Des éoliennes flottantes pour alimenter l’Ecosse Des éoliennes flottantes pour alimenter l’Ecosse

Des éoliennes flottantes pour alimenter l’Ecosse

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Le 23 juillet 2017, la mer du Nord a accueilli la première éolienne flottante qui inaugure le futur grand parc éolien écossais. Fruit d’une longue innovation, cette éolienne ouvre la voie à une nouvelle génération de fermes éoliennes offshore et pourra être facilement déployée dans toutes les mers du monde. Pour l’Ecosse, il s’agit d’une étape supplémentaire dans le développement des énergies renouvelables. Le pays a beaucoup investi sur la filière éolienne et il veut encore progresser dans sa capacité de production.

La 1e ferme flottante au monde

Avec une hauteur de 178 mètres, la nouvelle éolienne écossaise est plus grande que Big Ben. Mais ce n’est pas sa taille qui la rend si singulière. Car malgré ses 11 500 tonnes, l’éolienne offshore n’est pas installée dans le sol marin : elle flotte ! A la différence des éoliennes offshore classiques, ce nouveau modèle d’éoliennes flottantes pas ancré dans le sol sous-marin. L’éolienne repose sur une base flottante qui fonctionne sur le même principe qu’un bouchon de pêche, capable de toujours rester à flot même quand il y a du courant. La partie immergée de la base plonge jusqu’à 80 mètres de profondeur pour garder l’éolienne en équilibre. Malgré tout, aucun risque qu’elles ne dérivent car un système de sécurité a été mis au point pour garantir la position de l’éolienne : des câbles géants sont amarrés au sol marin et préviennent tout risque de dérive des éoliennes flottantes.

Les éoliennes flottantes ne dériveront pas grâce à un système de câbles sous-marins qui les maintiennent sur une zone précise.

Mais avant d’arriver en Ecosse, les éoliennes flottantes ont déjà accompli un long voyage. Elles ont été développées et mises au point en Norvège, où les turbines ont été construites. Elles ont ensuite été assemblées sur des plateformes flottantes puis remorquées en mer du nord, à 25 km de la côte écossaise, en face de la ville de Peterhead qui donne son nom à cette nouvelle ferme éolienne. Au total, ce sont cinq éoliennes flottantes qui vont être installées en mer du nord dans les jours qui viennent. C’est la première ferme éolienne flottante à être installée dans le monde, et sa production de 30 mégawatts devrait permettre de fournir de l’électricité à 20 000 foyers.

Le défi technique des éoliennes flottantes

Les éoliennes flottantes ont été conçues pour permettre l’exploitation d’éoliennes offshore, même dans des zones géographiques où les fonds marins sont profonds et ne permettent pas des éoliennes offshore classiques. Cette technologie pourrait donc séduire de nombreux pays comme la France ou le Japon qui peinent à exploiter pleinement tout leur potentiel offshore. Autre avantage des éoliennes flottantes : elles permettraient de construire des fermes éoliennes plus loin des côtes et sans contrainte de taille. On pourra donc imaginer à l’avenir des fermes plus étendues avec une plus grande capacité de production.

Cette réalisation marque aussi un cap puisque le projet de mettre à l’eau des éoliennes flottantes a déjà plusieurs années. En 2007, l’Italie avait été le premier pays au monde à tester un modèle d’éolienne flottante de taille réduite. A l’heure actuelle, quelques pays comme la Chine et les Etats-Unis travaillent activement au développement des éoliennes flottantes. Autant de marchés potentiels pour ce nouveau modèle.

L’énorme base immergée des éoliennes flottantes permet leur déploiement partout dans le monde, y compris dans les zones de grands fonds.

L’éolien offshore : une énergie encore trop coûteuse

C’est une compagnie pétrolière norvégienne, Statoil, qui a mis au point ce modèle d’éolienne en partenariat avec une autre entreprise, Masdar, qui est spécialisée dans les énergies renouvelables. Le développement de ce projet pour l’instant unique au monde a coûté 212 millions d’euros mais il pourrait facilement séduire de nombreux autres pays, particulièrement ceux qui disposent de littoraux sur lesquels ils peuvent facilement déployer de l’éolien offshore.

L’augmentation progressive de la capacité de production de l’énergie éolienne permet de réduire ses coûts de production : ils ont baissé de 32% depuis 2012.

Même si l’engagement d’une compagnie pétrolière sur un chantier éolien peut sembler étrange, il est pourtant motivé par deux arguments de poids. Après avoir travaillé pendant des années au déploiement de plateformes pétrolières ou gazières en pleine mer, Statoil a développé une grande expertise sur les projets de production d’énergie offshore. De quoi s’assurer une place de choix parmi les entreprises qui visent le marché de l’éolien en pleine mer. Par ailleurs, et même si le coût des énergies renouvelables est encore assez élevé, certaines compagnies pétrolières cherchent aujourd’hui à amorcer un virage vers les énergies renouvelables. Leur compétitivité sur le long terme en dépend, et c’est le marché même de l’énergie qui le dit : depuis 2012, le coût de production de l’électricité issue des éoliennes offshore a diminué de 32%. C’est plus que ce que les experts prévoyaient.

Même si ce coût reste encore plus élevé que l’électricité issue du nucléaire, la tendance laisse présager une véritable montée en puissance de l’électricité verte dans les années à venir. Déployer des solutions éoliennes agiles capables de s’adapter à tous les terrains sous-marins permettrait d’augmenter rapidement la capacité de production et donc de soutenir cette baisse de tarif. L’éolien flottant devrait donc jouer un rôle de plus en plus important dans la production énergétique mondiale.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
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COMMENTAIRES

  • C’est bien sympathique, mais cet article zappe un problème de taille : comment fait-on quand il n’y pas de vent ? Malgré toutes les recherches, aucune solution permettant de compenser l’intermittence de ces machines à toutes les échelles de temps n’a été trouvée, même si certains plaisantins affirment le contraire.
    A petites doses, l’énergie éolienne ou photovoltaïque est utilisable dans notre réseau électrique, car les autres sources comme le nucléaire et dont on peut moduler à volonté la production, permettent de compenser ce défaut majeur. Dès qu’on dépasse 10% d’éolien, il faut développer des moyens dédiés de compensation de l’intermittence ou détourner de leur mission les moyens pilotable, ce qui fait grimper les prix de l’électricité produite de manière vertigineuse (ex de l’Allemagne où ils sont devenus deux fois plus élevés qu’en France… et ce n’est pas fini). Arrivé à 30%, il n’existe plus de solution technique pour compenser l’intermittence et ce sont les blackouts à répétition (ex de l’Australie du Sud qui a joué à l’apprenti sorcier).
    Il serait donc souhaitable que ce type d’article « scientifique » ne s’arrête pas aux aspects positifs d’une technologie, mais en présente les limites.

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