L’ONU alerte : les centres de données IA consomment désormais autant d’eau que des millions de foyers, « les ressources de milliards de personnes sont en jeu »

L’essor de l’IA pourrait consommer d’ici 2030 l’équivalent des besoins en eau de 1,3 milliard d’habitants en Afrique subsaharienne.

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L'ONU alerte : les centres de données IA consomment désormais autant d'eau que des millions de foyers, « les ressources de milliards de personnes sont en jeu »
L’ONU alerte : les centres de données IA consomment désormais autant d’eau que des millions de foyers, « les ressources de milliards de personnes sont en jeu » © L'EnerGeek

Dans un rapport récent intitulé « L’IA menace les ressources en eau et en énergie« , publié par l’Institut pour l’eau, l’environnement et la santé de l’ONU le 4 juin 2026, les effets environnementaux préoccupants de l’intelligence artificielle (IA) sont mis en lumière. Alors que l’IA est présentée comme un moteur du développement mondial, ses conséquences pourraient coûter très cher en énergie et en eau. Les Nations unies, appuyées par une commission créée en février 2026, alertent sur des risques importants pour les ressources naturelles, menaçant potentiellement des milliards de personnes dans le monde.

Ce que consomment les centres de données en eau et en énergie

Le rapport tire la sonnette d’alarme sur la consommation énergétique de l’IA, poussée par l’essor de l’IA générative. Les chiffres sont frappants : d’ici 2025, la consommation d’eau des centres de données mondiaux pourrait atteindre 4 500 millions de mètres cubes. Ce volume devrait doubler d’ici 2030, pour atteindre 9 000 millions de mètres cubes, soit l’équivalent des besoins en eau de 1,3 milliard d’habitants en Afrique subsaharienne.

La consommation d’énergie suit la même trajectoire, avec un impact sur les factures projeté à 448 TWh (térawattheures) pour 2025, puis à 945 TWh en 2030.

Des spécialistes comme Kaveh Madani, directeur de l’institut et principal auteur du rapport, insistent sur le caractère insoutenable de ces comportements imprévisibles des IA. Les procédés de refroidissement par évaporation et l’appétit énorme de l’IA pour l’énergie, notamment pour l’entraînement de modèles tels que GPT-4, consomment des quantités astronomiques de ressources. Pour le Dr Miriam Aczel, chercheuse à l’Institut de l’ONU, ces chiffres révèlent l’urgence d’un cadre réglementaire : « Ce qui nous a le plus surpris, c’est de constater à quel point les choix qui semblent les plus écologiques… ».

Les émissions de CO₂ et la question du foncier

Les émissions de gaz à effet de serre constituent une autre menace majeure liée à l’expansion de l’IA. Les centres de données pourraient générer environ 189 millions de tonnes de CO₂ d’ici 2025, une empreinte comparable aux émissions de la France en 2024. D’ici 2030, ces émissions pourraient grimper à 399 millions de tonnes de CO₂, contribuant à aggraver la crise climatique mondiale.

Sur le plan foncier, les besoins en surface pour les infrastructures de centres de données devraient aussi doubler d’ici 2030, passant de 6 900 à 14 500 kilomètres carrés.

Cette expansion rapide a aussi des retombées sociales : l’accumulation de déchets électroniques, directement liée à ce développement technologique, perturbe des écosystèmes entiers et soulève des questions d’équité environnementale. Le rapport préconise des mesures impératives pour assurer une transition sobre et juste vers un avenir technologique responsable.

Vers une gouvernance mondiale : quelles règles ?

Pour freiner cette croissance incontrôlée, les experts proposent plusieurs recommandations. La Commission de l’ONU, soutenue par une déclaration commune signée par plus de 80 pays, recommande des principes comme la transparence des entreprises, des évaluations des effets au niveau local (pour mesurer précisément les conséquences sur les territoires concernés), et la justice environnementale. Lors d’un sommet sur l’IA organisé à New Delhi, ces propositions ont été réaffirmées, mettant en avant la nécessité d’un cadre de gouvernance international strict pour aborder les enjeux technologiques et éthiques.

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