Le parc éolien « Centre Manche 2 », qui sera implanté 40 kilomètres au large du Calvados en Normandie, représente une belle avancée dans le domaine de l’énergie en France. Prévu pour démarrer sa production en 2033, il devrait offrir une capacité de 1,5 gigawatt (GW) – soit l’équivalent d’un réacteur de la centrale nucléaire de Penly. Avec un investissement évalué à 4,5 milliards d’euros, ce projet pourrait alimenter plus d’1 million de foyers français en électricité d’origine renouvelable.
Qui se cache derrière le projet et quelles sont leurs ambitions ?
Le grand groupe pétrolier TotalEnergies mène ce projet « Centre Manche 2 ». La boîte s’est fixée comme objectif d’atteindre 20 % de sa production énergétique à partir de sources renouvelables d’ici 2030. Elle cumule déjà de beaux chiffres avec un parc éolien offshore d’une capacité brute totale de 25 GW. Dans ce portefeuille, on trouve des projets en Allemagne, au Royaume-Uni, en Corée du Sud, à Taïwan, aux États-Unis et aux Pays-Bas, qui totalisent 1,8 GW opérationnels.
Toutefois, le groupe allemand RWE, initialement partenaire dans le consortium, envisage de se retirer du projet sous réserve de l’accord des autorités françaises. TotalEnergies a affirmé qu’elle continuerait le développement du parc et chercherait un nouveau partenaire pour prendre la relève.
Un investissement de taille pour la France
L’État français cible une capacité d’énergie éolienne en mer de 18 GW d’ici 2035, en visant de passer à 45 GW en 2050. Aujourd’hui, on en est à 1,5 GW. Par rapport à d’autres parcs, comme ceux de Saint-Nazaire, Saint-Brieuc et Fécamp, « Centre Manche 2 » se distingue par une puissance trois fois supérieure. Des projets complémentaires sont également envisagés à Yeu-Noirmoutier, Dieppe-Le Tréport et Courseulles.
Ce projet représente le plus gros investissement réalisé par TotalEnergies en France depuis 30 ans. Il devrait générer environ 2 500 emplois pendant les trois ans de construction. Le raccordement électrique et la sous-station en mer seront pris en charge par RTE.
Enjeux économiques et environnementaux
Le tarif de vente de l’électricité produite par le parc est fixé à 66 €/MWh, un prix intéressant comparé au coût moyen actuel du nucléaire autour de 70 €, voire aux futurs réacteurs EPR 2, dont les tarifs varient entre 92 et 146 €. Cependant, la hausse des coûts des matériaux et des travaux pose un défi supplémentaire.
Sur le plan local, des compensations financières sont prévues : 45 millions d’euros pour pallier les effets sur l’environnement et la vie locale, ainsi que divers fonds pour la biodiversité et l’éducation. Malgré ces mesures, certains pêcheurs normands restent inquiets pour leur métier. Comme le souligne Dimitri Rogoff : « Nous ne voulons pas d’argent ; nous voulons nos droits à l’accès aux zones de pêche et du poisson. »
Quelles perspectives pour l’avenir ?
TotalEnergies ne compte pas s’arrêter là et continue de se développer dans le secteur de l’éolien offshore, avec des projets innovants comme celui des énergie éolienne flottante en Méditerranée. La société détient plusieurs champs éoliens à l’international, offrant une capacité potentielle importante.






