Un prototype capable d’atteindre 453 km/h lors de tests récents : c’est sur cette performance que la Chine s’appuie pour revendiquer le titre de train commercial le plus rapide du monde. Le record est attribué au CR450, développé par le constructeur d’État China State Railway Group (CRCC), qui en fait son projet phare.
Un premier prototype avait été présenté en 2023. Depuis, les essais se sont poursuivis, avec cette pointe à 453 km/h désormais revendiquée par Pékin. L’objectif affiché reste toutefois plus mesuré pour l’exploitation courante : une vitesse de croisière de 400 km/h, contre 350 km/h pour le CR400, le train actuellement en service sur les lignes chinoises à grande vitesse et sur le point d’être remplacé.
Comparé à son prédécesseur, le CR450 serait 12 % plus léger, grâce à des matériaux composites, tout en consommant 20 % d’énergie de moins et en affichant un freinage amélioré de 20 %. CRCC a par ailleurs conçu de nouveaux wagons pour les classes Business et Première. Son lancement sur des lignes grand public est attendu en 2026, voire au tout début de 2027, selon des informations de BFM Business.
Le projet reste entouré d’une certaine discrétion. En novembre 2024, une vidéo de test du CR450 avait fuité sur les réseaux sociaux avant d’être retirée. Les images les plus récentes montraient une rame de huit voitures dont le numéro de série avait été masqué. Des rumeurs évoquent la ligne Chengdu-Chongqing comme itinéraire possible, tandis que la ligne Pékin-Shanghai, déjà performante, pourrait nécessiter des travaux pour accueillir un train aussi rapide.
Cette avancée s’appuie sur un réseau déjà considérable : la Chine dispose de 48 000 kilomètres de voies à grande vitesse, le plus étendu au monde, qui relie 97 % de ses grandes villes. Les trains à grande vitesse y circulent depuis 2008 seulement.
Reste une question que ni CRCC ni Pékin n’ont tranchée publiquement : comment limiter l’usure des voies à une vitesse aussi élevée. En France, les TGV roulent à 320 km/h alors que leurs rames ont déjà atteint 575 km/h en conditions d’essai.
Cette vitesse n’est jamais exploitée commercialement, car elle endommagerait fortement les voies et la caténaire à chaque passage. Selon les hypothèses évoquées, la Chine aurait soit trouvé une solution technique pour réduire cette usure, soit décidé d’augmenter fortement les budgets alloués aux réparations des voies.
La France prépare sa riposte avec le TGV-M
Face à cette concurrence, la SNCF, avec des partenaires comme Alstom, doit lancer le TGV-M en 2026. Ce nouveau train est présenté comme plus économe et offrant 20 % de places supplémentaires par rapport à la génération précédente.
La SNCF ne prévoit pas, en revanche, de le faire rouler plus vite que les rames actuelles. Le pari français ne se joue donc pas sur la vitesse, mais sur la capacité et la consommation d’énergie, terrains où le CR450 chinois avance également ses propres arguments.






