Elon Musk accuse l’Ukraine d’avoir violé les conditions de Starlink : « ils ont utilisé le réseau d’une manière que nous n’avions jamais autorisée »

Entre Washington et Kiev, Starlink devient une arme diplomatique. Musk accuse, Zelensky dément, et pendant ce temps les drones ukrainiens dépassent enfin les 400 km/h sur le front. Que cache vraiment ce bras de fer ?

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Elon Musk accuse l'Ukraine d'avoir violé les conditions de Starlink : « ils ont utilisé le réseau d'une manière que nous n'avions jamais autorisée »
Elon Musk accuse l’Ukraine d’avoir violé les conditions de Starlink : « ils ont utilisé le réseau d’une manière que nous n’avions jamais autorisée » © L'EnerGeek

« L’armée ukrainienne […] l’a utilisé pour des frappes de drones offensives visant à tuer des personnes », a accusé Elon Musk, patron de SpaceX, dans un message publié sur X samedi 24 octobre 2026. L’accusation tombe après plusieurs jours de bridage de la vitesse du réseau Starlink, sur fond de tensions avec Washington.

Musk a précisé que cette faille avait été corrigée la semaine précédente. Dans un autre message, il a rappelé que les conditions d’utilisation du système n’avaient pas changé, insistant sur le fait que Starlink était un système civil, et non un moyen de tuer, et que toute violation de ces conditions entraînerait la fin du service.

Un réseau redevenu stable à 400 km/h

Kiev se plaignait depuis plusieurs jours d’une limitation de vitesse des terminaux Starlink au-delà de 160 km/h, qui faisait perdre leur connexion aux drones militaires ukrainiens dépassant ce seuil. Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, avait accusé Washington d’être à l’origine de ces restrictions et de ne pas avertir Kiev de l’arrivée de missiles russes avant leur impact, rapporte BFMTV. La Maison Blanche et Musk ont chacun démenti être responsables du bridage.

Serhi Beskrestnov, conseiller du président ukrainien chargé des technologies de défense, s’est étonné sur les réseaux sociaux que Musk ignore les restrictions appliquées en Ukraine. Depuis l’hiver de février 2026, a-t-il expliqué, tous les terminaux présents sur le territoire ukrainien, y compris occupé, sont limités à une vitesse de 70 à 90 km/h ; Starlink ne fonctionnant pas en Russie, l’armée ukrainienne ne peut donc physiquement pas s’en servir pour des frappes en profondeur.

Vendredi 23 octobre, Donald Trump avait annoncé que Musk avait relancé le réseau pour l’Ukraine. Le ministre ukrainien de la Défense, Ievguéni Khmara, a confirmé un retour à la normale de Starlink et de sa version militaire Starshield, fonctionnant désormais à des vitesses supérieures à 400 km/h. « Ce résultat est avant tout important pour notre front, pour nos militaires, pour le fonctionnement des drones, pour la logistique et pour les communications », a-t-il commenté.

Une réunion trilatérale annoncée pour novembre

Dimanche, dans une interview à la télévision nationale, Zelensky a confirmé qu’une rencontre entre Russes et Ukrainiens, sous médiation américaine, se tiendra en novembre 2026, pour relancer des négociations de paix au point mort depuis le début de l’année. « Nous sommes prêts à discuter. S’il s’agit de la question territoriale, elle doit être abordée au niveau des dirigeants. Les autres questions relèvent des groupes techniques », a-t-il expliqué.

Les discussions techniques devront porter sur l’énergie, les céréales et l’échange de personnes détenues, et « aboutir à des résultats concrets », a-t-il précisé sur Telegram. Il a proposé qu’une rencontre au niveau des dirigeants succède à cette étape, pour démontrer le sérieux de la démarche, tout en se méfiant d’une éventuelle manœuvre de Vladimir Poutine destinée à éviter une escalade avec Washington avant des élections : « nous saurons très rapidement, en novembre, s’il s’agissait d’une manœuvre ou non », a-t-il ajouté.

Zelensky a aussi appelé à ne pas lever les sanctions contre la Russie avant ces discussions, pour ne pas perdre tout moyen de pression face à Poutine. « Je ne veux pas que nous nous retrouvions face à Poutine sans aucun levier : sans sanctions, sans argent ou sans actifs gelés. Car, dans ce cas, comme l’a dit M. Trump, nous n’aurions effectivement plus beaucoup de cartes en main », a-t-il dit.

Une trêve pour évacuer Olechky

Zelensky a annoncé l’envoi de missions humanitaires américaines, ukrainiennes et russes à Olechky, ville occupée de l’oblast de Kherson, où un cessez-le-feu doit débuter mardi 27 octobre 2026. Cette trêve, négociée par Melania Trump, a aussi été acceptée par la Russie, a précisé l’armée ukrainienne.

« Cela ne peut pas se limiter à une seule journée : il faudra plusieurs jours », a insisté Zelensky. Il a estimé que la Russie ferait tout pour déminer les routes afin que les habitants partent vers la Russie et y restent, jugeant peu probable que Moscou les laisse simplement partir. Une partie d’entre eux devrait néanmoins être évacuée vers l’Ukraine, où ils recevraient soutien et assistance.

Près de 2 300 drones russes en une semaine

Selon Zelensky, l’armée russe a lancé, en une semaine jusqu’au 25 octobre, 48 missiles, environ 1 600 bombes guidées et près de 2 300 drones d’attaque. Samedi soir, quatre personnes ont été tuées et 22 autres blessées dans l’oblast de Dnipropetrovsk. La nuit précédente, trois personnes avaient déjà péri sous un drone dans la même région, et une quatrième à Kharkiv.

Quatre hypermarchés de bricolage du groupe Epicentr ont été visés en moins de 24 heures, à Kharkiv, Zaporijia, Vinnytsia et Poltava, selon Ioulia Tchoudnovets, responsable des relations publiques de l’entreprise, sur Facebook. L’entreprise évoque une « destruction totale », quand le ministère russe de la Défense affirme que le site de Kharkiv stockait des produits à double usage.

À Kharkiv, les Russes ont d’abord frappé le magasin puis porté, selon Zelensky, un deuxième coup cynique visant les sauveteurs arrivés sur place, dont plusieurs ont été blessés. « C’est ainsi que la Russie réagit à la diplomatie et à la fin de l’isolement », a-t-il commenté, reliant ces frappes à l’accord sur le diesel conclu entre Trump et Poutine.

Un homme de 67 ans est mort dimanche après-midi dans une attaque de drone contre un minibus à Kherson, a annoncé Oleksandr Prokudin, chef de l’administration militaire de l’oblast. Zelensky réclame par ailleurs le déblocage des livraisons d’intercepteurs destinés aux batteries Patriot déjà approuvées par les Européens, après avoir accusé Washington de retarder les livraisons du programme PURL.

Quatre morts à Belgorod après un raid de drones

L’armée russe affirme avoir intercepté 38 drones ukrainiens dimanche au-dessus de plusieurs oblasts, dont Belgorod, Koursk et Perm, ainsi qu’au-dessus de la mer Noire, selon le ministère russe de la Défense sur Telegram. Dans le kraï de Perm, cinq employés d’un site industriel ont été blessés par des débris, selon le gouverneur Dmitry Makhonine, qui précise que l’usine n’a subi que des dégâts mineurs.

Un raid massif a fait, dans la nuit du 24 au 25 octobre, un mort et 14 blessés à Belgorod, selon le gouverneur Alexandre Chouvaïev. L’un des blessés est mort par la suite à l’hôpital, portant à deux le nombre de tués dans le chef-lieu ; une personne a aussi été tuée à Voznessenovka et une autre à Zamostie, soit quatre morts au total dans l’oblast.

Le ministère russe évoque 532 drones interceptés dans la nuit, en Russie, en Crimée et en mer d’Azov. Une frappe ukrainienne a provoqué des coupures d’eau et d’électricité sur toute la péninsule de Crimée, après avoir visé le transformateur assurant son alimentation, situé dans le kraï de Krasnodar.

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