EDF a annoncé l’arrêt de trois réacteurs nucléaires ce lundi 3 août 2026, en raison d’une baisse du débit des rivières. Sont concernés les deux réacteurs de la centrale de Chooz, dans les Ardennes, et un réacteur de la centrale de Cattenom, en Moselle.
En cause : le débit de la Meuse et celui de la Moselle, tombés trop bas sous l’effet des fortes chaleurs. Les trois unités étaient toujours arrêtées lundi en début d’après-midi, a confirmé EDF à l’AFP.
À Chooz, le réacteur n°1, jusque-là la seule installation du site restée en service, a été coupé le samedi 1er août. Le réacteur n°2 était déjà hors service depuis le 11 juillet. À Cattenom, l’arrêt préventif a eu lieu dans la nuit du vendredi 31 juillet au samedi 1er août. Les deux départements, Ardennes et Moselle, sont placés en vigilance jaune canicule ce lundi.
Un seuil précis fixé par un traité franco-belge
À Chooz, la centrale doit respecter un accord signé le 8 septembre 1998 entre la France et la Belgique sur la gestion des eaux de la Meuse. Ce texte prévoit que le fonctionnement des réacteurs peut être adapté pour garantir un débit suffisant aux usagers du fleuve des deux côtés de la frontière, agriculture, navigation et eau potable en Belgique notamment.
Le directeur délégué de la centrale, Pierre Hennequin, a détaillé le mécanisme au micro d’ICI Champagne-Ardenne : dès lors que ce volume d’eau traversant, mesuré sur douze jours glissants, passe en dessous de 22 mètres cubes par seconde, la centrale doit arrêter une première unité de production, et sous le seuil des 20, elle procède à l’arrêt d’une deuxième. Le 2 août, le débit de la Meuse ne dépassait pas 18,3 mètres cubes par seconde.
La centrale, installée dans un méandre du fleuve à quelques kilomètres de la Belgique, se refroidit habituellement grâce à ses deux tours aéroréfrigérantes. Depuis l’arrêt, plus aucune fumée ne s’en échappe. Une faible quantité d’eau reste utilisée pour le circuit nucléaire, mais elle est intégralement restituée, selon la centrale.
Les équipes surveillent chaque jour le débit et la température de la Meuse avec des capteurs, tandis que des essais et opérations de maintenance se poursuivent pour préparer l’hiver. Pas de chômage technique en revue pour les salariés.
L’arrêt complet n’est pas une première : le site l’avait déjà connu en 2020, après des arrêts partiels en 2019, 2018, 2011 et 2003. Seules de nouvelles pluies abondantes permettraient un retour à la normale, selon la centrale.
À Cattenom, la décision découle de la baisse du débit de la Moselle.
Le réseau reste alimenté, assure EDF
Malgré ces arrêts, Pierre Hennequin se dit serein sur l’approvisionnement électrique. Il affirme qu’il n’y a aucune crainte à avoir, le réseau français étant interconnecté, ce qui permet de profiter de l’ensemble des autres moyens de production, et que Électricité de France reste exportateur vers les pays transfrontaliers, garantissant l’approvisionnement sur toute la période estivale.
D’autres sites du parc nucléaire ont connu des épisodes comparables depuis l’été : trois interruptions partielles à Golfech, dans le Tarn-et-Garonne, deux à Bugey, dans l’Ain, et une à Nogent-sur-Seine, dans l’Aube. Le gestionnaire du réseau, RTE, a par ailleurs demandé une réduction de puissance sur trois installations en Auvergne-Rhône-Alpes : Bugey 3 tourne à l’arrêt quelques heures ce lundi, Saint-Alban 1 et 2 adaptent leur puissance, et Tricastin 4 doit être arrêté quelques heures mardi 4 août. Ces réductions restent distinctes des arrêts complets constatés à Chooz et Cattenom.






