Sweetch Energy : la start-up française qui développe l’énergie osmotique - L'EnerGeek

Sweetch Energy : la start-up française qui développe l’énergie osmotique

En avril 2017, Sweetch Energy, une jeune start-up bretonne, a fait parler d’elle en lançant une levée de fonds pour un projet énergétique complètement inédit en France : produire de l’électricité grâce à l’énergie osmotique. Cette technique, qui n’a encore jamais été testée au niveau industriel, en est encore à ses débuts, mais elle offre déjà de belles perspectives et intéresse plusieurs entreprises. En utilisant la ressource maritime, cette nouvelle énergie pourrait permettre de produire de l’électricité à faible coût et de manière plus fiable que les autres sources d’énergie renouvelable.

L’énergie osmotique : une technologie innovante

A l’origine de Sweetch Energy, on trouve un chercheur, Bruno Mottet. Ce docteur en physique et chimie des matériaux s’intéressait aux techniques de dessalement de l’eau de mer quand il a eu l’idée d’exploiter l’énergie osmotique pour produire de l’électricité. En 2015, il fonde sa start-up Sweetch Energy pour mettre au point un procédé viable. Dans le détail, l’énergie osmotique exploite le phénomène d’osmose qui se produit de manière continue au niveau d’une membrane qui sépare deux masses d’eau aux différentes concentrations de salinité. Cette membrane, issue des innovations du CNRS, ne fait que qu’un milliardième de mètres d’épaisseur ; elle peut donc séparer les ions des solutions salines et générer d’infimes charges électriques. Grâce à cette rencontre entre deux masses d’eau, le docteur Mottet estime qu’on peut tirer 0,8 kWh par m3. De quoi envisager un potentiel énergétique intéressant. Car si pour l’instant l’expérience relève des recherches en laboratoire, les débouchés visent des applications pratiques, en particulier dans les estuaires, là où l’eau douce rencontre l’eau de mer. A l’échelle naturelle, le potentiel énergétique de l’énergie osmotique permettrait d’envisager la création de centrales osmotiques pour alimenter de grandes zones d’habitation en électricité.

C’est en travaillant sur un procédé de dessalement de l’eau de mer que Bruno Mottet a eu l’idée de développer un nouveau procédé basé sur l’énergie osmotique.

Une avancée technologique majeure

Cette technologie innovante offre un certain nombre d’avantages, à commencer qu’elle est renouvelable et non polluante. Mais plus intéressant encore : elle est continue. Là où les autres sources d’énergies renouvelables sont intermittentes (comme le solaire ou l’éolien), l’énergie osmotique ne connaît aucune coupure, ce qui facilite l’approvisionnement du réseau. Et c’est bien la raison pour laquelle l’énergie osmotique captive tant l’attention à l’heure actuelle. Elle symbolise à elle seule tout le potentiel des énergies bleues (les énergies renouvelables liées à la mer) et intéresse déjà de nombreux pays : les Pays-Bas et la Norvège ont investi dans le développement de cette ressource, et en 2016 l’école polytechnique de Lausanne, en Suisse, a mis au point un nouveau type de membrane en vue d’un usage pour créer de l’énergie osmotique.

De son côté, Sweetch Energy a le vent en poupe. La jeune entreprise basée à Lorient attire tous les regards et elle a récolté de nombreux prix d’innovation : Elle a gagné le concours iLAB du ministère de l’éducation nationale, ainsi que le Concours Mondial de l’Innovation et le Cleantech Open France. Des distinctions qui l’ont aidé à mener rapidement à bien sa levée de fonds en avril dernier : l’entreprise a récolté 1,4 million d’euros. Cette somme va désormais lui permettre de passer à la vitesse supérieure dans ses recherches.

Sweetch Energy, déjà tournée vers les futures applications

La jeune entreprise veut lancer un laboratoire pilote au biopôle de Rennes et recruter deux nouveaux ingénieurs pour renforcer l’équipe de recherche et développement. L’objectif est de valider les résultats d’étude dans les deux prochaines années avant de passer à une phase de mise en application. Le premier débouché envisagé est le marché du dessalement de l’eau de mer. Ce marché connaît une progression constante de 10% par an, et plusieurs acteurs du marché, comme Véolia, Suez ou encore General Electric, sont déjà très intéressés par la technologie osmotique. L’utilisation de cette ressource énergétique permettrait de faire baisser significativement le prix du m3 d’eau dessalée d’environ 20% à 25% selon les premières estimations de Sweetch Energy.

Le second objectif sera une production d’énergie à échelle industrielle. A l’heure actuelle, la start-up bretonne affirme que d’ici deux ans, elle sera capable de produire 100 kW par m2 de membrane de filtration. Quant à imaginer des centrales osmotiques dans les estuaires, la technologie pourrait être assez rapide à développer : Sweetch Energy estime que ces centrales pourraient être opérationnelles d’ici une dizaine d’années.

Rédigé par : La Rédaction

La Rédaction
lun 31 Mar 2014
La société OpenHydro, détenu majoritairement par DCNS, enregistre un nouveau succès pour son hydrolienne qui, en France, est testée par EDF sur le site de Paimpol-Bréhat. Deux de ses machines vont être installées dans la baie de Fundy, au Canada.…
dim 2 Oct 2016
Aux Emirats arabes unis, l’énergie solaire vient de battre le record mondial du prix du kW/h. Alors que Bloomberg envisage une chute des prix des panneaux photovoltaïques en 2017, les énergéticiens français observent ces évolutions avec intérêt. (suite…)
mar 11 Mar 2014
Le Commissariat général au développement durable (CGDD), a publié il y a quelques temps son dernier Tableau de bord éolien-photovoltaïque trimestriel de l'année 2013. Le document traite de l'évolution du raccordement des productions éoliennes et photovoltaïques, en forte baisse l'an dernier.  [stextbox id="info"]Un bilan…
Le Commissariat Général au Développement Durable (CGDD) vient de publier une étude portant sur l'évolution régionale du secteur de l'énergie entre 2002 et 2012. Ce dossier officiel, réalisé par le ministère de l'Écologie, permet notamment de dresser un panorama des moyens…

COMMENTAIRES

  • Technique innovent, bien connue mais dont l’industrialisation est complexe et suppose des membranes séminaire perméable s innovantes.
    Bon courage à la star up.

    Répondre
  • J’avais déjà eu connaissance il y a plusieurs années, sous le titre attirant de « faire de l’électricité avec de l’eau de mer ». l’astuce était d’utiliser l’osmose pour cela.
    En fait, on aurait plutôt dû dire « avec de l’eau douce », qui est beaucoup plus rare que l’eau de mer, et que l’on produit à grand frais, par exemple en traitant l’eau de mer avec de l’électricité ! On a un peu l’impression de tourner en rond…, en gaspillant de l’eau douce.
    D’ailleurs, le procédé envisagé ne peut être apprécié qu’en divisant les 0,8 kWh par m3 par le temps d’obtention de cette énergie pour avoir la puissance de l’installation et le débit d’eau douce consommé.

    Répondre
  • Voir aussi le programme européen Reapower (qui compte plusieurs fabricants de membranes !)

    http://www.reapower.eu/consortium.html

    L’IEA évaluait le potentiel à quelques 2000 TWh/an.

    Il y a aussi la possibilité d’employer du C02 qui dans l’eau de mer va se transformer en bicarbonate et hydrogène ! Cà rentabilise vite les projet…selon le prix du C02 !

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *