Washington se montre sévère en imposant une taxe de 3 521 % sur les panneaux solaires en provenance du Cambodge. Cette mesure surprenante intervient alors que le pays d’Asie du Sud-Est est suspecté de servir d’intermédiaire pour des fabricants chinois. La taxe vise en particulier deux sociétés cambodgiennes, Hounen Solar et Solar Long PV-Tech, accusées de contourner les sanctions américaines mises en place contre la Chine.
Les États-Unis veulent imposer jusque 3.521% de droits de douane sur les panneaux solaires d'Asie du Sud-Esthttps://t.co/VamMsSuUfO pic.twitter.com/72ERkFOglP
— BFM Business (@bfmbusiness) April 22, 2025
Un peu de politique et d’économie
Cette décision fiscale fait suite à une enquête lancée en 2022 sous l’administration Biden par le Département du commerce américain. Elle traduit non seulement la méfiance qui règne entre Washington et Phnom Penh, mais aussi le rapprochement marqué du Cambodge avec Pékin. Le gouvernement cambodgien, par la voix de Pen Sovicheat, porte-parole du ministère du Commerce, réfute ces accusations en affirmant que « les exportations sont conformes aux règles d’origine ». D’après le politologue Sophal Ear (cité dans Cambodia), le Cambodge « paie son absence d’efforts diplomatiques pour anticiper la crise », contrairement à des pays comme le Vietnam ou la Malaisie, qui ont cherché à entamer un dialogue avec les autorités américaines.
L’effet sur l’économie se fait déjà sentir. En 2024, les exportations de panneaux solaires cambodgiens vers les États-Unis ont baissé de 61 %, passant de 2,07 milliards à 830 millions de dollars. En 2023, les produits visés représentaient environ 12 milliards de dollars d’importations. Ces nouveaux droits de douane viennent s’ajouter aux nouvelles taxes douanières de 10 % appliquées depuis avril sous l’administration Trump.
Ce que cela change pour les marchés américain et européen
Pour les États-Unis, la hausse des droits de douane risque de gonfler le prix final des panneaux solaires pour les consommateurs, affectant ainsi toute la filière locale, tout comme la réduction des aides au photovoltaïque en France. D’après Cédric Philibert, chercheur associé à l’Institut français des relations internationales (Ifri), même si certains fabricants américains pourraient profiter de cette situation à court terme, ces taxes « décourageront toute la filière » et toucheront des milliers d’emplois.
Du côté de l’Europe, il y a le risque que des pays asiatiques redirigent leurs exportations vers notre marché, intensifiant la concurrence pour les producteurs européens de photovoltaïque. Néanmoins, Philibert minimise cet effet en précisant que « les prix sont déjà très bas sur le marché » européen.






