La Normandie se prépare à accueillir un projet qui ne passe pas inaperçu : le parc éolien « Centre Manche 2 ». Installé à 43 kilomètres des côtes normandes dans la Baie de Seine, entre Barfleur et Étretat, ce parc vient dynamiser le paysage énergétique régional tout en témoignant des ambitions environnementales de la France.
Caractéristiques et puissance du parc
Le parc éolien « Centre Manche 2 » est prévu pour être le plus puissant jamais réalisé en France, avec une capacité impressionnante de 2,5 gigawatts. Chaque année, il produira 6 térawattheures d’électricité, assez pour alimenter plus d’un million de foyers français en électricité verte. Ce projet s’inscrit dans la volonté nationale de disposer de 45 GW d’électricité générée par l’éolien en mer d’ici 2050.
L’attribution de cet appel d’offres à TotalEnergies permet de porter la puissance totale des programmes éoliens sur les côtes françaises à près de 7,8 GW. Ce total inclut des parcs déjà en service, en construction ou en développement. Parmi ceux déjà opérationnels, on compte les parcs de Saint-Brieuc, Fécamp et Saint-Nazaire, chacun avec une capacité d’un peu moins de 500 MW.
Les acteurs et l’investissement
C’est la multinationale française TotalEnergies qui pilote le projet, en charge de sa conception, son développement, sa construction et sa future exploitation. Initialement, l’entreprise allemande RWE était associée, mais elle souhaite désormais se retirer du consortium. TotalEnergies prévoit de tenir le cap sur ce projet en quête d’un nouveau partenaire pour embarquer dans cette aventure énergétique.
L’investissement total est évalué à 4,5 milliards d’euros, marquant ainsi le plus gros engagement financier de TotalEnergies en France depuis trente ans. Le PDG de TotalEnergies rappelle que l’entreprise veillera également à soutenir le tissu industriel local, qui a déjà pu développer des compétences lors des premiers projets d’éolien offshore.
Dates clés et ambitions environnementales
La production devrait démarrer en 2033, avec une décision finale d’investissement attendue début 2029. Outre ses ambitions en matière d’énergie, TotalEnergies insiste sur ses engagements pour la planète : l’approvisionnement se fera principalement auprès de fournisseurs européens et les composants des éoliennes seront recyclés ou réutilisés à hauteur de 95 % ou plus, avec un recyclage complet des aimants des génératrices.
Conséquences économiques et sociales
Le chantier mobilisera environ 2 500 personnes sur une période de trois ans, apportant une dynamique économique certaine aux entreprises normandes. Par ailleurs, un mécanisme de financement participatif permettra aux habitants et aux collectivités locales d’investir dans ce projet. Un fonds territorial de 10 millions d’euros financera également des actions en formation, éducation et culture dans la région.
On veillera aussi à une concertation avec les pêcheurs locaux pour garantir une cohabitation harmonieuse entre les activités maritimes traditionnelles et ce nouveau parc éolien.
La région et l’expansion à l’international
En Normandie, d’autres projets similaires voient le jour ou sont déjà en projet, comme le parc « Centre Manche 1 » piloté par EDF Renouvelables et Maple Power, qui devrait être opérationnel dès 2032 avec une puissance d’1 gigawatt. À l’étranger, TotalEnergies poursuit sa progression dans l’éolien offshore avec un portefeuille mondial qui atteint 25 gigawatts (projets au Royaume-Uni, aux États-Unis, aux Pays-Bas et en Allemagne).
Ce projet renforce la position de la France dans le secteur des énergies renouvelables et démontre comment des initiatives locales peuvent influencer la transition énergétique à l’échelle mondiale.






