Une ville complète viendra de Chine pour s’installer dans la cordillère argentine, accueillant 5 000 travailleurs d’un mégaprojet minier

5 000 mineurs, des modules chinois assemblés en altitude et 18 millions de dollars d’économies : comment la cordillère de San Juan s’apprête à accueillir un chantier minier hors norme, à la logistique redoutablement calculée.

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Une ville complète viendra de Chine pour s'installer dans la cordillère argentine, accueillant 5 000 travailleurs d'un mégaprojet minier
Une ville complète viendra de Chine pour s’installer dans la cordillère argentine, accueillant 5 000 travailleurs d’un mégaprojet minier © L'EnerGeek

En juin 2026, le projet minier de cuivre Vicuña a attribué l’extension de son campement permanent Batidero à un consortium formé par les entreprises PowerChina, Beijing Chengdong et l’argentine RAFA S.A. Selon Cronista, le contrat prévoit l’ajout d’installations modulaires destinées à agrandir la capacité d’accueil existante et à accompagner la montée en puissance des activités minières dans la zone.

Porté par Lundin Mining et BHP, le projet Vicuña compte parmi les grands chantiers d’exploitation de cuivre en développement en Argentine, dans la province de San Juan. Le campement Batidero doit dans un premier temps loger environ 2 500 personnes.

Ce chiffre grimpera toutefois jusqu’à 5 000 travailleurs, en raison du système de roulement propre à l’activité minière, qui suppose des équipes se relayant sur le site. Le complexe comprendra, outre les espaces d’hébergement, des bureaux et des cantines.

Une grande partie des unités sera produite par Beijing Chengdong, spécialisée dans les systèmes de construction modulaire, avant d’être transportée jusqu’en Argentine pour y être assemblée. Les modules reposent sur des structures en acier conçues pour être combinées et empilées jusqu’à trois niveaux, ce qui permet d’ajuster la taille du complexe aux besoins du chantier.

Ce choix répond directement à la géographie du secteur. La cordillère de San Juan est en effet l’un des points les plus extrêmes de la région cuyana, et la haute altitude complique sérieusement les opérations de construction classiques. Fabriquer les modules ailleurs pour ne les assembler que sur site limite les tâches lourdes à réaliser en cordillère.

L’écart de coûts entre les options a pesé dans la balance. Produire les unités en Chine revient à environ 500 dollars par mètre carré, auxquels s’ajoutent 200 dollars par mètre carré pour le fret international, soit 700 dollars au total. Une fabrication complète sur le sol argentin aurait coûté environ 1 300 dollars par mètre carré.

Cette différence se retrouve dans le montant global des offres. La proposition retenue s’élève à 52 millions de dollars, contre environ 70 millions de dollars pour une alternative présentée par des fournisseurs locaux, soit un écart entre les options.

San Juan disposera ainsi d’un pôle d’hébergement conçu pour soutenir l’exploitation en haute montagne, où loger, nourrir et faire travailler plusieurs milliers de personnes reste une contrainte de base pour tenir les opérations dans la durée.

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