Fiat Chrysler, désormais partie intégrante de Stellantis, devra répondre de tromperie aggravée devant le tribunal correctionnel de Paris. Cette annonce, faite le 7 septembre 2026 par une source proche du dossier, ajoute un nouveau volet au scandale du Dieselgate, qui secoue depuis longtemps l’industrie automobile européenne. Le constructeur rejoint Volkswagen et Renault parmi les accusés, tous soupçonnés d’avoir caché le véritable niveau des émissions polluantes de leurs moteurs diesel.
Quatre constructeurs sont actuellement sous enquête en France, après avoir été mis en examen en 2021. Bien que Peugeot-Citroën attende encore la décision des juges d’instruction, le parquet de Paris a demandé son renvoi en juin 2025. Ce dossier illustre la possible généralisation de pratiques frauduleuses dans une industrie soumise à des normes environnementales toujours plus strictes.
Fiat Chrysler renvoyé en correctionnelle pour tromperie aggravée dans le scandale du Dieselgate
Fiat Chrysler est accusé d’avoir vendu, entre 2014 et 2017, des véhicules équipés de moteurs diesel Multijet II qui dépassaient régulièrement les seuils réglementaires d’émission d’oxydes d’azote. Les marques concernées incluent Fiat, Alfa Romeo et Jeep. Selon l’accusation, ces véhicules étaient calibrés pour améliorer artificiellement les performances de contrôle des émissions lors des tests d’homologation, tandis qu’en conditions réelles, ces systèmes fonctionnaient de manière dégradée.
Les oxydes d’azote, au centre de ce scandale, sont des polluants dangereux, favorisant les maladies respiratoires et contribuant à la formation de particules fines. En manipulant les systèmes anti-pollution, Fiat Chrysler aurait rendu l’utilisation de ces véhicules dangereuse pour la santé, selon l’ordonnance de renvoi.
Calendrier judiciaire et implications financières
Le procès de Fiat Chrysler pourrait avoir lieu en novembre 2028, bien que ces dates doivent être confirmées lors d’une audience en novembre 2027. Selon Sud Ouest, ce renvoi est conforme aux réquisitions du parquet de Paris de juin 2025. L’avocat du constructeur a refusé de commenter, tandis qu’un porte-parole de Stellantis a déclaré : « Nous ne commentons pas les affaires en cours. »
Les enjeux financiers de ce procès sont importants. Les constructeurs risquent une amende qui peut atteindre 10 % du chiffre d’affaires moyen annuel. Pour Stellantis, cela pourrait représenter plusieurs milliards d’euros. Les tribunaux peuvent également interdire certaines activités, une possibilité qui, bien que peu probable pour un acteur majeur, souligne la gravité des accusations.
Impact durable du Dieselgate en France
L’affaire Fiat Chrysler s’inscrit dans la lignée du scandale Volkswagen de 2015, qui a révélé l’usage de logiciels truqueurs pour fausser les tests antipollution. En France, ce scandale a entraîné des enquêtes contre plusieurs constructeurs. Volkswagen et Renault ont déjà été renvoyés en correctionnelle en 2026, tandis que l’instruction pour Peugeot-Citroën suit son cours.






