Paluel : point de départ de la modernisation du parc nucléaire français - L'EnerGeek

Paluel : point de départ de la modernisation du parc nucléaire français

paluel_bodokleckselC’est à Paluel, le long des côtes de la Manche, qu’a débuté depuis quelques jours le programme de « grand carénage » qui vise à prolonger la durée de vie des centrales nucléaires françaises au-delà de quarante ans. La centrale de la petite ville de Seine-Maritime est donc la pionnière d’un  grand chantier national qui va mobiliser des milliers d’employés, avec des retombées plus que positives sur l’économie locale. Alors que la décision de prolonger l’exploitation de la centrale reviendra à l’ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire), EDF a mis en place d’énormes ressources afin de moderniser et de sécuriser encore davantage le site de Paluel.

Des travaux d’envergure pour prolonger l’exploitation de la centrale de Paluel

Alors que les centrales françaises ont une durée de vie de 40 ans, EDF s’est lancé dans un programme de rénovation de son parc afin d’augmenter leur durée de vie. Appelé « grand carénage », ce programme qui vise à moderniser le parc nucléaire français coûtera 55 milliards d’euros d’ici 2025, dont 10 milliards afin de mettre en place des normes de sûreté « post-Fukushima ».

Ce programme de « grand carénage » a débuté en mai dernier dans la centrale normande de Paluel, avec l’arrêt pour 8 mois du réacteur numéro 2. Le but de ce projet est de prolonger de dix années l’exploitation de ce réacteur à travers divers travaux d’envergure. Le remplacement des quatre générateurs de vapeur du réacteur sera la partie du projet la plus complexe : « Ils mesurent 22 mètres de haut et pèsent 450 tonnes. Leur diamètre varie de 4 à 5 mètres entre la partie supérieure et la partie inférieure » détaille Denis Poulet, le directeur délégué de la centrale. Ces générateurs arriveront par le port de Fécamp et leur installation mobilisera jusqu’à 900 personnes. C’est la première fois en France que des générateurs seront remplacés sur des tranches de 1.300 MW.

Ce programme de modernisation passera aussi par un retubage complet du condenseur du réacteur, le remplacement des trois pôles du transformateur principal ainsi que les vérifications classiques menées lors des visites décennales : vérification de la cuve, de l’étanchéité du circuit primaire ou encore vérification du bâtiment réacteur.

Un projet qui mobilise des ressources humaines et financières colossales 

Ce chantier de modernisation nécessite d’énormes ressources et une organisation pointilleuse. Pour preuve la direction de Paluel se prépare depuis 2013 à l’arrêt du réacteur numéro 2. Le chantier en cours va mobiliser jusqu’à 3.500 intervenants sur le site, dont 1.535 salariés d’EDF, selon les informations fournies par Brice Farineau, le directeur de la centrale. Ne serait-ce que pour accueillir le chantier, des investissements à hauteur de 32 millions d’euros ont été consentis, pour la création de places de parking supplémentaires, des vestiaires supplémentaires, d’une nouvelle salle de restauration de 400 places ou encore de nouveaux bureaux. Des travaux d’agrandissement plus que nécessaires, sachant que dans sa configuration initiale Paluel pouvait accueillir 2200 personnes. Des investissements qui serviront ensuite bien sûr pour les chantier de rénovation de Paluel 1, 3 et 4.

Les travaux de « grand carénage » devraient permettre à EDF de prolonger de dix ans l’exploitation de son réacteur numéro deux, en attendant les chantiers des trois autres réacteurs. Pour ces derniers, l’arrêt de la centrale ne devrait pas dépasser les 150 jours, car il n’est pas prévu de remplacer les générateurs, « avant la fin des années 2020 », d’après Brice Farineau. Quoi qu’il en soit, ces investissements font aussi le bonheur des entreprises locales normandes qui ont été les principaux prestataires des travaux d’aménagement de la centrale, à hauteur de 14 millions d’euros en 2015. Le chantier aura aussi un impact fort sur le secteur tertiaire local  : les hôteliers et restaurateurs accueilleront les employés venu remettre la centrale à neuf.

Crédits photo: Bodoklecksel

Rédigé par : La Rédaction

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