues would vanish and travel delays would be cut to almost zero.

    http://senseable.mit.edu/light-traffic/

    .

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  • Place encore importante du fossile dans le mix énergétique de nombreux pays, même ceux possédant des parcs importants l’éolien et de solaire. Voir : http://electricitymap.org/
    Pour ce qui est du transport et de l’habitat, la tâche est monstrueuse et la population peu empressée dans son ensemble à réformer ses habitudes.

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  • Pour le C02 il est rapide au plan mondial d’avoir des résultats efficaces au plus vite en utilisant entre autres des techniques comme par exemple le cycle Allam sur les centrales charbon, gaz etc existantes dans le monde, cycle qui permet d’éliminer les éléments toxiques et d’obtenir un CO2 pur utilisable directement dans l’industrie (plastiques, composants du bâtiments, construction etc) ou le stockage dans les puits de pétrole anciens ou existants et autres nappes salines où le CO2 va se fixer (voir notamment études britanniques plutôt avancées sur le sujet).

    Ceci avec un usage d’eau hyper réduit, un rendement plus élevé que les meilleures centrales thermiques actuelles et un coût encore plus compétitif :

    http://8rivers.com/portfolio/allam-cycle/

    Pour les véhicules on prévoit la compétitivité des véhicules électriques au plus tard dès 2022, donc un basculement rapide à partir de cette période avec en plus optimisation de ces véhicules sur de nombreux plans. Cà va être plus long pour le transport maritime et aérien qui en plus a fait du lobbying pour retarder les évolutions mais qui progresse quand même.

    Pour les bâtiments les ravalements par exemple ont lieu tous les 10 ans environ et obligent à l’isolation désormais, donc l’ensemble des mesures prises et aides apportées accélèrent le mouvement en Europe et plus et çà crée ou maintient en plus beaucoup d’emplois locaux donc ce n’est pas le pire problème.

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