Depuis le 7 juin 2023, un décret impose l’obligation des thermostats dans tous les logements en France, qu’ils soient neufs ou déjà existants. Initialement prévue pour le 1ᵉʳ janvier 2027, cette mesure vise à réduire la consommation d’énergie et les émissions de CO2 dans le secteur résidentiel, en conformité avec une directive européenne sur la transition énergétique.
Le cadre légal bouge
D’après le décret du 7 juin 2023, les thermostats seront obligatoires dans tous les bâtiments résidentiels et tertiaires, et le coût des travaux reste à la charge du propriétaire, confirme Ouest France. Le ministre de l’Économie, Roland Lescure, a annoncé un report de l’entrée en vigueur au 4 décembre 2025, en précisant que la nouvelle échéance serait en 2030. Selon lui, ce délai vise à laisser plus de marge de manoeuvre aux ménages et aux professionnels pour s’équiper.
Des exceptions ont été prévues : les cheminées alimentées par un combustible non automatisé ne sont pas concernées, et une dérogation peut être accordée si l’installation est techniquement impossible ou si le temps de retour sur investissement dépasse dix ans.
Ce qu’il faut savoir côté technique et économie
L’obligation concerne uniquement les thermostats de pilotage « pièce par pièce ». Les systèmes de chauffage et de refroidissement doivent permettre de réguler la température individuellement : par exemple, un thermostat programmable sur la chaudière centrale et des robinets thermostatiques programmables dans chaque pièce.
La réglementation n’exige pas un thermostat connecté, mais son installation est recommandée pour les économies d’énergie possibles. Engie, acteur important du marché de l’énergie, propose des thermostats connectés qui, selon certaines offres commerciales, peuvent être rentabilisés en moins de cinq ans.
Les prix des thermostats programmables démarrent autour de 30 €, et certains modèles dépassent 100 €. Les frais d’installation sont en sus et varient selon les contraintes du bâtiment. Une aide financière avait été mise en place pour faciliter cet investissement, mais elle a été supprimée en novembre 2024.
Ce que ça change pour l’environnement et les bénéfices attendus
Le décret est présenté comme une mesure importante pour lutter contre le changement climatique, en visant une forte réduction des émissions de CO2 liées aux bâtiments, selon le décret énergétique. Selon l’Ademe (l’Agence de la transition écologique), la mise en place de thermostats pourrait diminuer la consommation d’énergie en moyenne de 15 %, grâce au économies d’énergie.
Cette baisse permettrait d’éviter l’émission de 3 à 4 millions de tonnes de CO2 par an. Aujourd’hui, les systèmes de chauffage résidentiels représentent 47 % de la consommation d’énergie fossile, une source significative d’émissions.
Dans les copropriétés équipées d’un chauffage collectif, l’installation de thermostats devra être validée en assemblée générale. Cette réunion devient donc un moment important pour décider de l’amélioration de l’efficacité énergétique du bâtiment.






