Le système électrique français a été affecté par les canicules de l’été 2026, mais cela n’a pas mis en difficulté l’approvisionnement du pays, a annoncé RTE, gestionnaire du réseau de transport d’électricité à haute tension, ce lundi 21 septembre 2026. L’entreprise publique a présenté le fonctionnement du système électrique durant l’été, marqué par 53 jours de canicule selon l’Insee, répartis en trois vagues de chaleur entre mi-juin et fin août.
La climatisation a fait grimper la consommation. Selon RTE, la consommation brute d’électricité, non corrigée des données météorologiques et de calendrier, a augmenté de 4 % à 5 % en juin et juillet 2026 par rapport à la même période de 2025.
Sur les heures de pointe, la demande a atteint environ 58 GW, un niveau resté sous le record de 60 GW enregistré en 2025. RTE évalue qu’en été, chaque degré supplémentaire ajoute entre 0,7 et 1 gigawatt à la demande, soit jusqu’à 10 à 14 GW de plus lors des pics de chaleur.
Le niveau général de consommation, en retrait depuis l’épidémie de Covid-19 et la crise énergétique de 2022, a retrouvé des niveaux comparables à ceux de la période 2014-2019, même s’il reste environ 6 % sous la moyenne de 2015-2019.
Le nucléaire a tenu, l’hydraulique s’est effondré
Malgré la chaleur affectant le parc de production nucléaire et hydraulique, la France est restée exportatrice d’électricité 99,9 % du temps entre juin et août, pour un total de 23,7 TWh vendus à ses voisins, un niveau légèrement inférieur à celui des deux étés précédents. La Direction générale du Trésor recense déjà 51 TWh de solde exportateur sur le premier semestre 2026.
Le nucléaire est resté à des niveaux de production comparables à un été normal, malgré quelques réductions liées au réchauffement des fleuves. Une disponibilité particulièrement élevée des centrales d’EDF a compensé les arrêts ou baisses de production dus à la chaleur et à la sécheresse.
La production hydraulique, elle, a connu son deuxième niveau le plus bas en 50 ans sur cette période, derrière celle de 2022, en raison de la sécheresse. Le solaire a progressé, porté par un mois de juillet particulièrement ensoleillé.
Contrairement à 2022, il n’y a pas eu de risque physique sur l’approvisionnement en électricité du pays, y compris pendant l’été, a affirmé Thomas Veyrenc, directeur général chargé de l’économie, de la stratégie et des finances à RTE.
Les prix sur les marchés de l’électricité ont augmenté du fait du renchérissement du gaz, lié aux guerres au Moyen-Orient et en Ukraine. Ils restent toutefois beaucoup moins élevés qu’en 2022, l’écart de prix avec les pays voisins restant à l’avantage de la France. Dans un entretien à BFMTV, Veyrenc a précisé que les prix ont augmenté avec le gaz, « mais ils sont beaucoup moins hauts qu’en 2022 ».
Le réseau de transport a lui aussi souffert de la chaleur et des incendies, qui ont constitué une des principales menaces pour les infrastructures et conduit à de nombreuses mises hors tension préventives.
RTE prévoit près de 24 milliards d’euros d’investissements dans le réseau électrique d’ici 2040, calibrés pour un climat pouvant gagner 4 °C. L’entreprise s’appuie sur les signaux EcoWatt et éCO2mix pour mobiliser les usagers face à une demande estivale appelée à devenir plus sensible à la chaleur, avec la diffusion croissante de la climatisation.






