Forsmark : la centrale qui a révélé l'accident de Tchernobyl - L'EnerGeek

Forsmark : la centrale qui a révélé l’accident de Tchernobyl

Forsmark_photo_VattenfallAvril 1986. Une centrale nucléaire suédoise détecte une anomalie au niveau du taux de radioactivité de l’air. Si les responsables du site pensent d’abord à une fuite interne de l’installation atomique, ils sont en réalité les premiers à identifier les retombés de l’accident nucléaire de Tchernobyl, qui s’est déroulé 3 jours plus tôt à quelques 1.100 kilomètres de là, en Ukraine. La rapidité et la précision de leurs analyses vont à ce moment-là permettre d’identifier la source du nuage de pollution radioactif. Et, surtout, d’en alerter le reste du monde.

Située dans la localité du même nom, à quelques 140 kilomètres au nord de Stockholm, la centrale nucléaire de Forsmark est une des trois installations nucléaires suédoises en activité. Grâce à ses 3 réacteurs à eau bouillante mis en service entre 1980 et 1985, cette centrale érigée en bordure de mer Baltique produit en moyenne 23,5 TWh par an. Et couvre ainsi un sixième des besoins en électricité du pays.

[stextbox id=”info”]Des particules radioactives d’origine inconnue[/stextbox]

28 avril 1986. 7h du matin. Un employé de la centrale nucléaire de Forsmark déclenche l’alarme du détecteur de radiation qui se trouve à l’entrée du bâtiment abritant le réacteur. En cause, les chaussures que portent l’homme : elles sont contaminées par de la matière radioactive. Les premières analyses mettent en effet en évidence un taux de radioactivité supérieur à la normale dû à la présence de particules radioactives sur les semelles.

10h30. Alors que les premières vérifications d’usages sont effectuées, et qu’aucune anomalie apparente n’est constatée dans le fonctionnement de la centrale suédoise, la direction décrète l’état d’urgence par précaution. Le site est évacué, le réacteur stoppé et les autorités alertées. L’installation nucléaire est examinée dans son ensemble afin de déterminer l’origine des particules radioactives trouvées sur les chaussures des employés. Rien ne semble indiquer que la fuite provient de Forsmark.

[stextbox id=”info”]Le “puzzle-nucléaire” de Forsmark[/stextbox]

12h. C’est en sollicitant l’aide des postes de contrôle de l’activité de l’air, à Stockholm, et le centre de recherche national, à Studsvik, que les premières réponses vont arriver : leurs analyses de l’air mettent en lumière un taux de radioactivité anormalement élevé à divers endroits du pays. Première conclusion : l’origine de la contamination n’est donc pas interne à la centrale de Forsmark.

Si les analyses spectrométriques révèlent que les particules radioactives ne sont pas issues d’une opération nucléaire militaire, les analyses météorologiques (notamment la direction du vent) permettent de déterminer leur provenance : un pays de l’est. En analysant la composition des particules, les scientifiques suédois découvre la présence de niobium (un métal) et de carbone (un élément chimique issue du graphite). Des éléments qui entrent dans la composition des réacteurs russes de type RBMK (réacteurs de grande puissance à tube de force).

Contacté par l’attaché nucléaire suédois en poste à Moscou, les autorités soviétiques nient : aucun accident nucléaire n’est survenu en URSS. Mais face au danger que représente cette “pollution radioactive transfrontalière”, la Suède décide d’alerter la communauté internationale. L’Union Soviétique, par la voie de son agence de presse TASS, fini par reconnaître un incident “de gravité moyenne” dans la quatrième tranche de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Une catastrophe nucléaire finalement classée au niveau 7 sur l’échelle internationale des événements nucléaires. Et qui nécessitera l’évacuation de plus de 250.000 civils.

Crédit photo : Vattenfall

Rédigé par : La Rédaction

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COMMENTAIRES

  • Nucleaire : une zone de territoire peut se trouver polluée pour plusieurs décennies et, dans certains cas, n’autorisant pas la présence permanente de personnes

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