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Allemagne : un succès en demi-teinte pour les énergies vertes

éolien-renouvelables-rentabilitéL’année 2015 aura été celle de tous les records pour les filières renouvelables en Allemagne. La production renouvelable représente désormais près du tiers de la production électrique outre-Rhin et voit les efforts consentis par le gouvernement depuis plusieurs années se concrétiser. Pour autant, les producteurs ne semblent pas totalement satisfaits et s’inquiètent déjà d’une baisse éventuelle du nombre d’installations et d’un ralentissement probable de l’activité.

2015, une année record pour les renouvelables outre-Rhin

Depuis le retrait du nucléaire décidé en 2011 suite aux événements de Fukushima, l’Allemagne a largement favorisé le développement des énergies vertes via la mise en place de subventions publiques avantageuses et d’une priorisation sur l’alimentation du réseau. La production renouvelable, atteignant en 2013 plus de 24% de la production électrique nationale, ne cesse d’augmenter et devrait sans problème réaliser son objectif pour 2020 fixé à 35 % du mix électrique.

L’année 2015, année record en matière de production d’énergies vertes, confirme cette tendance. Selon les chiffres dévoilés le jeudi 7 janvier dernier par le think tank Agora Energiewende, spécialisé dans l’analyse de la transition énergétique, la part des renouvelables dans la consommation de courant allemande est passée à 32,5%, contre 27,3% en 2014. Les énergies renouvelables ont ainsi couvert en 2015 un tiers de la consommation d’électricité allemande, grâce entre autres à un bond de 50% de la production éolienne.

Ces chiffres éloquents cachent toutefois une réalité bien différente en matière de coût de l’électricité et d’émissions de CO2. L’Allemagne est devenue dans le même temps, un des pays européens les plus pollueurs du fait d’un recours au charbon accru ces dernières années (le charbon représente 42% du mix électrique en 2015), mais également un des pays, avec le Danemark, où l’électricité est la plus chère, presque deux fois plus cher que le tarif actuel en France.

Des subventions en berne pour un nombre d’installations en baisse

Autre problème, ces chiffres record de production de 2015 reposeraient uniquement sur le développement soutenu des capacités en 2014, et cacheraient aujourd’hui un net ralentissement des efforts gouvernementaux en matière de transition énergétique.

Face au gonflement des coûts de l’électricité répercutés sur les factures des particuliers et des entreprises, lié au système d’aides publiques, Berlin a commencé à réduire les subventions dans le but de contraindre les renouvelables à trouver leur place sur le marché, et à atteindre à moyen terme la parité réseau. Le temps du soutien au développement technologique étant révolu, la loi sur les énergies renouvelables (EEG) mise en place en 2000, et qui garantit aux producteurs d’électricité renouvelable, un tarif d’achat supérieur à celui de l’électricité conventionnelle, apparaît aujourd’hui bien trop coûteuse pour l’Etat.

Or, les effets d’un tel retrait commenceraient déjà à se faire sentir au regard du nombre d’installations sensiblement en baisse pour l’année 2015, et notamment dans les filières solaire et la biomasse, premières victimes des coupes, selon la fédération des énergies renouvelables BBE.

Pour rappel, la part des énergies propres doit passer selon les objectifs allemands de transition énergétique à 50% de la consommation d’électricité en 2030, et 80% en 2050.

Crédits photo : Wolpeper

Rédigé par : livingston-thomas

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COMMENTAIRES

  • La sortie du nucléaire en Allemagne a commencé avec la loi de février 2002, issue d’un plan de sortie du nucléaire en vingt ans élaboré dès juin 2000. Cette loi, prévoyait l’arrêt des réacteurs nucléaires à des dates variables selon leur ancienneté et leur vétusté, le dernier étant arrêté en 2022.

    Un réacteur a été mis hors service en 2003 et un autre en 2005.

    Après une remise en cause par le gouvernement conservateur en septembre 2010, pour repousser de douze ans la sortie du nucléaire, la loi de 2002 a été rétablie après le drame nucléaire survenu au Japon au printemps 2011.

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  • La part du charbon et du lignite était de 50,5% de la production d’électricité allemande en 2000 et seulement 42% en 2015.

    Celle du nucléaire est tombée de 29,5% en 2000 à 14% en 2015.

    Compensé par une très forte croissance des énergies renouvelables, de 6,5% de la production d’électricité en 2000 à 30% en 2015.

    Sur le marché de gros, le prix de l’électricité allemande est le plus faible d’Europe après celui des pays nordiques (produite en grande partie avec de l’hydraulique).

    Le prix pour le consommateur résidentiel tient compte des taxes diverses (TVA …) très variables d’un pays à l’autre.

    Pour le solaire, une partie des nouvelles installations ne sont pas prises en compte par les statistiques car elles ne demandent pas à bénéficier du tarif d’achat.

    En effet, lorsque cela est possible, cela est plus économique de consommer l’électricité que l’on produit que de la vendre pour acheter en contrepartie l’électricité du réseau, laquelle est plus coûteuse.

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    • A démontrer que le coût de l’électricité que l’on produit est moins chère. On veut des chiffres.

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