Renouvelables : l’IRENA anticipe un ralentissement mondial en 2026, faute de réseaux suffisants

Après une année 2025 record, le rythme mondial d’installation des énergies renouvelables pourrait reculer en 2026, selon le directeur général de l’IRENA. Le frein vient notamment des réseaux électriques, qui peinent à absorber les nouvelles capacités en Chine et dans plusieurs pays d’Asie-Pacifique.

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Renouvelables : l’IRENA anticipe un ralentissement mondial en 2026, faute de réseaux suffisants © L'EnerGeek

Le développement mondial des énergies renouvelables pourrait marquer le pas en 2026. Après cinq années de progression des capacités ajoutées chaque année, le directeur général de l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), Francesco La Camera, s’attend à un volume de nouvelles installations inférieur à celui de 2025. Dans un entretien accordé à Reuters le 27 octobre, en marge de la Singapore International Energy Week, il pointe les limites des réseaux de transport et de distribution, ainsi que les barrières commerciales.

Ce diagnostic intervient après une année exceptionnelle. Selon les statistiques publiées par l’IRENA, 692 gigawatts (GW) de capacités renouvelables ont été ajoutés dans le monde en 2025, portant le parc total à 5 149 GW. Il s’agit de puissances installées, et non de volumes d’électricité effectivement produits.

En Chine, le réseau devient un frein à l’expansion du solaire et de l’éolien

La Chine joue un rôle déterminant dans cette inflexion. Le pays a développé très rapidement ses installations solaires et éoliennes, mais les lignes électriques et les équipements de distribution ne progressent pas partout au même rythme. Lorsqu’un réseau ne peut accueillir toute la production disponible, les gestionnaires doivent en limiter l’injection : c’est l’écrêtement de la production renouvelable.

Francesco La Camera explique à Reuters que ces contraintes contribuent au ralentissement des nouvelles installations chinoises. Il estime que les capacités ajoutées dans les autres régions du monde ne compenseront probablement pas cette décélération. Le dirigeant n’a toutefois communiqué aucune prévision chiffrée pour le total mondial des installations en 2026.

Le phénomène dépasse la Chine. L’Australie et le Japon rencontrent également des difficultés pour adapter leurs réseaux à l’essor des sources renouvelables. Construire des parcs solaires et éoliens plus vite que les infrastructures capables d’en acheminer l’électricité expose les producteurs à des pertes de production et complique l’équilibre économique des projets.

Un avertissement qui concerne aussi les investissements européens

Pour l’Europe, l’enjeu est concret : la transition électrique exige à la fois des moyens de production, des raccordements, des interconnexions et des capacités de pilotage. La Commission européenne estime que 40 % des réseaux de distribution de l’Union ont plus de quarante ans et chiffre à 584 milliards d’euros les investissements nécessaires dans les réseaux à l’horizon 2030.

En France, le renforcement des infrastructures figure déjà parmi les postes majeurs de dépenses. La Commission de régulation de l’énergie a annoncé le 26 octobre avoir approuvé un programme d’investissements 2026 révisé de 4,09 milliards d’euros pour RTE, gestionnaire du réseau public de transport. Cette enveloppe concerne l’ensemble de ses besoins d’investissement, et pas uniquement le raccordement des renouvelables.

Pour les industriels, les développeurs de projets et les collectivités françaises, le message est le même : la disponibilité d’un terrain ou d’une ressource en vent et en soleil ne suffit pas à garantir la mise en service rapide d’une installation. Les délais de raccordement, la capacité locale du réseau et les besoins de flexibilité pèsent directement sur le calendrier et les coûts.

Une baisse du rythme des installations, pas du parc mondial

La distinction est essentielle pour interpréter l’annonce de l’IRENA. Une année 2026 moins dynamique que 2025 en matière de nouvelles capacités installées n’impliquerait pas une diminution de la puissance renouvelable totale déjà en service. Le parc mondial pourrait continuer de grandir, mais à un rythme inférieur à celui du record précédent.

La suite dépendra notamment de la rapidité des renforcements de réseau, du développement du stockage, de la gestion de la demande et des conditions commerciales applicables aux équipements. L’avertissement lancé depuis Singapour place ainsi les infrastructures électriques au cœur de la prochaine phase de croissance des renouvelables.

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