Donald Trump a averti le mardi 21 juillet 2026 que les États-Unis allaient très probablement frapper cette zone assez bientôt et que l’Iran ne pouvait rien y faire, à propos d’un complexe souterrain iranien connu sous le nom de Pickaxe Mountain, où Washington soupçonne Téhéran de construire une installation d’enrichissement d’uranium non déclarée.
Le lendemain, mercredi 22 juillet, le président américain a durci le ton sur un autre front. Dans une publication sur Truth Social, il a menacé de détruire un pont ou une centrale électrique iranienne à chaque attaque des forces iraniennes contre un navire dans le détroit d’Ormuz, quel que soit le moyen employé, missile, roquette ou drone.
Les cibles pourraient se trouver, selon ses propres mots, à côté ou dans la capitale Téhéran. Un responsable militaire iranien cité par l’agence Tasnim News Agency a répliqué que l’Iran viserait en retour des infrastructures et des ponts dans toute la région, y compris des installations énergétiques liées aux intérêts américains.
Un cessez-le-feu déjà rompu
Cette escalade intervient trois semaines après la signature en juin d’un mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran, censé stopper les opérations militaires et rouvrir le détroit d’Ormuz. Trump avait déclaré ce cessez-le-feu terminé après de nouvelles attaques iraniennes sur des navires et des frappes américaines en représailles. Les frappes américaines contre l’Iran en sont désormais à leur onzième nuit consécutive.
Le mont Kolang, une montagne fortifiée près de Natanz
Le site que Trump vise s’appelle officiellement Kuh-e Kolang Gaz La, à environ 1,6 kilomètre au sud du complexe d’enrichissement de Natanz, déjà bombardé par les États-Unis et Israël. Sa construction a démarré en 2020 et l’Iran l’avait alors déclarée à l’Agence internationale de l’énergie atomique comme futur site d’assemblage de centrifugeuses.
Selon un rapport de l’Institute for Science and International Security, des images satellite montrent plusieurs réseaux de tunnels, un large périmètre de sécurité et des entrées renforcées de béton conçues pour résister à des frappes aériennes. L’installation ne serait pas encore opérationnelle, et les travaux se seraient accélérés depuis les frappes israéliennes et américaines de juin 2025.
Des centrifugeuses déplacées, selon Israël
Des responsables israéliens et américains ont indiqué au Wall Street Journal que, selon le renseignement israélien, l’Iran a déplacé des milliers de centrifugeuses d’enrichissement vers ces tunnels après les attaques menées en 2025. Une source israélienne proche du dossier a précisé à CNN qu’une partie du stock d’uranium enrichi aurait suivi le même chemin après la guerre de douze jours de juin 2025, durant laquelle Israël avait frappé Natanz, Ispahan et Fordow, tuant plusieurs scientifiques du programme nucléaire iranien. Ni Israël ni les États-Unis n’avaient alors visé Pickaxe Mountain.
Interrogé mardi sur un possible transfert des centrifugeuses, Trump a paru minimiser l’information, se contentant de répondre qu’ils n’avaient pas cette information officiellement enregistrée. Esmaeil Baghaei, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a rejeté ces accusations sur les réseaux sociaux, assurant qu’aucune activité nucléaire n’avait lieu à cet endroit et dénonçant un prétexte fabriqué pour justifier une agression, une destruction et un sabotage.
Début juillet, une source de sécurité de haut niveau à Téhéran avait déjà qualifié ces informations de fausses auprès de CNN.
Andrea Stricker, experte en non-prolifération interrogée par CNN, estime au contraire que l’Iran chercherait à reconstituer une option d’enrichissement ou d’armement nucléaire, et à avoir accès à des milliers de centrifugeuses qui représentent les vestiges de son programme nucléaire. James Acton, du Carnegie Endowment, s’est montré plus circonspect sur X, écrivant que ce n’était pas un facteur décisif, doutant que Washington puisse aller au-delà de la destruction des tunnels d’accès.
Le rapport de l’ISIS relève de son côté que le site nécessite ventilation, alimentation électrique et livraisons régulières, autant de vulnérabilités que les États-Unis et Israël sembleraient capables d’exploiter.
Le détroit d’Ormuz sous tension, le pétrole grimpe à 94 dollars
Dans la nuit de mardi à mercredi, des défenses aériennes ont été activées à Téhéran et des explosions signalées à Tabriz, dans les ports de Chabahar et Konarak, ainsi qu’à Bushehr, où se trouve l’unique centrale nucléaire du pays. Le Koweït a annoncé mercredi avoir intercepté des drones venus d’Iran ; Bahreïn et la Jordanie ont fait état de frappes de drones et de missiles neutralisées. Le baril a bondi à 94 dollars mercredi.
Le secrétaire d’État Marco Rubio a assuré que les États-Unis défendraient les navires transitant par le détroit contre le risque d’être détruits par une explosion, tout en affirmant rester ouverts à la diplomatie face à un Iran qu’il juge peu sérieux.
Mohammad Bagher Ghalibaf, principal négociateur iranien, a averti mercredi soir sur X que la sécurité du détroit dépendait de l’absence de forces américaines et que la situation ne reviendrait pas aux conditions d’avant-guerre. Trump a par ailleurs menacé de s’occuper des rebelles houthis, qui ont annoncé fermer le détroit de Bab al-Mandab aux navires saoudiens.
Deux pétroliers chargés à Yanbu à destination de la Chine et de l’Inde ont fait demi-tour mardi vers le canal de Suez, selon le groupe britannique Vanguard.






