Depuis le début du conflit en Iran, les Français constatent une hausse des prix des carburants, y compris du fioul domestique. Cette situation renforce les craintes déjà présentes sur les tarifs énergétiques et leurs répercussions sur la vie quotidienne. La fermeture stratégique du détroit d’Ormuz par l’Iran perturbe l’approvisionnement mondial en pétrole et gaz, ce qui joue directement sur les commandes de carburants en France.
Une envolée des prix qui inquiète
Ces derniers jours, la montée des prix s’est faite particulièrement sentir. Avant le conflit, remplir une cuve de 1 000 litres coûtait environ 1 187 euros, mais aujourd’hui le même remplissage flirte avec les 1 480 euros, soit une hausse de 293 euros en très peu de temps. Cela représente une augmentation d’environ 20 %, qui pèse lourd sur les foyers français.
Face à cela, certains consommateurs ont commencé à faire des réserves de fioul, craignant une hausse encore plus importante. Raymond, retraité de 80 ans vivant à La Trimouille, raconte à France Bleu : « Je suis paré, ils peuvent fermer le détroit d’Ormuz plusieurs jours ! » Cette réaction montre la volonté de beaucoup de sécuriser leur approvisionnement pour l’hiver.
La montée des commandes a contraint des entreprises comme le Groupe Long et l’entreprise familiale Dumas à revoir leur logistique. Julien Greslé, président du Groupe Long, explique sur TF1 : « On est complets samedi, on est complets lundi, on est complets mardi. » En trois jours, le Groupe Long a reçu plus de 500 commandes, ce qui l’a poussé à augmenter sa flotte initiale de 12 camions à 15 pour répondre à la demande. Les chauffeurs-livreurs, comme Jérôme chez Dumas, confirment que le téléphone ne cesse de sonner, signe d’une charge de travail intense.
Les réactions et ce qu’on en attend
Emmanuel Ampaud, directeur de la Fédération française des combustibles, carburants et chauffage (FF3C), invite au calme : « Ce sont des réactions de marché. Les marchés sont très nerveux, on le sait bien. » Il conseille de ne pas amplifier la panique et rassure en affirmant qu’il n’existe pas de risque de pénurie à moyen terme. L’État français dispose, par ailleurs, de réserves stratégiques de pétrole pour faire face à des situations de crise exceptionnelle (réserves nationales permettant d’atténuer des ruptures d’approvisionnement).
Pour autant, le climat géopolitique tendu, marqué par la guerre au Moyen-Orient, rappelle inévitablement le pic atteint après le début de la guerre en Ukraine. Si la hausse actuelle inquiète, elle reste toutefois loin du record observé à cette époque.
Pour le chef d’entreprise Jacky Dumas, la situation est inédite : « En 45 ans, je n’ai jamais vu ça. » Le sentiment d’incertitude transparaît aussi chez Jonathan, livreur en Lozère, qui confie : « On est débordé. On ne sait plus où donner de la tête. »




