Depuis plusieurs semaines, l’Iran subit une sécheresse historique. Au fil des jours, la situation devient de plus en plus problématique, au point que l’approvisionnement en eau potable est menacé.
L’Iran subit une sécheresse historique
Depuis début novembre 2025, la situation à Téhéran est particulièrement inquiétante. En Iran, un déficit de précipitations sans précédent entraîne des barrages largement vidés et la perspective d’un manque d’eau potable pour des millions de personnes. Le pays est confronté à l’une de ses plus graves crises hydriques. Les pluies ont chuté à des niveaux jamais vus depuis des décennies dans la région de Téhéran. D’après un responsable de la société des eaux de Téhéran, « dans les 60 dernières années, nous n’avons pas connu une pluviométrie aussi faible à l’automne ».
Concrètement, les cinq barrages qui alimentent la capitale ne contenaient plus que 205 millions de mètres cubes (m³) d’eau le 3 novembre, contre 426 millions de m³ un an plus tôt.
Le barrage majeur Amir Kabir ne contenait que 14 millions de m³, soit environ 8 % de sa capacité, ce qui suffit à peine pour deux semaines d’approvisionnement à Téhéran selon les autorités. Le bilan est clair : la sécheresse s’installe durablement en Iran. Dans plusieurs régions, l’infiltration des nappes, les précipitations et les apports d’eau ont connu des baisses dramatiques (jusqu’à -39 % des apports en barrage par rapport à l’année précédente, selon certains médias).
Approvisionnement en eau potable menacé à Téhéran
Face à l’urgence, les responsables iraniens s’alarment : « À ce niveau, le barrage peut alimenter la ville pendant seulement deux semaines », a déclaré le directeur de la société des eaux de Téhéran. Pour une métropole de plus de 10 millions d’habitants, dont la consommation quotidienne a été estimée à environ 3 millions de m³, la marge de manœuvre est extrêmement limitée. Des mesures d’urgence sont déjà à l’étude et partiellement déployées : transfert d’eau depuis des barrages éloignés, restrictions d’usage des piscines, réduction de la pression dans les canalisations.
Les autorités reconnaissent plusieurs facteurs : non seulement la sécheresse extrême, mais aussi la surexploitation des ressources en eau, un niveau d’investissement limité dans les infrastructures et une demande toujours croissante. Les entrées d’eau dans les barrages étaient d’environ 780 millions de m³ mi-octobre, contre 1,29 milliard de m³ un an plus tôt (soit une baisse d’environ 39 %). En Iran, l’agriculture consomme une part dominante de l’eau douce, ce qui complexifie l’équation lorsqu’il faut prioriser les usages urbains. Le manque d’eau potable pour les villes s’inscrit donc dans un contexte beaucoup plus large de gestion de la ressource.
Enfin, les conséquences sociales et environnementales se font déjà sentir : l’Iran est considéré comme l’un des pays les plus exposés au stress hydrique mondial. L’enjeu est clair : si les réserves continuent de baisser, l’Iran pourrait se retrouver dans une situation où la distribution d’eau potable pour les citadins deviendra extrêmement difficile.




