L’administration de Donald Trump continue de s’opposer fermement aux énergies renouvelables, qualifiées par le président lui-même de « stupides et laides ». Cette attitude se traduit maintenant par l’arrêt des travaux sur le parc éolien en mer Revolution Wind, un projet ambitieux situé au large de la côte nord-est des États-Unis, similaire aux annulations judiciaires observées en France. Cette décision inattendue pourrait avoir des répercussions notables sur l’approvisionnement en électricité et sur l’économie locale.
Le projet Revolution Wind en suspens
Le projet Revolution Wind, piloté par la société danoise Orsted, devait approvisionner en électricité plus de 350 000 foyers dans les États du Rhode Island et du Connecticut. Avec un investissement de 4 milliards de dollars, ce parc éolien offshore devait être opérationnel dès le printemps prochain. À ce jour, près de 70 % des turbines sont installées, soit 45 des 65 prévues. Mais à quelques mois de son lancement, un ordre d’arrêt a été lancé par Matthew Giacona, directeur par intérim du Bureau of Ocean Energy Management (BOEM), évoquant des « possibles problèmes » liés à la sécurité nationale.
Réactions face à une décision polémique
Cette décision d’arrêt a immédiatement fait réagir Orsted, qui a annoncé vouloir débloquer la situation rapidement, tout en envisageant des recours judiciaires. Le directeur général d’Orsted, Rasmus Errboe, a confirmé que l’entreprise respectait l’injonction et collaborait avec ses partenaires américains pour dénicher une solution viable. De son côté, le procureur général du Connecticut, William Tong, examine également la possibilité d’engager des poursuites pour défendre les intérêts énergétiques et économiques de son État.
Les retards accumulés menacent non seulement les emplois locaux et les contrats en cours, mais pèsent également sur les communautés qui devaient bénéficier de cette énergie renouvelable. Pour compenser les pertes financières liées à cet arrêt imprévu, Orsted prévoit de lever environ 60 milliards de couronnes (soit environ 9,4 milliards de dollars) via l’émission de titres.
Une politique énergétique en faveur des fossiles
Cette décision vient s’ajouter à une série d’initiatives prises par l’administration Trump pour favoriser les énergies fossiles telles que le pétrole, le gaz et le charbon. On peut citer, entre autres, une enquête menée par le département du Commerce sur les composants importés destinés aux éoliennes — pouvant entraîner de nouveaux tarifs douaniers — ainsi que la révocation récente du projet Lava Ridge dans le sud de l’Idaho. Par ailleurs, un autre grand projet éolien au large de New York avait été temporairement suspendu avant que des négociations ne permettent sa reprise.
Les détracteurs n’hésitent pas à critiquer cette politique. Kit Kennedy du Natural Resources Defense Council reproche à l’administration Trump « de tout faire à l’envers » en soutenant des énergies fortement carbonées, tandis qu’Erik Milito met en garde sur les conséquences possibles pour les travailleurs et les communautés déjà investis dans ces projets.






