La Société générale renonce au financement d'une centrale à charbon La Société générale renonce au financement d'une centrale à charbon

La Société générale renonce au financement d’une centrale à charbon indonésienne

société générale charbon

Le 3 janvier dernier, le groupe Société générale a renoncé à financer une centrale à charbon en Indonésie, conformément à son engagement de ne pas soutenir des infrastructures incompatibles avec l’accord de Paris sur le climat. Une décision logique pour l’organisation non gouvernementale Les Amis de la Terre qui reflète une tendance des investissements internationaux à se rediriger vers les énergies vertes au détriment des combustibles fossiles.

Les banques françaises se désengagent du charbon

Régulièrement accusées de s’accrocher au charbon, énergie la plus émettrice de gaz à effet de serre, de nombreuses banques françaises dont BNP Paribas, la Société Générale ou le Crédit Agricole, ont annoncé ces derniers mois, leur décision de ne plus soutenir ni financer dans le futur des projets de centrales thermiques au charbon ou d’infrastructures associées à cette énergie à l’échelle internationale.

La Société Générale notamment, avait confirmé fin octobre 2016 l’arrêt de l’ensemble des nouveaux financements de projets de centrales thermiques au charbon partout dans le monde à compter du 1er janvier 2017. « Dans la foulée de l’accord de Paris, et dans le cadre du scénario d’un maintien du réchauffement climatique en dessous de 2 °C développé par l’Agence internationale de l’énergie, la Société générale s’est engagée à ramener la part du charbon dans la production d’électricité, son mix énergétique, à 19 % à fin 2020″, déclarait en octobre dernier au Monde Jean-Michel Mépuis, le directeur développement durable de la Société Générale.

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Problème, ces engagement prometteurs ne concernaient que les investissements à venir des groupes bancaires et non les projets en cours pour lesquels ils restaient parties prenantes. Or, si de nombreux investisseurs ont pris l’engagement de ne plus financer de nouvelles infrastructures fonctionnant au charbon, des centaines de projets de centrales existent et pourraient compromettre, si elles sont construites, la lutte contre le réchauffement climatique. C’est notamment le cas du projet de Tanjung Jati B 2 en Indonésie, tout juste abandonné par la Société Générale.

Le projet indonésien de Tanjung Jati, un financement en question

En effet, le groupe bancaire français a annoncé dans un communiqué publié mardi 3 janvier son intention de se retirer du projet de centrale à charbon de Tanjung Jati B 2 afin d’honorer son engagement pris au mois d’octobre. « Le projet n’ayant pu être bouclé avant le 1er janvier, Société générale est aujourd’hui obligée de se désolidariser du groupe de financeurs« , se félicite Lucie Pinson de l’ONG Les Amis de la Terre France.

Après le départ de BNP Paribas en 2015, la Société Générale est la deuxième banque française à se retirer de ce projet controversé pour ses effets sur le climat et la santé des populations, les autres partenaires étant le Crédit Agricole et des investisseurs japonais. Les Amis de la Terre, ONG qui mène une campagne contre le financement du charbon, appelle donc le Crédit Agricole à se retirer à son tour de Tanjung Jati, ainsi que du projet similaire de Cirebon, également prévu en Indonésie.

Une tendance générale de la finance internationale

De manière générale, et selon les résultats d’une enquête réalisée en décembre par le cabinet de conseil Arabella Advisors pour l’association DivestInvest, un nombre grandissant d’institutions financières tournent désormais le dos aux énergies polluantes, de plus en plus controversées dans un monde mobilisé contre le réchauffement climatique, pour se concentrer sur le développement des énergies vertes.

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Les fonds de pension, les assureurs, les fonds souverains, ou les fondations et fonds de dotation, savent généralement reconnaître les filières d’avenir sur lesquelles miser, et les énergies fossiles seraient devenues ces derniers mois un secteur d’activité trop risqué compte tenu des évolutions actuelles. « Au total, quelque 688 institutions et 58.399 particuliers à travers 76 pays se seraient engagés à céder leurs investissements dans les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon…) », souligne Arabella Advisors dans son rapport.

Orienter les flux financiers sur des trajectoires bas carbone

Cette abandon des énergies les plus polluantes a pour effet de renforcer l’investissement dans les énergies propres, qui a atteint un chiffre record de 329 milliards de dollars en 2015. L’étude note en effet que plus de la moitié des institutions qui se sont engagées à sortir des énergies fossiles ont pris des mesures pour la lutte contre le réchauffement climatique, en investissant par exemple dans les énergies renouvelables ou l’efficacité énergétique. On retrouve entre autres, parmi ces nouveaux investisseurs responsables, les banques françaises précédemment citées (Crédit Agricole, Société Générale, etc.) mais également Natixis ou les groupes d’assurance Allianz et Aegon.

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« Pour atteindre notre but, il ne s’agit pas tant de réduire la part du charbon que de développer l’investissement dans les énergies renouvelables, en doublant le financement des projets dans ce secteur. La Société générale promet une enveloppe de 10 milliards d’euros d’ici à 2020″, ajoutait en octobre dernier Jean-Michel Mépuis.

Crédits photo : Gobert Associés

Rédigé par : La Rédaction

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