L’épargne des Français déposée sur le Livret A pourrait servir à financer les énergies renouvelables. Un rapport récent remis au gouvernement propose d’utiliser ces fonds pour soutenir des projets de grande envergure dans les énergies vertes, rapporte Capital. Cette idée fait écho à une annonce d’Emmanuel Macron, qui a indiqué que le Livret A participerait aussi au financement du programme nucléaire EPR 2. Ces propositions marquent un tournant important dans la gestion de l’épargne réglementée, avec l’objectif d’orienter les ressources vers des projets plus viables écologiquement et économiquement.
Comment le Livret A pourrait financer les renouvelables
Le rapport a été coécrit par Jean-Bernard Lévy, ancien PDG d’EDF, et Thierry Tuot, haut fonctionnaire et ancien directeur général de la CRE. Il suggère que les fonds d’épargne gérés par la Caisse des Dépôts et Consignations, dont le Livret A constitue une part importante, soient dirigés vers des projets d’énergies renouvelables.
L’idée principale est de baisser le coût de la dette liée à ces projets, afin de réduire la pression sur les finances publiques. Le rapport recommande de cibler en priorité les projets offrant le coût de production le plus compétitif en mégawattheure (MWh), notamment :
- l’éolien terrestre
- le solaire
- l’éolien en mer
Et sur le budget, ça donne quoi ?
Les projections financières donnent le tournis. Selon le rapport, les aides publiques au photovoltaïque et à l’éolien pourraient atteindre 5,3 milliards d’euros en 2025, soit plus du double du montant de 2024. Ce montant pourrait monter à 6,8 milliards d’euros en 2026 et dépasser 10 milliards d’euros par an d’ici 2031 si rien n’est réformé. Ces chiffres soulignent l’urgence de repenser le système actuel pour éviter une charge trop lourde pour l’État.
Macron, Penly et le lien avec le nucléaire
En mars, lors d’un déplacement à la centrale de Penly, Emmanuel Macron a annoncé que le financement du programme EPR 2 bénéficierait d’un prêt bonifié de l’État, soutenu à 60 % par le fonds d’épargne de la Caisse des dépôts. Concrètement, cela signifie que le Livret A, qui représente environ 60 % de l’épargne réglementée, serait partiellement mobilisé pour ce programme nucléaire. Cette annonce s’inscrit dans une logique de diversification des sources de financement pour répartir les engagements entre renouvelables et nucléaire.
Stockage, contrats et assurances pour stabiliser la production
Pour rendre les énergies renouvelables plus efficaces, le rapport insiste sur le développement des capacités de stockage par batteries, jugées «indispensables» pour compenser la variabilité de l’éolien et du solaire. Les auteurs encouragent aussi le recours aux Power Purchase Agreements (PPA), ou contrats d’achat d’électricité, pour sécuriser les revenus et intégrer ces projets dans des cadres contractuels privés.
Le rapport propose en outre la mise en place d’un système d’assurance porté par l’État pour éviter les pénalités financières quand la production dépasse la demande. Une accélération des procédures d’instruction des dossiers pourrait également permettre de réduire de plus d’un milliard d’euros par an les soutiens publics directs, ce qui représenterait un gain non négligeable pour les comptes publics.






