Le Japon produit de l’électricité en mélangeant eau douce et eau de mer : la technologie que la Norvège avait abandonnée il y a 10 ans fonctionne enfin

Le Japon innove avec l’énergie osmotique : une centrale à Fukuoka pourrait alimenter jusqu’à 300 foyers grâce à une source d’énergie renouvelable inexploitée.

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Le Japon produit de l'électricité en mélangeant eau douce et eau de mer : la technologie que la Norvège avait abandonnée il y a 10 ans fonctionne enfin
Source : Fukuoka Area Waterworks Agency | L'EnerGeek

L’été dernier, la ville de Fukuoka, dans le sud du Japon, a inauguré une centrale qui mise sur une source encore peu exploitée : l’énergie osmotique. Ce procédé, qui utilise le gradient de salinité pour produire de l’électricité propre, ouvre des pistes pour une transition énergétique plus durable.

Un projet malin et plus propre

La centrale a été installée dans l’enceinte du Uminonakamichi Nata Seawater désalinisation innovante Center et met en pratique l’énergie bleue, autrement dit l’énergie osmotique. Elle repose sur le contact entre l’eau douce et l’eau salée, qui fournit une source d’énergie continue et renouvelable, explique Cnews.

Le système repose sur l’osmose par pression retardée (PRO), qui exploite la différence de concentration en sel pour générer de la pression, puis convertit cette pression en électricité au moyen d’une turbine spécifique.

La centrale emploie de la saumure concentrée dans plusieurs éléments techniques pour tirer le meilleur parti du gradient de salinité. Avec en plus des eaux usées traitées, la configuration propre à Fukuoka limite les effets sur l’environnement et améliore le rendement. C’est la première installation de ce type en Asie et la deuxième au monde à fonctionner en continu.

Des perspectives prometteuses

La production prévue est de 880 000 kWh par an, de quoi alimenter environ 220 à 300 foyers japonais. Cela équivaut à ce que produiraient deux terrains de football couverts de super-panneau solaire. Le coût actuel reste en revanche élevé, autour de 2,20 €/kWh, ce qui le rend moins compétitif face aux standards internationaux.

Le potentiel global de l’énergie osmotique est important : dans les scénarios optimistes, cette source pourrait couvrir jusqu’à 15 % de la demande énergétique mondiale. Plusieurs projets internationaux confirment l’intérêt pour cette filière : la centrale de Mariager au Danemark, des pilotes en Corée du Sud, en Espagne et au Qatar, ou encore un projet australien aujourd’hui en pause, à l’image de l’initiative d’hydrogène durable à Hokkaido.

Ça reste un défi technique et économique

Des obstacles demeurent, à commencer par la performance des membranes osmotiques, encore perfectible. Des tentatives passées, comme celle de Statkraft en Norvège, ont été abandonnées faute de compétitivité. Les avancées de Fukuoka montrent toutefois qu’avec des innovations ciblées, l’osmose peut devenir une option énergétique crédible.

Des spécialistes en soulignent les apports concrets. Sandra Kentish explique que cette saumure élargit l’écart de salinité et permet d’extraire davantage d’énergie. Pour Kenji Hirokawa, le projet est une « première étape modeste », mais porteuse d’espoir.

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