La Russie, prochain leader mondial de l'énergie nucléaire? - L'EnerGeek

La Russie, prochain leader mondial de l’énergie nucléaire?

centrale_nucléaire_russie_photo_Roman DenisovAlors que certains pays ont revu à la baisse leurs projets d’énergie nucléaire à la suite de l’accident de Fukushima (voire ont décidé d’abandonner cette énergie comme l’Allemagne), la Russie est plus que jamais lancée dans le développement de l’énergie atomique. Le directeur général de la corporation nucléaire d’Etat Rosatom, Sergueï Kirienko, a en effet déclaré, jeudi 9 janvier, que 9 réacteurs nucléaires étaient actuellement en construction sur son territoire. Trois d’entre eux devraient être mis en service au cours de l’année 20114.

D’après les données de l’observatoire des énergies renouvelables Observ’ER, la Russie se place au quatrième rang mondial en termes de production d’électricité : avec 1.053,6 TWh d’énergie électrique produite en 2012, elle se positionne après la Chine, les Etats-Unis et le Japon. Largement dominée par les énergies fossiles (67,7%), le mix électrique de la Russie commence à laisser plus de place aux énergies renouvelables (15,7%) et au nucléaire. Le pays dispose d’importantes ressources en gaz et autres hydrocarbures. Mais qu’elle est aujourd’hui la place accordée à l’atome dans la production d’électricité de la Russie,  l’un des pays pionniers dans l’énergie atomique ?

[stextbox id=”info”]Etat des lieux du secteur nucléaire russe[/stextbox]

En mettant en service la première centrale nucléaire civile du monde, en 1954 à Obninsk, une ville à quelques 100 kilomètres au sud-ouest de Moscou, la Russie gagne ses galons de “pionnier de l’énergie nucléaire”. Cette centrale de 5MW précède en effet les premières centrales française (Marcoule, 1956), britannique (Sellafied, 1956) et américaine (Shippingpor, 1957).

Depuis, la Russie a développé son parc nucléaire jusqu’à atteindre une puissance installée totale de 23 GWe. Composé de 33 réacteurs (17 réacteurs à eau pressurisée, 11 réacteurs de grande puissance à tube de force, 1 réacteur à neutron rapide et 1 tubes de force U-graphite) exploités dans 10 centrales, le parc nucléaire russe assure la production de 16% de l’électricité générée dans le pays. 30% de cette production est toutefois exportée dans les pays voisins.

Le Russie possède des réserves d’uranium prouvées à hauteur de 181.000 tonnes, soit 4,5 % des réserves mondiales. Grâce à une production annuelle qui avoisine les 3.000 tonnes, le pays est le cinquième producteur mondial. Pour soutenir le développement de son secteur nucléaire, Moscou a annoncé, début janvier, son ambition de produire annuellement plus de 8.400 tonnes d’uranium à “un prix de revient largement inférieur au niveau actuel”.

[stextbox id=”info”]Quelles perspectives pour le futur?[/stextbox]

La Russie ambitionne de devenir un acteur majeur du développement de l’énergie nucléaire à l’échelle mondiale. Au niveau de son mix électrique, le gouvernement russe vise un objectif de 30% d’électricité d’origine atomique à l’horizon 2030. Les centrales existantes devraient ainsi voir leur durée de vie prolongée et accueillir de nouvelles tranches : un important programme industriel prévoit déjà la construction d’ici 2025 de 26 réacteurs à eau pressurisée de troisième génération.

Mais la Russie joue également sur le tableau international. Selon Sergueï Kirienko, la Russie se serait assurée une vingtaine de contrats portant sur la construction de réacteurs à l’étranger, alors que 40 contrats sont encore en négociation. La société russe Rosatom maîtrise l’ensemble des segments industriels du secteur (extraction et enrichissement d’uranium, conception et construction de réacteurs, exploitation et maintenance de centrales).

En plus de ses recherches sur le développement industriel de réacteurs à neutrons rapides, la Russie œuvre à la fermeture du cycle du combustible : un centre international d’entreposage et de traitement de combustibles usés devrait voir le jour en 2025 à Jeleznogorsk.

Rédigé par : La Rédaction

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COMMENTAIRES

  • En effet, et cela est peu connu, la Russie a été le premier pays à mettre un réacteur nucléaire en service pour la production d’électricité.

    Ce que l’on sait sans doute encore moins, c’est que le premier réacteur “de 4e génération” date de 1951. C’est EBR-1, aux Etats-Unis, un réacteur surgénérateur à neutrons rapides. C’était un réacteur de recherche, alimenté avec de l’uranium enrichi à 90% (qualité militaire) puis avec du plutonium !! C’est le premier réacteur à avoir produit un peu d’électricité, fin 1951, pour 4 ampoules de 200 watts.

    Maintenant, la Russie n’est pas très rapide pour construire ses réacteurs et certaines constructions on été abandonnées en cours de route.

    A l’international, c’est surtout le fait de financer la construction avec des crédits bancaires intéressants qui lui permet de remporter ses contrats.

    Pour élargir le sujet au monde entier : un bilan de 1960 à 2012.

    http://energeia.voila.net/nucle/nucleaire_monde.htm

    La page du nucléaire a peut-être commencé à se tourner.

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  • Assez marrant de voir toujours des antinukes réagir aux articles et envoyer des liens vers leurs articles partisans.

    L’échelle des courbes présentées n’est pas homogène, uniquement en pourcentages et il y manque la courbe des énergies carbonnées.
    Ou comment tromper le lecteur et lui faire prendre des vessies pour des lanternes.

    De fait, le parc nucléaire mondial est bien à la croissance, et la baisse conjoncturelle de 2011/2012 n’est le seul fait du japon et de l’Allemagne. Partout ailleurs, le parc est à la croissance (les valeurs absolues dans tableau ne disent pas le contraire) et les projets de construction de nouvelles centrales se multiplient et même s’accélèrent.

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