Inde : les renouvelables auraient évité plus de 100 milliards de dollars d’importations fossiles, selon l’AIE

Dans un rapport publié le 3 novembre, l’Agence internationale de l’énergie chiffre les économies d’importation permises par les renouvelables indiennes entre 2011 et 2025. Le pays dépasse désormais 300 GW de capacités renouvelables, mais le développement des réseaux et du stockage devient déterminant.

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Inde : les renouvelables auraient évité plus de 100 milliards de dollars d’importations fossiles, selon l’AIE © L'EnerGeek

L’Inde a-t-elle trouvé dans les énergies renouvelables un moyen de réduire sa facture d’importations ? Un rapport présenté le 3 novembre 2026 par l’Agence internationale de l’énergie (AIE) apporte un chiffre inédit : selon ses estimations, le solaire, l’éolien et les autres énergies renouvelables ont permis au pays d’éviter plus de 100 milliards de dollars de dépenses d’importation de charbon et de gaz naturel entre 2011 et 2025.

Il s’agit d’une estimation réalisée à partir d’un scénario comparatif, et non d’une somme directement versée au budget de l’État. L’enjeu est néanmoins considérable pour un pays dont les besoins électriques augmentent et dont l’approvisionnement demeure sensible aux cours mondiaux des combustibles.

Un parc renouvelable qui dépasse 300 GW

Le communiqué de l’AIE souligne que la puissance renouvelable indienne a presque quadruplé en dix ans et franchi les 300 gigawatts en 2026. L’agence décrit l’Inde comme le deuxième marché au monde par sa vitesse de croissance dans ce secteur et le deuxième fabricant de modules photovoltaïques.

Autre étape franchie : la part des capacités électriques installées reposant sur des sources non fossiles a atteint 50 % en 2025, avec cinq ans d’avance sur l’objectif initial. Ce pourcentage concerne la puissance installée et ne doit pas être confondu avec la part de l’électricité effectivement produite, qui dépend notamment des heures d’ensoleillement, du vent et du fonctionnement des centrales conventionnelles.

Dans son scénario central, l’AIE envisage environ 530 GW de capacités renouvelables en 2030. Le photovoltaïque représenterait plus de quatre cinquièmes des nouvelles installations prévues d’ici là. La trajectoire reste une projection, conditionnée par les investissements, les raccordements et la réalisation effective des projets.

Le bénéfice énergétique ne se limite pas aux centrales solaires

L’AIE estime également que, sans les capacités renouvelables mises en service depuis 2010, les importations indiennes de charbon auraient été supérieures d’environ 110 millions de tonnes en 2025. Cet écart théorique illustre l’importance de la substitution entre production domestique et combustibles achetés à l’étranger.

Pour les entreprises spécialisées dans les équipements électriques, l’essor indien représente aussi une transformation industrielle. Le pays développe sa fabrication de panneaux solaires, ses achats d’électricité renouvelable par les entreprises et des projets hybrides associant plusieurs moyens de production. Cette progression peut modifier les chaînes d’approvisionnement internationales, sans signifier que les industriels européens décrocheront automatiquement des contrats.

Les enchères concurrentielles ont contribué à réduire les coûts de certains projets solaires. Mais un prix de production attractif ne garantit pas que l’électricité sera disponible à l’endroit et à l’heure où la demande se présente.

Le prochain défi : raccorder et piloter la production

L’agence met désormais l’accent sur les réseaux, les batteries et les moyens de flexibilité. Elle estime que la réduction des retards de projets et le renforcement des infrastructures pourraient accélérer de plus de 20 % les déploiements renouvelables envisagés pour la période 2026-2030. Il s’agit d’un potentiel conditionnel, pas d’une augmentation déjà obtenue.

Cette difficulté n’est pas propre à l’Inde. Dans son analyse mondiale Electricity 2026, l’AIE souligne que les files d’attente de raccordement freinent l’intégration de nouvelles capacités de production et de stockage dans de nombreuses régions.

La nouvelle étude indienne distingue ainsi deux chantiers : augmenter la production décarbonée et rendre le système électrique capable de l’absorber. À l’horizon 2030, la réussite dépendra autant du fonctionnement des réseaux et des batteries que du nombre de panneaux installés.

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