Europe : quel impact aurait une hausse du prix du CO2 ? - L'EnerGeek

Europe : quel impact aurait une hausse du prix du CO2 ?

centrale_charbon_photo_Iwona_OlczykLes pays membres de l’Union européenne ont réaffirmé en décembre dernier, au cours de la Conférence des Nations unies sur le changement climatique, leur objectif de réduire de 40 % les émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Afin d’accompagner les gouvernements dans l’atteinte de cet objectif, le gestionnaire du réseau électrique français RTE et l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) ont réalisé une étude portant sur l’impact d’une hausse des prix du CO2. Le résultat est sans appel : pour verdir le mix électrique européen, RTE appelle les pouvoirs publics à fixer un prix du CO2 élevé. 

30 € la tonne de CO2 pour réduire les émissions de 15 %

C’est en 2005 que le marché du carbone européen voit le jour. Il s’agit d’un outil de politique publique qui vise à favoriser la lutte contre le changement climatique en imposant un plafond sur les émissions de dioxyde de carbone issues de la production d’électricité, de chaleur, d’acier, de ciment, du raffinage, de verre, de papier, etc.

Les auteurs de l’étude publiée le 18 avril dernier par RTE estiment que le contexte économique actuel, combiné au faible prix du CO2 sur le marché européen (5,5 €/tonne en avril 2016), favorise la production d’électricité à base de charbon. Malheureusement, cette énergie fossile peu chère et abondante est l’une des plus polluantes : sa combustion est responsable d’importantes émissions de dioxyde de carbone.

Grâce à une simulation portant sur le parc de production de 13 pays européens, RTE est arrivé à la conclusion qu’une hausse des prix du CO2 permettrait de diminuer drastiquement les émissions polluantes du secteur électrique du Vieux Continent : un prix de 30 €/tonne de CO2 permettrait de réduire de 15 % (soit 100 millions de tonnes par an) les émissions polluantes du secteur électrique européen. Avec un prix plus élevé, de l’ordre de 100 €/tonne, cette réduction s’élèverait à 33 %.

Favoriser les énergies propres et le stockage de l’électricité

L’hypothèse défendue par RTE est simple : avec un prix du CO2 élevé, les gouvernements européens réorienteraient naturellement leur politique énergétique vers des sources de production plus propres ; les énergies renouvelables et les sources de production d’électricité moins émettrices de CO2 (le gaz naturel par exemple) gagneraient en compétitivité au détriment du charbon.

“À moyen et long terme, l’étude révèle aussi qu’un prix du CO2 élevé encouragerait les acteurs économiques à orienter leurs investissements vers des solutions de production d’électricité moins productrices de CO2. Le prix du CO2 accroîtrait en particulier la compétitivité relative des énergies renouvelables par rapport aux énergies fossiles et améliorerait aussi leur intégration au marché, en diminuant leur besoin de subvention”.

RTE estime que la forte pénétration des énergies éoliennes et photovoltaïques sur le réseau européen devrait permettre de favoriser la recherche de moyens fiables et efficaces de stocker l’électricité. Il s’agirait notamment de développer des capacités de stockage pour absorber la production renouvelable excédentaire afin de la restituer lors des périodes de pointes de consommation.

Crédit photo : Axel Hindemith

Rédigé par : guy-belcourt

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