Pourquoi la catastrophe de Fukushima aurait-elle pu être évitée ? - L'EnerGeek

Pourquoi la catastrophe de Fukushima aurait-elle pu être évitée ?

fukushimaSi l’accident nucléaire de Fukushima qui toucha le Japon en mars 2011 fut la conséquence directe d’une catastrophe naturelle de grande ampleur (tremblement de terre et tsunami), le groupe énergétique Tepco, exploitant de la centrale, a sa part de responsabilités. Une nouvelle étude américaine, publiée par l’Université de Californie du Sud, montre qu’une telle catastrophe aurait pu être évitée sans les négligences de l’énergéticien nippon.

Une première étude inédite sur les responsabilités de l’exploitant

Cette étude a été réalisée par Costas Synolakis, professeur à la Viterbi School de l’Université de Californie du Sud (en collaboration avec le professeur Utku Kanolu de l’Université technique du Moyen-Orient de Turquie), et publiée dans la revue Philosophical Transactions de la Royal Society. On y retrouve des milliers de pages de rapports gouvernementaux et industriels et des centaines de reportages se concentrant sur la période qui a précédé la catastrophe.

Alors que la plupart des études se sont concentrées sur la réponse apportée à l’accident, nous avons constaté qu’il y avait des problèmes de conception qui ont conduit à la catastrophe et qui auraient dû être traités bien avant le tremblement de terre“, a déclaré Costas Synolakis.

Les auteurs décrivent en effet la catastrophe comme le résultat d’une “cascade de défaillances industrielles, réglementaires et d’ingénierie“, et notamment des problèmes de conception contraires aux principes de précaution de base.

Des générateurs de secours trop exposés

Selon ces auteurs, la première erreur de Tepco fut d’installer les générateurs de secours dans des zones de faible altitude. Ces générateurs de secours sont un élément clé de toute centrale nucléaire, ils sont essentiels pour refroidir la centrale en cas de perte de puissance afin d’éviter la fusion du coeur du réacteur.

Or, ces générateurs ont été les premiers à être touchés par la catastrophe. Le premier était placé en sous-sol tandis que les autres étaient seulement entre 10 et 13 mètres au dessus du niveau de la mer. Une hauteur trop faible, selon Costas Synolakis.

Sans aucun plan de secours donc, et incapables de se refroidir, les réacteurs de la centrale de Fukushima Daiichi sont donc tombés les uns après les autres.

Des enquêtes pré-tsunami inadéquates

Toujours selon ce rapport, les équipes de Tepco auraient de plus largement sous-estimé les conséquences possibles d’un tsunami et négligé de ce fait les mesures à mettre en place. L’exploitant aurait en effet réduit la hauteur des falaises côtières, où l’usine a été construite, et sous-évalué la hauteur des vagues susceptibles de s’abattre sur le site de Fukushima.

Selon les données et les schémas de modélisation réalisés à l’époque, Tepco estimait qu’un tsunami n’entraînerait pas de vagues supérieures à 6 mètres. Or les vagues causées par le tsunami de 2011 atteignaient jusqu’à 13 mètres…

Ce décalage s’explique notamment pas la force du tremblement de terre. Les études réalisées par Tepco avant 2011 s’appuyaient sur des scénarios de séismes de 7,5 sur l’échelle de Richter maximum, alors même que plusieurs données apportaient la preuve dès 2008 que des séismes de 8,6 étaient envisageables dans la région.

“Le problème est que toutes les études de TEPCO ont été effectuées en interne, sur des scénarios erronés qui ne prenaient pas en compte la sécurité“, conclut Costas Synolakis.

Rédigé par : livingston-thomas

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COMMENTAIRES

  • Comme des jeux-vidéo en somme !… Pourtant , un tsunami de 16 mètres avait frappé la même région dans les dernières années du XIX° siècle !… Et quid des reportages effectués clandestinement par un Blogger , révélant que le sous-sol de l’immense site nucléaire était farci de tuyaux abandonnés , certains susceptibles de contenir du gaz hydrogène !… Donc , que ce labyrinthe est une véritable poudrière !…

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