Chauffage : une étude scientifique allemande confirme que ce système de chauffage est le plus économique

Une étude allemande révèle que 90 % de la pollution d’une pompe à chaleur vient… de son électricité. La solution pour l’éviter et diviser sa facture jusqu’à 82 % ? Elle tient en un seul geste, simple et accessible.

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Chauffage : une étude scientifique allemande confirme que ce système de chauffage est le plus économique
Chauffage : une étude scientifique allemande confirme que ce système de chauffage est le plus économique © L'EnerGeek

Une équipe de chercheurs de l’Université technique de Munich a comparé, de façon scientifique, treize systèmes de chauffage. Leur conclusion : le combo le plus économique et le plus efficace sur le plan environnemental sur la durée associe une pompe à chaleur air-eau à des panneaux photovoltaïques.

L’étude, citée par Futura Sciences, s’appuie sur un logement type allemand à deux étages. Treize solutions ont été testées, seules ou avec un appoint solaire : chaudières gaz à condensation, chaudières à granulés, chaudières à gazéification de bois, pompes à chaleur air-air, sondes géothermiques, pompes à chaleur eau-eau, jusqu’à un montage combinant géothermie et accumulateur de glace.

Les chercheurs ont mené des simulations dynamiques du bâtiment et de son système, une analyse de cycle de vie pour mesurer l’impact environnemental, puis un calcul de valeur actuelle nette pour évaluer la rentabilité totale sur la durée.

L’électricité, premier poste de pollution d’une PAC

Le résultat surprend : plus de 90 % de l’impact environnemental d’une pompe à chaleur provient de l’électricité qui l’alimente, selon les chercheurs de l’Université technique de Munich. Produire cette électricité chez soi, via des panneaux photovoltaïques, réduit d’autant l’empreinte de l’appareil. C’est ce qui place le duo PAC air-eau et solaire en tête du classement.

Les systèmes biomasse s’en sortent également bien sur le plan environnemental. La chaudière à gazéification de bois figure parmi les meilleurs élèves. Le gaz, à l’inverse, affiche les impacts les plus lourds, même s’il reste compétitif côté porte-monnaie : les chercheurs notent que les pompes à chaleur air-eau et les chauffages au gaz comptent parmi les solutions les plus rentables dans le scénario testé, mais le gaz dégrade nettement le bilan environnemental.

Des montages moins connus, comme l’accumulateur de glace ou l’association granulés plus solaire thermique, terminent en revanche derrière en éco-efficacité.

Ces résultats reflètent une maison type allemande, avec des hypothèses de prix et d’investissement propres au cas étudié. Selon la toiture disponible, l’isolation et les aides accessibles, une pompe à chaleur performante reste un choix solide même sans photovoltaïque.

En France, la PAC aussi jusqu’à 82 % moins chère

Le constat rejoint celui d’une simulation portant sur une maison de 130 m², nécessitant 13 000 kWh d’énergie par an. En intégrant le prix du matériel après aides, le coût du combustible avec une hausse annuelle moyenne de 5 % pour les énergies fossiles et de 3 % pour l’électricité et le bois, ainsi que l’entretien sur une durée de vie de 20 ans, la pompe à chaleur ressort systématiquement devant : jusqu’à 82 % moins chère qu’un radiateur électrique, 58 % moins chère qu’un chauffage au propane, 39 % moins chère qu’une chaudière gaz THPE et 20 % moins chère qu’une chaudière biomasse.

La baisse du prix de l’électricité et la hausse de la TVA sur les chaudières gaz, passée de 5,5 % à 20 %, renforcent cet écart.

Avec réseau d’eau chaude : la PAC air-eau devant la biomasse

Pour les logements équipés d’un réseau d’eau chaude, le classement place la pompe à chaleur air-eau en tête, devant la chaudière biomasse puis la chaudière au gaz. Son coût de revient annuel s’établit à 1 449 euros, contre 1 741 euros pour la biomasse et 2 011 euros pour une chaudière gaz THPE au rendement de 85 %.

Avec un COP moyen de 3, la PAC air-eau produit trois kWh de chaleur pour un kWh d’électricité consommé, et permet une économie moyenne de 50 % sur les factures. Elle est en moyenne rentabilisée en sept à huit ans.

L’installation d’une chaudière au fioul, elle, est désormais interdite, et les ménages encore équipés auraient intérêt à changer de système.

Sans réseau d’eau chaude : le radiateur électrique en dernier

Dans les logements sans réseau d’eau chaude, la pompe à chaleur air-air arrive également en tête, suivie du poêle à bois puis du radiateur électrique. Son coût de revient annuel atteint 1 524 euros, contre 1 663 euros pour un poêle à bois et 2 635 euros pour un radiateur électrique, soit 82 % de plus que la PAC.

Les vieux convecteurs, surnommés grille-pain, restent particulièrement énergivores et peuvent doubler la facture annuelle. Faute de réseau d’eau chaude, les chaudières à gaz, au bois et les PAC air-eau sont écartées, car elles nécessiteraient d’importants travaux.

Des aides qui pèsent dans la balance

L’écart se creuse aussi grâce aux aides. Depuis la refonte de son mode de calcul en octobre 2025, les primes CEE rendent les pompes à chaleur encore plus attractives. La TVA appliquée à la fourniture et à la pose d’une PAC air-eau par un installateur certifié RGE tombe à 5,5 %, et à 10 % pour une PAC air-air affichant un COP d’au moins 3,9, contre 20 % pour une chaudière gaz.

Même avec un niveau d’aides minimal, la PAC reste le mode de chauffage le plus économique à long terme, quel que soit le revenu du ménage.

L’entretien annuel oscille en moyenne entre 150 et 300 euros selon l’équipement. Chaque logement restant un cas particulier, isolation, superficie et présence ou non d’un circuit d’eau chaude, un chauffagiste ou un expert en rénovation énergétique reste le mieux placé pour orienter le choix.

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