Alstom fait un grand pas dans la transition énergétique du rail avec ses 29 trains électriques à batterie Adessia Stream, qui seront livrés au Royaume-Uni à partir de 2032. Ces trains seront alimentés par une infrastructure de recharge innovante, une première sur le réseau ferroviaire principal britannique. Le 11 septembre 2026, Alstom a signé des contrats d’une valeur totale de 1,2 milliard d’euros avec TransPennine Express (TPE), marquant ainsi le lancement de sa plateforme Adessia au Royaume-Uni.
Adessia Stream : une solution aux coûts de l’électrification traditionnelle
Les trains à batterie d’Alstom représentent une solution économique pour éviter les coûts élevés de l’électrification par caténaires sur les lignes non électrifiées. Au Royaume-Uni, de nombreux tronçons dans le nord de l’Angleterre ne sont pas électrifiés, et l’installation de caténaires nécessiterait des investissements de plusieurs milliards de livres sterling. Les trains Adessia Stream desserviront les liaisons entre Liverpool, Manchester, York, Hull, Scarborough et Saltburn, alternant entre sections électrifiées et non électrifiées grâce à leurs batteries embarquées.
Caractéristiques techniques des trains à batterie
Chaque train comprend cinq voitures équipées de batteries lithium-ion haute capacité. Ils se rechargent rapidement dans les gares équipées et fonctionnent en autonomie sur les sections non électrifiées. Sur les portions caténarisées, les trains captent l’électricité tout en rechargeant leurs batteries. Sur les tronçons diesel, les batteries assurent une continuité de service sans émission locale. L’énergie est récupérée au freinage pour optimiser le bilan énergétique. Bien qu’Alstom n’ait pas donné d’autonomie exacte, les expériences en Allemagne suggèrent une portée de 80 à 120 kilomètres en mode batterie.
Rames adaptées aux besoins du Transpennine
Les rames à cinq voitures sont conçues pour répondre aux besoins en passagers sur le corridor Transpennine. Elles offriront des équipements modernes tels que le Wi-Fi, la climatisation, des prises USB-C, des espaces pour vélos et un accès de plain-pied. Rob Whyte, directeur général d’Alstom au Royaume-Uni, a déclaré : « cet accord est un tournant pour le rail britannique, et nous sommes fiers que ces trains soient conçus et fabriqués en Grande-Bretagne ». La fabrication commencera en 2028 à Derby, créant plus de 350 emplois qualifiés.
Infrastructure de recharge innovante
Le projet se distingue par l’installation d’une infrastructure de recharge unique sur le réseau ferroviaire britannique. Alstom mettra en place trois stations à Hull, Scarborough et Saltburn, permettant une recharge aux terminus et lors des arrêts prolongés. En comparaison avec d’autres pays, le Royaume-Uni nécessite des infrastructures fixes pour des distances plus longues sans caténaires.
Stations de recharge : caractéristiques et mise en place
Les stations utiliseront des bornes haute puissance pour recharger les batteries en moins de 20 minutes. La recharge rapide par pantographe, similaire à celle des bus électriques urbains, est adaptée aux trains. Hull accueillera la station principale, tandis que Scarborough et Saltburn bénéficieront d’équipements pour les rotations quotidiennes. L’électricité proviendra du réseau national, majoritairement alimenté par des sources renouvelables.
Avantages économiques et pratiques
L’électrification complète du corridor Transpennine aurait coûté plus de 2 milliards de livres sterling. Les trains à batterie réduisent ces coûts en concentrant les investissements sur trois stations de recharge. De plus, cette approche évite les contraintes de gabarit et réduit les coûts d’exploitation. Le contrat inclut également 230 millions d’euros pour la maintenance sur huit ans.
Alstom et la décarbonation du rail en Europe
Le Royaume-Uni rejoint le mouvement européen vers la décarbonation ferroviaire avec les trains à batterie. Alstom a déjà vendu 18 trains en Nouvelle-Zélande, 11 en Allemagne et 31 en Irlande avant ce contrat. La technologie Adessia devient une norme pour les lignes non électrifiées, offrant une alternative au diesel. En Europe, environ 40 % du réseau n’est pas électrifié, représentant un marché potentiel important pour les trains à batterie.
Expériences en Allemagne et en France
Le premier train à batterie d’Alstom a été lancé en Allemagne en février 2026, affichant une disponibilité de plus de 95 % et une réduction de 90 % des émissions de CO2 par rapport aux trains diesel. En France, les trains Adessia circulent depuis juillet 2026 en Bretagne, offrant une réduction des nuisances sonores et une fiabilité accrue. D’autres technologies ferroviaires innovantes émergent mondialement, mais les trains à batterie demeurent les plus adaptés pour l’Europe.
Déploiement prévu et impact économique
La fabrication des 29 rames débutera en 2028 à Derby, avec des livraisons à partir de 2032. TransPennine Express prévoit de retirer progressivement ses trains diesel Class 185. Le contrat inclut 930 millions d’euros pour le matériel roulant et 360 millions de livres sterling pour les fournisseurs locaux, mobilisant plus de 5 500 emplois au Royaume-Uni.






