Le 14 juin 2026, l’ouverture du pont du Grand Canyon de Huajiang, dans la province du Guizhou, en Chine, a attiré l’attention. L’ouvrage ramène à quelques minutes un trajet qui prenait deux heures, avec une longueur de 2 890 m et une hauteur de 625 m, ce qui améliore la connectivité régionale. Sa mise en service a suscité de l’admiration, mais aussi des débats sur ses conséquences économiques et environnementales.
Un tour de force technique
La construction du pont du Grand Canyon de Huajiang s’est achevée après trois ans de travaux, pour une inauguration le 28 septembre 2025. L’ouvrage mobilise 22 000 tonnes d’acier, des câbles à haute résistance et des technologies récentes. Sa portée principale de 1 420 m établit un record mondial et place la Chine parmi les pays qui mènent de grands chantiers en zone montagneuse. Selon le Global Times, l’ouvrage « a ramené la traversée du canyon de 2 heures à 2 minutes », ce qui facilite le quotidien des habitants et des visiteurs.
Le projet a employé une technique particulière : la découpe directe des montagnes environnantes. Ce procédé, qui consiste à tailler des entailles dans la roche, répond aux contraintes géotechniques du terrain karstique, très présent dans les provinces du Guizhou, du Yunnan et du Sichuan. La région était auparavant mal desservie, les traversées se faisant en embarcations de bambou ou par de vieux ponts rudimentaires.
Des retombées économiques et sociales importantes
Le pont pèse sur l’économie locale. Les autorités mettent en avant les bénéfices attendus pour des communautés rurales jusque-là isolées. Avec des aménagements comme des cafés panoramiques et un ascenseur touristique de 207 m, le site vise à devenir une attraction et à dynamiser le tourisme. Des habitants, comme Lu Qiong, gérante d’une boutique de snacks et membre du groupe ethnique Buyi, attendent un essor économique. Liang Shaoyu, ancien chef du village de Huajiang, déclare que « l’ouverture du pont apporte d’énormes bénéfices concrets ».
Cette évolution a aussi fait émerger de nouveaux modèles économiques tournés vers le tourisme, avec la conversion d’anciennes maisons en hébergements modernes. Elle s’accompagne d’activités de sports extrêmes, comme le « Guizhou in Motion » 2025 International High Bridge Extreme Sports Invitational Tournament, qui s’est tenu le jour de l’ouverture.
Environnement : défis et comparaisons internationales
L’engouement n’a pas effacé les critiques sur les conséquences environnementales. Les travaux ont produit des millions de tonnes de déblais, modifié des habitats forestiers et perturbé des écoulements naturels. Peu de pays mènent de tels projets à cette échelle, à part la Norvège ou les États-Unis. Pour défendre ce choix, les autorités locales jugent le réseau autoroutier qui en découle nécessaire au développement régional. Le ministre des Transports, Liu Wei, affirme que « la Chine a construit le plus grand réseau autoroutier du monde ».






