L’Allemagne attribue 5,16 GW de capacités électriques pilotables, principalement au gaz

Berlin a attribué une première série de contrats de capacité représentant environ 5,16 gigawatts, pour un montant proche de 12 milliards d’euros. Ces installations doivent sécuriser l’approvisionnement lorsque le vent et le soleil ne suffisent pas, avec une mise en service attendue d’ici 2031.

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L’Allemagne attribue 5,16 GW de capacités électriques pilotables, principalement au gaz © L'EnerGeek

L’Allemagne a attribué le 3 novembre 2026 une première série de contrats destinés à maintenir disponibles de nouvelles capacités électriques pilotables. Le dispositif représente environ 5,16 gigawatts de puissance et près de 12 milliards d’euros d’engagements, selon les résultats rapportés par Reuters. Les installations concernées sont principalement des centrales fonctionnant au gaz.

L’objectif est de garantir une production mobilisable lorsque les énergies éolienne et solaire ne couvrent pas la demande. Cette décision intervient dans le cadre de la sortie progressive du charbon allemand, qui impose de remplacer des moyens de production capables de fonctionner à la demande. L’attribution de contrats ne signifie pas que les nouvelles centrales produisent déjà de l’électricité.

Deux énergéticiens concentrent les capacités attribuées

LEAG, entreprise contrôlée par le groupe EP, obtient environ 3 GW, tandis que RWE se voit attribuer près de 2,12 GW. Uniper ne décroche pas de capacité lors de cette première procédure. Les installations doivent être disponibles au plus tard en 2031, selon les conditions présentées lors de l’annonce.

Pour limiter les délais de construction, LEAG envisage de s’appuyer principalement sur des sites de production existants dans l’est de l’Allemagne. RWE prévoit pour sa part trois centrales. Réutiliser des emprises industrielles peut faciliter certains raccordements, mais ne dispense pas des autorisations et des travaux nécessaires à chaque projet.

Le principe du mécanisme consiste à rémunérer la disponibilité d’une capacité de production, et pas uniquement l’électricité effectivement vendue. Les centrales pourront ainsi être appelées lors des périodes où les ressources renouvelables sont insuffisantes. Les paiements prévus s’étalent sur quinze ans, et leur financement doit être répercuté sur les consommateurs au moyen d’un prélèvement supplémentaire.

Un filet de sécurité qui a un coût

Le niveau moyen d’attribution est annoncé autour de 155 296 euros par mégawatt, inférieur au plafond de 244 000 euros fixé pour la procédure. Ces montants décrivent le résultat de l’appel d’offres et ne doivent pas être interprétés comme le prix de vente de chaque mégawattheure d’électricité.

Cette première tranche s’inscrit dans un programme allemand plus vaste, portant sur environ 11 à 12 GW de capacités et dont le coût potentiel pourrait atteindre 35,2 milliards d’euros. D’autres procédures sont envisagées en décembre puis en 2027. Leur résultat n’est pas encore acquis.

Le choix du gaz illustre la difficulté de maintenir un système électrique fiable tout en augmentant la part des renouvelables. Une centrale pilotable peut répondre aux périodes sans vent et sans soleil, mais elle reste exposée au coût du combustible et à ses émissions. Les besoins de stockage, de flexibilité de la demande et de renforcement des réseaux demeurent donc importants.

Pour les pays voisins, dont la France, la décision allemande mérite attention parce que les marchés électriques sont interconnectés. Elle ne permet toutefois pas, à elle seule, de conclure à une hausse précise des prix français ni à une modification immédiate des échanges transfrontaliers. Les effets dépendront des dates de mise en service, des conditions de marché et du fonctionnement réel des installations.

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