Ségolène Royal à Civaux : "le nucléaire en complément du renouvelable" - L'EnerGeek

Ségolène Royal à Civaux : “le nucléaire en complément du renouvelable”

Ségolène_Royal_visite_CivauxSi la ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie n’a pas souhaité commenté la récente démission du gouvernent lors de sa visite de la centrale nucléaire de Civaux, elle n’a en revanche pas hésité à défendre son projet de loi de transition énergétique pour une croissance verte. Un programme dans lequel la place de l’énergie nucléaire reste importante et qui sera débattu au Parlement très prochainement.

Malgré le remaniement ministériel au programme, Ségolène Royal n’a pas souhaité remettre en cause son emploi du temps et faillir à ses engagements. Elle s’est donc rendue ce lundi 25 août 2014 au Centre Nucléaire Production électrique de Civaux pour une visite officielle des installations. Visite dont l’objectif déguisé était avant tout d’ouvrir le débat sur son projet de loi de transition énergétique bientôt au programme du Parlement et de réaffirmer la place réservée à l’énergie nucléaire dans ce plan de mutation.

Et en effet, après avoir découvert l’intérieur du bâtiment réacteur et la salle de commande de la centrale de Civaux accompagnée de son directeur, Louis Bellegarde, la ministre s’est exprimée assez longuement sur son projet de transition énergétique : “Nous allons avoir un débat très important à l’Assemblée nationale, et ce débat, il faut le préparer le plus sérieusement possible, ce à quoi je m’emploie”, a-t-elle déclaré au quotidien Centre Presse pour justifier sa visite.

“La transition énergétique par la croissance verte redéfinit positivement le rôle de l’énergie nucléaire en complément de l’énergie renouvelable et des économies d’énergie”, a-t-elle ajouté. Une énergie nucléaire qui devrait voir sa part dans la production d’électricité en France baisser de 75 % à 50 % d’ici 2025 mais qui constituera toujours, selon les mots de la ministre, le cadre permettant à la France “d’aborder sereinement la transition énergétique”.

Un programme dans lequel la centrale nucléaire de Civaux aura toute sa place. Ségolène Royal a en effet réaffirmé la position de gouvernement quant au maintient de la production à Civaux et cela malgré la volonté de fermeture de certaines organisations écologistes. “Des décisions seront prises avec sérieux et discernement dans la compréhension des choix que le pays doit faire pour son avenir énergétique, mais Civaux n’est certainement pas dans la liste des centrales à fermer ” a-t-elle conclu. Les réacteurs du CNPE de Civaux ont été mis en service respectivement en 1997 et 1999.

Les syndicats présents dont la CGT ont quant à eux pris à parti la ministre sur les effets d’une baisse de la filière nucléaire, qu’ils estiment sacrifiée, sur les prix de l’électricité. Comme l’a déclaré Pascal Briand, responsable régional de la CGT mines-énergie, “ce projet de loi s’attaque à la fois aux énergies carbonées et au nucléaire” et il serait bien de “faire un choix”.

Crédits photo : S.Royal

Rédigé par : La Rédaction

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COMMENTAIRES

  • Le projet de réduction à 50 % de la production électrique d’origine nucléaire provient d’une double erreur .D’abord sur la dangerosité du nucléaire car les causes de la catastrophe de Fukushima ont été mal comprises;elles sont dans une négligence perpétrée pendant 40 ans de la compagnie Tepco vis à vis des précautions essentielles de sûreté nucléaire.Deuxième erreur,on a cru que les énergies renouvelables étaient à un stade d’évolution permettant leur généralisation industrielle.Or,il n’en est rien et beaucoup reste à faire en recherche à leur sujet ,notamment pour le stockage de l’électricité.L’échec de la transition en Allemagne illustre cette deuxième erreur avec la relance imprévue des mines de lignite et des centrales à charbon pour remplacer les réacteurs arrêtés.Il est ridicule de parler de “centrales vieillissantes”en France alors qu’on les a conçues pour permettre le changement des plus gros composants sauf la cuve et l’enceinte qui font par ailleurs l’objet d’une surveillance précise.Alors,économisons en prolongeant la durée de vie des centrales si l’ASN en est d’accord,et finançons avec cela la recherche sur les renouvelables .
    Jacki Guérinot,ingénieur en génie atomique.

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    • Effectivement, pour le moment les énergies renouvelables intermittentes ne sont pas si vertes que cela, tant à cause de leur consommation d’énergies fossiles nécessaire à leur fabrication (pour le photovoltaïque fabriqué à l’étranger) et leur bilan carbone déplorable, que la compensation de leur intermittence par des centrales à flamme (là encore énergies fossiles).

      Répondre
  • Le projet de loi sur la transition énergétique n’est pas clair du tout sur la réduction à 50% de la part du nucléaire dans la production d’électricité. Aucun chiffre concret avec des dates précises sur la quantité d’électricité produite par le nucléaire et les autres sources.

    Des explications ici :
    http://energeia.voila.net/nucle/ambiguite_nucleaire.htm

    En Allemagne, la sortie du nucléaire est un succès avec le remplacement intégral de l’électricité nucléaire perdue par de l’électricité renouvelable.

    Le petit supplément en charbon remplace le gaz en diminution. En Grande-Bretagne, c’est la même chose mais en pire et personne n’en parle. Le remplacement du gaz par le charbon s’est produit partout en Europe ces trois dernières années.

    L’éolien, le photovoltaïque, la biomasse et l’hydraulique produisent de l’électricité qui serait en général produite par des fossiles, c’est cela la réalité.

    L’histoire du backup est un mythe. Lorsqu’il y aura 80% à 90% d’électricité renouvelable, 10% à 20% d’électricité traditionnelle suffira. D’autant plus que le stockage aura fait de grands progrès d’ici là.

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    • Les énergies renouvelables en Allemagne fournissent actuellement au plus 25% de l’électricité et la dépense est déjà considérée comme insupportable par le ministre allemand de l’énergie:dépense due aux subventions généreuses versées aux producteurs eoliens et photovoltaïques ,23 Mds /an en 2013, et dépense due à la construction nécessaire de nouvelles lignes électriques entre le nord de l’Allemagne où sont les parcs éoliens et le sud où sont les usines.La dépense totale prévue par le ministre à l’horizon 2030 est de 1000 Mds pour remplacer les 17 centrales nucléaires arrêtées par des parcs eoliens ou solaires.C’est pourquoi le gouvernement allemand vient de modifier les conditions financières faites aux nouveaux producteurs.Il faut savoir qu’actuellement,le coût du kilowattheure en Allemagne est double de celui que nous avons en France et que les emissions globales de CO2 sont approximativement doubles egalement de ce qu’elles sont en France.La fameuse transition énergétique allemande est donc l’exemple à ne pas suivre ,c’est un coup du lobby des énergies renouvelables allemand qui a réussi à berner le précédent gouvernement.
      Jacki Guérinot.

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  • L’Allemagne n’a pas la chance de disposer de grandes ressources hydrauliques comme la France.

    En 2000, les énergies renouvelables représentaient 6,5% de la production d’électricité. En 2013, c’était déjà 24% de la production, dont une partie exportée avec un solde exportateur avec la France depuis plus de dix ans.

    http://energeia.voila.net/electri2/allemagne_nucle_charbon.htm

    Entre 2000 et 20013, la part du nucléaire a baissé de 29% à 15% et celle du charbon de 50% à 45%. Les 72 TWh perdus en nucléaire ont été remplacés par 114 TWh gagnés en renouvelables. Les renouvelables, c’est l’éolien, le photovoltaïque, la biomasse, le biogaz et l’hydraulique, pas seulement l’éolien.

    Maintenant, le coût du kWh en Belgique, avec ses 51% de nucléaire, est supérieur à celui du Portugal sans nucléaire. Sans oublier de sérieux problèmes en Belgique à cause du nucléaire.

    Pour les coûts, très exagérés par un ancien ministre allemand et jamais démontrés (paroles électorales) ils ne prennent pas en compte ce qu’il en aurait coûté au système électrique allemand (assez ancien) en restant dans le nucléaire.

    Et il suffit de comparer le prix de l’électricité du futur nucléaire anglais (EPR) avec le prix actuel du solaire allemand pour voir où se trouve la solution la plus économique : avec le solaire.

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