Nouveau retard pour le parc éolien du Calvados, à quand son ouverture est-elle repoussée ?

Le parc éolien marin de Courseulles-sur-Mer prend du retard : initialement prévu pour 2024, il pourrait ne pas voir le jour avant 2028.

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Nouveau retard pour le parc éolien du Calvados, à quand son ouverture est-elle repoussée ?
Nouveau retard pour le parc éolien du Calvados, à quand son ouverture est-elle repoussée ? © L'EnerGeek

Le parc éolien en projet au large de Courseulles-sur-Mer (dans le Calvados) en est à un tournant décisif. D’abord prévu pour 2024, ce chantier, piloté par EDF, voit aujourd’hui sa mise en service repoussée à la fin de 2027. Situé à environ dix kilomètres des côtes normandes, il est censé couvrir l’équivalent de 90% des besoins en électricité des habitants du Calvados. Pourtant, son avancement est suspendu à cause de complications techniques.

Les soucis techniques et retards accumulés

Le principal souci se trouve au niveau du forage des fondations du parc. La boîte italienne Saipem avait été choisie pour gérer cette opération complexe. Un navire équipé d’une foreuse spécialement conçue devait intervenir, mais la machine n’a pas fonctionné comme attendu. Même si le sol s’est révélé conforme aux prévisions, le navire chargé de la mission a été redirigé vers un autre chantier, ce qui a freiné le démarrage des travaux.

Les raccordements ont été bouclés en 2023, mais sur les soixante-quatre mâts indispensables, seuls quatre ont été posés pour l’instant. Les opérations en mer devraient reprendre en août avec l’arrivée d’un nouveau bateau. Les forages et l’installation des fondations sont programmés jusqu’à fin 2026. Michel Benoît, directeur du parc éolien en mer du Calvados, se montre optimiste et espère respecter ce nouveau planning malgré les soucis rencontrés avec la foreuse.

La nouvelle chronologie et les perspectives économiques

Initialement, il était question d’ériger les premières éoliennes dès avril 2025, mais cette étape ne devrait débuter qu’à l’été 2027. La mise en service du parc se fera progressivement à partir du second semestre 2027, et l’autorisation d’exploitation est repoussée à mi-2028.

Chaque semaine de retard fait grimper les coûts de ce projet dont le montant était estimé à deux milliards d’euros. Les pales d’éoliennes, prêtes depuis six mois, patientent toujours au port du Havre. Pour la commune de Bernière-sur-mer, cela représente un manque à gagner non négligeable, puisqu’elle devait toucher 235 000 euros par an pendant 25 ans dès la mise en marche du parc. Par ailleurs, environ 200 bateaux de pêche sont indemnisés pour compenser les zones d’exclusion mises en place.

Les réactions locales et les questions environnementales

Les avis sur ces retards sont partagés. Jean-Louis Perrin, plaisancier local, remarque que « les quatre premiers pylônes ont été posés », tout en s’inquiétant que « tout soit au point mort pour l’instant ». Le maire de Bernière-sur-mer, Thomas Dupont-Federici, déplore vivement ce manque à gagner pour sa commune, soulignant l’importance de l’engagement local.

De son côté, Ugo Rullier, vice-président de l’association Libre Horizon, n’hésite pas à critiquer la gestion, tant sur le plan environnemental que financier : « Ça paraît quand même un contre-sens… Nous demandons un moratoire sur tous les projets en cours ».

Même si le projet avance à petits pas vers une phase opérationnelle prévue pour 2027-2028, il reste le reflet des défis techniques et économiques auxquels se heurte la transition énergétique durable. Chacun, des habitants aux professionnels impliqués, attend de voir comment va tourner cette affaire qui pourrait bien transformer le paysage énergétique de la région tout en soulevant des questions sur la durabilité et la bonne gestion des ressources renouvelables.

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