Les États-Unis tirent la sonnette d’alarme après avoir découvert des modules de communication non répertoriés dans certains équipements chinois présents dans leurs infrastructures d’énergie verte. Cette révélation, faite par une enquête de Reuters, pose de sérieuses questions sur la sûreté des réseaux électriques américains et rappelle les tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine.
Découverte surprenante dans les onduleurs solaires
L’enquête a mis au jour que des dispositifs de communication dissimulés se trouvaient dans des onduleurs solaires fabriqués en Chine et utilisés aux États-Unis, ce qui soulève des questions sur la transition énergétique. Ces appareils, qui servent à convertir l’électricité produite par les panneaux solaires ou les éoliennes, embarquent des modules capables de communiquer grâce à des radios cellulaires intégrées. La présence de ces éléments non déclarés fait naître de vives inquiétudes quant à leur possible usage douteux.
On redoute qu’un individu mal intentionné puisse utiliser ces modules cachés pour perturber le réseau électrique, ce qui met en lumière des enjeux de sécurité nationale. En théorie, il suffirait de couper ou de modifier les réglages à distance pour semer la pagaille dans certaines parties du réseau. Comme l’a rapporté une source à Reuters : « Il y a un moyen intégré de saboter le réseau ». Cette observation met en lumière la vulnérabilité de ces installations face à une intervention externe ou à une désactivation à distance.
Réactions et retombées géopolitiques
Le ministère américain de l’Énergie a reconnu l’existence de ces composants, tout en précisant qu’ils n’ont pas forcément été installés avec de mauvaises intentions. Cela rappelle combien il est bon de savoir exactement ce qu’on intègre dans nos infrastructures sensibles.
Sur le plan international, cette affaire alimente la méfiance à l’égard des produits chinois dans le secteur des énergies renouvelables. Philipp Schroeder, PDG du développeur solaire allemand 1Komma5, explique : « La domination de la Chine devient un problème de plus en plus important en raison de la croissance des capacités renouvelables sur les réseaux occidentaux et de la probabilité d’un affrontement prolongé et sérieux entre la Chine et l’Occident. »
Domination chinoise du marché et inquiétudes en Europe
Pour l’instant, trois fabricants chinois mènent la danse sur le marché mondial des onduleurs : Huawei, Sungrow et Ginlong Solis. En 2022, Huawei comptait pour 29 % des livraisons mondiales. Même si Huawei s’est retiré du marché américain en 2019, son influence en Europe reste notable.
En Allemagne, la société solaire 1Komma5 évite désormais les produits de Huawei par mesure de précaution. En Lituanie, des mesures sévères ont été prises en interdisant l’accès à distance sur les installations d’énergie verte dépassant 100 kilowatts. Quant à l’Estonie, elle redoute une pression économique et un chantage technologique venant de Chine.
Le Conseil européen de la fabrication solaire qualifie la situation de « très préoccupante » et appelle à une réponse coordonnée au sein de l’Union européenne pour faire face à ces défis.
Réactions politiques aux États-Unis
Face à ces découvertes déstabilisantes, plusieurs responsables américains réclament des mesures plus strictes pour protéger le réseau électrique national, soulignant l’importance de la transition énergétique. Un projet de loi visant à interdire l’achat de certaines batteries chinoises d’ici 2027 est d’ores et déjà en préparation. Des restrictions concernant les onduleurs sont aussi envisagées pour diminuer la dépendance envers ces équipements venus de Chine.
Des entreprises comme Florida Power & Light cherchent activement des alternatives pour renforcer la sécurité de leurs installations énergétiques contre toute possibilité d’intrusion. L’incident de novembre dernier, où des onduleurs liés à un fabricant chinois ont été désactivés à distance, montre bien le danger que peuvent représenter ces dispositifs. Avec plus de 200 gigawatts de capacité solaire reposant sur ces équipements chinois en Europe, le risque devient bien réel si ces appareils se retrouvent entre de mauvaises mains.






