La centrale nucléaire de Gravelines a interrompu deux de ses réacteurs de 900 MW chacun, suite à une accumulation importante de méduses dans les systèmes de filtration d’eau de mer. Cette décision a réduit de 1 800 MW la capacité opérationnelle du site. Durant la nuit du 27 au 28 août 2026, EDF a arrêté le réacteur 6 après avoir détecté une « nouvelle arrivée massive de méduses » dans les systèmes de filtration de la station de pompage. Quelques heures plus tôt, le réacteur 3 avait également été mis à l’arrêt pour la même raison.
Arrêts préventifs des réacteurs
Le réacteur 3 avait été reconnecté au réseau le 18 août 2026 après une indisponibilité due à un premier afflux de méduses début août. Cependant, il a de nouveau été arrêté neuf jours plus tard face à la réapparition massive de ces organismes marins. EDF a décidé de stopper cette unité « à titre préventif » afin de prévenir tout dommage aux circuits de refroidissement. Le réacteur 6, fonctionnant normalement auparavant, a été arrêté dans la nuit selon le même protocole, soulignant la gravité de la situation au niveau des prises d’eau.
Les méduses s’accumulent sur les grilles et filtres des prises d’eau, formant une masse gélatineuse qui obstrue progressivement les canalisations. EDF cherche à éviter toute détérioration du système de refroidissement, crucial pour la sûreté nucléaire. Un débit constant d’eau de mer est nécessaire pour évacuer la chaleur résiduelle des cœurs nucléaires, et une obstruction prolongée pourrait réduire l’efficacité du système, obligeant à un arrêt d’urgence plus dommageable. EDF a donc choisi la prudence en arrêtant les unités avant que les débits ne tombent sous les seuils réglementaires.
Conséquences sur la capacité du parc
Avec deux réacteurs de 900 MW mis à l’arrêt, Gravelines perd temporairement 1 800 MW de capacité. Ce site, avec ses six réacteurs totalisant 5 400 MW, est l’un des plus importants du parc nucléaire français. Fin août, la demande électrique est inférieure aux pics hivernaux, ce qui limite l’impact immédiat sur l’équilibre du réseau. Cependant, la répétition des incidents liés aux méduses pose la question de la fiabilité opérationnelle estivale du site. Le réacteur 4, déjà arrêté le 10 août pour la même raison, reste indisponible en raison d’un autre problème technique, tandis que le réacteur 5 est en maintenance programmée.
Parmi les six unités de Gravelines, seuls les réacteurs 1 et 2 fonctionnent, mais à capacité réduite par précaution. EDF a choisi de limiter leur production pour garder des marges en cas de nouvelle invasion de méduses. Le réacteur 3 et le réacteur 6 sont à l’arrêt pour obstruction, le réacteur 4 est indisponible pour raison technique, et le réacteur 5 est en maintenance. En conséquence, seulement deux réacteurs produisent de l’électricité, et de manière réduite, illustrant la vulnérabilité des infrastructures côtières face aux changements marins, accentués par le réchauffement des eaux.
Procédures de sûreté et redémarrage
Avant de redémarrer, EDF doit vérifier minutieusement les circuits de refroidissement pour s’assurer qu’aucune méduse ne les obstrue. Les équipes techniques inspectent grilles, filtres et pompes pour garantir l’intégrité des installations. L’Autorité de Sûreté Nucléaire Régionale (ASNR) supervise ces opérations et peut exiger des tests supplémentaires avant la reconnexion au réseau. Les procédures incluent également des vérifications de débit et de température pour s’assurer que les systèmes de refroidissement répondent aux normes de sûreté. Aucun risque radiologique pour les riverains n’est signalé, les arrêts préventifs ayant permis de maintenir les marges de sécurité.
Le redémarrage dépend de l’amélioration des conditions maritimes et de la validation technique des installations. Si les courants et la température de l’eau éloignent les méduses, EDF pourra relancer progressivement les réacteurs après vérification. L’expérience du réacteur 3, remis en service après une semaine d’arrêt, suggère qu’un délai similaire pourrait s’appliquer. Néanmoins, la répétition des afflux rend les prévisions incertaines et pourrait pousser l’exploitant à renforcer les systèmes de filtration pour éviter de futures interruptions. D’autres sites côtiers européens ont connu des incidents similaires, soulignant la nécessité d’adapter les infrastructures aux nouvelles contraintes environnementales.
Cet épisode à Gravelines démontre que la production nucléaire, bien que contrôlable, reste sujette aux aléas environnementaux. La multiplication des arrêts dus aux méduses soulève des questions sur les stratégies d’adaptation des centrales côtières face aux évolutions marines. Dans un contexte où la fiabilité du parc électrique français est examinée de près, chaque interruption affecte la disponibilité globale du réseau, même en période de faible demande.






