Le gaspillage et l'inefficacité énergétique des appareils connectés - L'EnerGeek

Le gaspillage et l’inefficacité énergétique des appareils connectés

gaspillage_appareils_connectésL’Agence internationale de l’énergie (AIE) tire la sonnette d’alarme. Dans un rapport publié le mercredi 2 juillet dernier, elle pointe du doigt le gaspillage énergétique considérable résultant de l’inefficacité des appareils électroniques connectés. Un gaspillage de plus de 80 milliards de dollars pour la seule année 2013 et qui serait liée principalement selon l’Agence, à la non utilisation des technologies de connexion les plus efficaces.

Ainsi, comme l’affirme Maria van der Hoeven, directrice exécutive de l’AIE, les quatorze milliards d’appareils connectés disséminés à travers le monde auraient consommés en 2013, 616 térawatts/heure, dont 400 «perdus à cause d’une technologie inefficace». Une inefficacité énergétique importante donc, qui en plus de rendre ces appareils beaucoup plus énergivores,  augmente les coûts pour les consommateurs de manière significative.

[stextbox id=”info”]Des appareils connectés en permanence[/stextbox]

Les ordinateurs, les imprimantes, les box TV, les consoles de jeu, les modems, ou encore l’ensemble des appareils ménagers électroniques dernier cri, présentent tous actuellement la possibilité de se connecter au réseau en permanence. Une option qui, si elle peut apparaître effectivement indispensable dans le monde d’aujourd’hui, est surtout très largement énergivore au regard des dispositifs de connexion utilisés.

Car en effet, plus de 80 % de la consommation d’électricité de ces appareils n’est destinée qu’à maintenir l’appareil sous tension afin de préserver la connexion au réseau internet et cela même lorsque son propriétaire ne l’utilise pas. Comme l’explique alors l’AIE, cette consommation en continue serait dû spécifiquement à  la mise en place systématique de “protocole de communication qui imposent à ces appareils d’être en mesure de répondre en permanence” aux éventuelles sollicitations, mais également au fait que ces appareils ne soient toujours pas capables de “réguler leur consommation d’énergie en fonction du volume de données échangées”.

Dans ce cadre, ces appareils consomment bien trop d’électricité lorsqu’ils sont en veille et sont considérés aujourd’hui comme inefficace sur le plan énergétique de part le gaspillage qu’ils génèrent. En cause selon l’Agence, le fait qu’ils ne possèdent pas les technologies de connexion les plus performantes, technologies qu’on retrouve déjà sur les smartphones et autre appareils mobiles.

[stextbox id=”info”]Appliquer des technologies de connexion économes en énergie[/stextbox]

Si ce gaspillage est selon les prévisions de l’AIE, amené à augmenter considérablement dans les années qui viennent et cela dans des proportions équivalentes à l’augmentation des appareils électroniques connectés, une telle inefficacité énergétique pourrait toutefois largement être évitée.

En effet, comme le souligne l’AIE dans son rapport, “la demande électrique de nos économies de plus en plus numériques augmente a un rythme alarmant”. La diversification des appareils connectés ajoutée au  développement des applications internet pour l’ensemble des appareils ménagers (TV, réfrigérateurs, lave-vaisselle, etc.) devraient donc logiquement entraîner une hausse constante du nombre des appareils connectés qui atteindra près de 50 milliards en 2020 et 100 milliards en 2030. L’ensemble de ces appareils représenteront alors une consommation de 1100 TWh par an à l’horizon 2025 pour un gaspillage proportionnelle évalué au deux tiers.

Pour y remédier, l’AIE précise qu’il suffirait d’équiper l’ensemble de ces appareils des dernières technologies en matière de connectivité beaucoup plus économes en énergie. Les téléphones et tablettes portables dont la durée d’autonomie et la faible consommation sont un des premiers arguments de vente, sont eux déjà équipés de ces technologies et  leur application  aux différents appareils  non mobiles permettrait ainsi de réduire leur consommation de 65 %.

L’AIE espère par ce rapport convaincre les gouvernements d’agir dans ce domaine en imposant aux industriels des normes d’efficacité et d’économie d’énergie mais également en sensibilisant le grand public sur leur consommation. L’Agence estime ainsi que des solutions techniques et des initiatives politiques permettraient d’économiser plus de 600 TW dans les prochaines années, soit l’équivalent de “la fermeture de 200 centrales électriques à charbon de 500 MW”.

Crédits photo : Mike1024

Rédigé par : La Rédaction

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