Le 7 septembre, Météo France a révélé un bilan climatique inédit. L’été 2026 est devenu le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900, avec une température moyenne de 24,0 °C sur 24 heures, soit +3,6 °C par rapport à la norme 1991-2020. Cet écart surpasse les étés caniculaires de 2003 (+2,7 °C) et 2022 (+2,3 °C), autrefois considérés comme exceptionnels.
Les températures maximales ont montré une anomalie de +4,8 °C en moyenne, dépassant les +3,3 °C de la canicule d’août 2003. Cette chaleur persistante a couvert l’ensemble du territoire de mi-juin à mi-août, à l’exception de deux courtes périodes au début de juin et à la fin août.
Un été 2026 historique : 3,6 degrés au-dessus des normales
Selon Météo France, 90 % de la France métropolitaine a subi au moins une journée avec des températures maximales de 35 °C ou plus, et 45 % du pays a dépassé le seuil des 40 °C, considéré comme extrême dans le climat actuel. Au sud de la Seine et de la Loire, plus de 20 jours au-dessus de 35 °C ont été recensés, contre une normale de 1 à 5 jours. Dans la basse vallée du Rhône, en Provence et dans le Var, on a noté 50 à 60 jours au-dessus de 35 °C, bien au-delà des 10 à 20 jours habituels.
Le seuil symbolique des 40 °C a été franchi 178 fois sur le réseau principal de Météo France, éclipsant les 88 occurrences de 2003 et les 72 de 2019. Des villes jusqu’alors épargnées ont atteint 40 °C pour la première fois, comme Strasbourg, Metz et Alençon. À Saintes, ce seuil a été franchi à dix reprises durant l’été.
Cinquante-trois jours de vagues de chaleur sans précédent
L’été 2026 se distingue par trois vagues de chaleur totalisant 53 jours. La première, du 17 au 30 juin, a été marquée par son intensité et sa précocité, affectant l’ensemble du pays avec jusqu’à 72 départements en vigilance rouge canicule lors du pic de chaleur le 24 juin. Météo France la qualifie de la plus intense depuis 1947, dépassant souvent la canicule de 2003. 40 % du territoire a connu des températures supérieures à 40 °C.
Les 24 et 25 juin 2026 ont été les journées les plus chaudes jamais enregistrées en France avec des moyennes de 30 °C. Durant la deuxième vague, la nuit du 8 au 9 juillet a vu des températures nocturnes ne pas descendre sous 30,6 °C à Vivès, une première en France. Ces températures pourraient devenir plus fréquentes avec le changement climatique, selon Météo France.
La troisième vague, du 28 juillet au 19 août, a été la plus longue jamais enregistrée, égalant celle de juillet 1983 mais avec une intensité plus élevée. Au pic de cet épisode, 83 départements étaient en vigilance orange canicule.
Sécheresse et déficit pluviométrique
L’été 2026 a également connu une pluviométrie en déficit de 40 % en moyenne, devenant ainsi le deuxième été le moins pluvieux depuis 1959. À l’exception de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, le manque de précipitations a été général. Seulement 15 à 20 jours de pluie ont été enregistrés sur le pays, contre une normale de 20 à 30 jours. La sécheresse des sols s’est étendue dès juin, atteignant des niveaux jamais vus début août.
Les régions du centre-ouest au nord-est ont été particulièrement touchées. Le retour des pluies en fin août a offert une amélioration partielle, mais insuffisante pour un retour à la normale à l’automne.
Feux de forêt et températures océaniques record
Les vagues de chaleur ont exacerbé la sécheresse des sols et fragilisé la végétation, augmentant le risque de feux de forêt. De la Bretagne à la Corse, les incendies se sont multipliés, faisant de 2026 l’année avec la plus grande surface brûlée, selon Météo France. La « Météo des forêts » a enregistré des niveaux de danger de feu de forêt sans précédent, avec 27 journées en vigilance rouge et 90 en orange.
Les températures de la mer ont également atteint des records. En Manche, la moyenne estivale a été de 17,6 °C (+2,0 °C), en Atlantique de 21,4 °C (+2,4 °C) et en Méditerranée de 26,2 °C (+2,8 °C), s’inscrivant dans un contexte de records mondiaux de température océanique.






