Rendre la ville durable oblige à gérer l’intermittence Rendre la ville durable oblige à gérer l’intermittence

Rendre la ville durable oblige à gérer l’intermittence

Dans le cadre du Smart Energies Summit qui s’est tenu à la défense les 6 et 7 juin 2017, nous avons pu interroger le directeur Technologie et Innovation Energy Management chez Siemens France, Ronald Kubelec : l’occasion de montrer l’importance des nouvelles technologies pour l’urbanisme et l’industrie du futur.

  • Pouvez-vous résumer l’implication de Siemens pour le développement des villes durables ?

Les six grandes activités du groupe Siemens participent directement ou indirectement à l’émergence des villes durables ; l’entreprise emploie 350 000 personnes dans de multiples domaines à travers le globe. La division à laquelle j’appartiens, « Energy Management », propose une large palette de produits et solutions pour le transport et la distribution d’électricité. En effet, les réseaux basse et haute tension sont parties intégrantes des villes intelligentes, puisqu’ils irriguent la ville d’un point de vue électrique. Nous pouvons également mentionner l’activité « Mobility » qui propose des systèmes de transport, car évidemment pas de ville durable sans transports durables. Enfin, l’activité « Building Technologies » qui développe des offres permettant de donner vie aux bâtiments intelligents.

Rien qu’avec ces trois activités – et nous aurions pu en citer encore d’autres – on comprend que Siemens est appelé à intervenir sur presque la totalité des infrastructures de la ville durable. Ainsi, de la production d’énergies renouvelables, en passant par les réseaux intelligents jusqu’aux services énergétiques, nos technologies et produits contribuent à l’urbanisme du futur dans une optique de développement durable.

  • Concrètement, comment vos technologies rendent-elles l’urbanisation croissante soutenable ?

D’abord, nous permettons à l’environnement urbain d’accueillir des sources d’énergies renouvelables. L’objectif n’est évidemment pas d’implanter de grandes fermes éoliennes dans les centres villes, en revanche on peut utiliser la disponibilité de surface importante des bâtiments afin de faciliter l’installation de systèmes de production d’énergie solaire offrant des capacités significatives. Désormais, nous travaillons également à transformer les bâtiments pour leur permettre de devenir des producteurs nets d’énergie, notamment dans une démarche d’éco-design.

Ces nouvelles capacités doivent ensuite être véhiculées par des systèmes électriques capables de gérer l’intermittence induite par le développement des énergies renouvelables. Rendre la ville durable oblige donc à gérer cette intermittence, mais aussi à optimiser les infrastructures existantes, toujours dans l’optique de réduire la carbonation du mix énergétique. En effet, il est beaucoup plus compliqué de déployer de nouvelles infrastructures électriques, par exemple tirer des nouvelles lignes ou des liaisons enterrées, dans un environnement urbain. C’est pourquoi, l’objectif est aussi de mieux utiliser les infrastructures existantes pour faire transiter davantage d’énergie. En modifiant la répartition des flux entre les liaisons disponibles, ou en tenant compte des températures extérieures, il est ainsi possible de faire transiter plus d’énergie dans un réseau moins étendu et qui de ce fait impacte moins l’environnement.

Par ailleurs, avec les microgrids et les bâtiments intelligents, nous sommes en mesure de superviser et de piloter la consommation électrique de différentes entités : bâtiment, étage, habitation, groupe résidentiel, éco-quartier… et de leur proposer des scénarios d’optimisation. Nous élaborons et suggérons des recommandations ou des actions de pilotage de consigne, qui conduisent par exemple à la réduction de la production d’eau chaude ou à l’étalement dans le temps des différentes consommations énergétiques. L’ensemble de ces mesures d’ajustement permet d’obtenir un effet bénéfique global sur le réseau, d’autant que l’un des aspects problématiques pour l’intégration des renouvelables et des énergies propres réside dans les pics de consommation et l’étalement de la charge. Cette configuration oblige les producteurs à entretenir une capacité de production conventionnelle pour des consommations qui vont être très importantes mais de manière ponctuelle. Si on arrive justement à réduire ces pics de consommation par un étalement, en jouant sur les tarifs et les incitations, il est possible d’obtenir un lissage de la charge nous permettant d’assurer une meilleure utilisation des infrastructures et surtout une plus grande efficacité énergétique.

De même, les solutions liées à la mobilité électrique posent la question du stockage et de la gestion de l’énergie. Avec l’essor des voitures électriques et des transports collectifs propres, nous réfléchissons à des systèmes d’automatisation visant à augmenter les cadences et accroître le taux d’utilisation des appareils, pour, in fine, transporter un nombre plus important de passagers. En assurant une capacité à accueillir toujours plus de passagers, ainsi qu’un transit fluide sur le réseau, non seulement on augmente le confort d’utilisation mais surtout on détourne des transports polluants une partie du flux qu’on redirige vers les transports collectifs propres.

  • Pouvez-vous citer quelques grands projets phare de Siemens pour la ville durable ?

Nous sommes impliqués dans plusieurs projets précurseurs comme à Rotterdam ou dans le quartier d’Aspern à Vienne ; où, parce que tous les acteurs ont décidé de travailler ensemble et parce que sans doute aussi c’était plus simple en termes d’organisation des réseaux, l’approche a pu être globale. Siemens a pu mettre au service de l’ensemble des opérateurs (clients, municipalité, infrastructures…) les différentes composantes de ses solutions, en les rendant non seulement interopérables mais également homogènes. D’autant qu’étant présentes sur les grands métiers de la ville durable (réseaux électriques, bâtiments, mobilité…), nos équipes disposent d’une solide expertise en interne qui renforce cette homogénéité entre les différentes entités du groupe.

De plus, avec la plateforme de collecte des données MindSphere, évoquée par notre président Christophe de Maistre au cours de son intervention au Smart Energies Summit, le groupe met à disposition de ses clients un écosystème ouvert facilitant le traitement des informations nécessaires aux villes durables. En effet, lorsqu’on est techniquement capable de collecter des données issues des systèmes de transport, des réseaux électriques ou des bâtiments, on dispose alors de tous les paramètres décisionnaires afin d’anticiper les phénomènes de pointe de consommation. Pour résumer, technologiquement parlant d’une part, les différentes applications accueillies sur MindSphere permettront d’assurer l’interopérabilité, tandis qu’intervenant dans les principaux métiers de la ville durable, notre entreprise dispose d’un savoir-faire reconnu sur ces problématiques grâce à son approche axée sur la digitalisation des services.

En France aussi, les acteurs ont commencé à se parler et à faire émerger des projets concrets, comme en atteste d’ailleurs l’initiative  Smile (Smart Ideas to Link  Energies) qui a remporté l’édition 2017 des Smart Energies Awards. D’ailleurs, au cours des dernières années, plusieurs initiatives ont confirmé la volonté des acteurs du secteur d’œuvrer dans un même sens, particulièrement au niveau territorial (Nice Grid ou Smart Grid Vendée). Enfin, l’association Think Smartgrids participe également à la poursuite des objectifs de la feuille de route proposée pour la Nouvelle France Industrielle, une démarche à laquelle nous sommes évidemment associés.

Rédigé par : Ronuald Kubelec

Ronuald Kubelec
Ronald Kubelec est directeur Technologie et Innovation Energy Management chez Siemens France
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